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La façade en jeu - Sud ouest, 11 avril 2008

'L'examen du second permis de construire pour la réhabilitation de l'Estaminet touche à sa fin. L'expression artistique sur la façade pose problème'

Axelle Maquin-Roy

Neuf mois. Le délai semble tout approprié pour voir, peut-être, renaître l'Estaminet. C'est du moins au terme de cette période que l'on saura si oui ou non, l'ancien bar pourra entamer sa réhabilitation. Car si les travaux peuvent débuter, il faudra alors compter encore un gros semestre avant l'ouverture au public du nouveau lieu d'expression des cultures.
Pour l'heure, il s'agit de savoir si le permis de construire sera accepté. En juillet dernier, une première mouture avait déjà été présentée. Objectif de Bernard Lubat, mis en ?uvre par l'architecte bordelais Christophe Hutin : conserver l'identité de ce lieu, centre culturel avant l'heure, tout en lui donnant un peu d'air. Une partie de l'étage doit donc être détruite, offrant suffisamment de lumière au chêne qui prendra place à droite de l'actuelle scène.

Six mois d'instruction. Trois mois plus tard, le verdict tombe : refusé. Pas pour le projet en tant que tel, mais pour des questions d'accessibilité et de sécurité. Pas de quoi atteindre la détermination de la Compagnie Lubat. Le 13 décembre dernier, un nouveau permis est déposé. Mais entre-temps la loi a réformé les délais d'instruction des dossiers situés dans le périmètre d'un monument classé. De deux mois on est passé à six. Alors à Uzeste, comédiens, musiciens, artistes attendent.
Une bonne nouvelle toutefois. « Le résultat pourrait tomber d'ici deux à trois semaines » confie Alain Duloup. Mais le responsable de l'application des droits des sols à la subdivision sud Gironde de la DDE se refuse à davantage de commentaires.
Bernard Lubat, propriétaire des lieux, qui suit de très près le dossier, croit toutefois savoir que « l'ensemble des huit commissions a rendu son avis ». Accessibilité et sécurité ont reçu l'aval de tous. Tout le monde serait donc favorable à la transformation prochaine. À quelques prescriptions près, de la part de l'architecte des bâtiements de France et de la commune. Jeanne-Marie Baup a conditionné son avis « au traitement de la façade en monochromie ». Et la maire d'Uzeste de se justifier : « Dans l'enceinte d'un monument historique (ndlr : la collégiale) il ne faut pas exagérer. D'autant que dès qu'il pleut les collages deviennent dégoûtants ». Les réserves de l'architecte pourtent également sur cet aspect esthétique du programme.

Un collage de l'histoire. Seulement pour Bernard Lubat, il ne s'agit pas de simples collages. Ces textes, citations, photographies et photocopies d'une époque passée sont une « fresque » par laquelle il veut « faire transpirer des murs l'historicité de ce lieu ». Ce « collage sous-réaliste » n'est « pas une finalité en l'état » assure l'artiste. Mais faute de moyens il met en perspective cette « maison livre ouvert ». Tant pis si le temps y ajoute sa patte. C'est peut-être aussi ça l'art contemporain : accepter qu'il ne passe pas à la postérité.
Les services de la sous-préfecture assurent mettre tout en ?uvre «pour arriver à un consensus». Il serait en effet dommage que pour de seules considérations esthétiques un projet dont personne ne remet en cause le fond, se solde par un echec.
En attendant de savoir dans quel écrin se jouera l'avenir de la compagnie Lubat, les « manifestivités » se poursuivent. La compagnie planche déjà sur le temps fort de l'été.

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