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31E HESTEJADA DE LAS ARTS D'UZESTE. Sud Ouest, 14 juin 2008
Musiques, danses, rencontres, débats : Bernard Lubat peaufine la programmation

La femme, cette question qui dérange, même les femmes

A. M.-R.

Les « Transartisticités Nomades in Landes », comme aime à les présenter le maître Lubat fustigeant le qualificatif de festival, auront lieu, on le sait, du 17 au 24 août. La compagnie Lubat n'étant plus en odeur de sainteté avec la municipalité et, au-delà, le Département, c'est une itinérance de Villandraut à Sore, en passant par Luxey, que le père de la manifestation concocte. Loin de vouloir (s')imposer un thème à la 31e édition de ce rendez-vous, Bernard Lubat ne négligera pas toutefois d'en inscrire un temps fort.
Une première journée qu'il dédiera de 17 heures à 2 heures, aux femmes. Ces femmes « de l'art, de lutte et de paroles », autant de danseuses, écrivain(e), magistrat(e), metteur(e) en scène, « d'ici, d'ailleurs », de France et d'Europe mais aussi d'Afrique, comme autant de témoignages sur la condition de la femme dans le monde. Le choix de la thématique vous surprend ? Jamais à cours de répartie, Bernard Lubat répond tout de go, « parce que je veux qu'on se pose la question ». Avant d'enchaîner, intarissable bavard qu'il est, « parce que la femme est la conscience de la citoyenneté, de l'humanité, dans cette société masculine, dommageable à sa propre masculinité ».

Tant mieux si ça dérange. Les propos se parent d'une certaine saveur lorsqu'ils sortent de la bouche même d'un homme avouant sans complexe : « je suis machiste ». Mais il vous le promet, « je vais faire l'effort de me poser les bonnes questions ». Une réflexion à laquelle précisément, il entend amener tous et toutes.
Car c'est aux femmes et à elles seules que l'agitateur confie le soin d'élever le débat. « Je veux jouer sur l'émulation et la compétition entre ces femmes, pour en sortir du vrai », confie Bernard Lubat. Quitte à flirter avec « le sentiment de culpabilité » que ces dames traînent depuis des siècles.
L'approche vous gêne ? Lubat assume : « J'aime déranger ! Je ne fais pas un festival de consensus, mais dans la société pour qu'elle s'émancipe. La problématique de la femme est une réalité qui doit éveiller la réflexion ».
De réflexion il sera question toute la semaine. Qu'elle soit artistique, menée autour des sons virtuels, ou comportementale, dans ce que nos corps en mouvement révèlent de notre personnalité, Bernard Lubat peaufine son rendez-vous. Et ménage ses effets de surprises, à la veille et pour le jour J.

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