UZESTE. Pour conserver et réhabiliter l'Estaminet, Bernard Lubat veut vendre les parts qu'il détient dans la société immobilière propriétaire de la Menuiserie
Axelle Maquin-Roy
Comme l'indique son nom, ce lieu fut une menuiserie. Depuis une vingtaine d'années, les ruines ont trouvé une seconde vie en devenant sous la houlette de Bernard Lubat et Patrick Auzier le lieu de résidence de la compagnie Lubat de Gasconha et de l'association Uzeste musical, ainsi qu'une salle de théâtre. Mais demain, cet espace atypique rénové au fil des ans pourrait bien devenir une banale maison d'habitation. Il en serait alors fini des résidences d'artistes et de l'accompagnement de projets scolaires qui ont fait l'âme de cet édifice de bois, planté à quelques mètres du cimetière d'Uzeste.
Il y a quelques mois, Bernard Lubat, propriétaire pour moitié des lieux, se sépare des parts qu'il détient dans la SCI, société civile immobilière regroupant l'ensemble des propriétaires. La raison en est toute simple : « Il a un important projet à mener sur l'Estaminet et a besoin d'argent », relate Alain Chiaradia, administrateur de l'association.
En l'espèce, le fondateur de la compagnie Lubat souhaite réhabiliter l'Estaminet, le bar de ses parents, pour en faire un vrai lieu de spectacle. Montant de l'opération : 300 000 euros. Faute d'avoir les moyens de conserver les deux locaux, alors que les subventions et aides n'ont de cesse de se tarir, il fait le choix de se séparer de la Menuiserie. Baissez le rideau !
L'annonce de la vente de la Menuiserie dans le cercle "lubatien" a suscité une vive émotion, alors même que le festival prenait la route des Landes. Une réflexion collective s'est donc engagée pour trouver une alternative à cette vente à un particulier. La solution peut paraître élémentaire, à entendre l'administrateur : « Racheter ses parts ».
2 250 euros la part. Il y a une semaine seulement, les mails et courriers ont été expédiés aux fidèles du festival et sympathisants de l'association appelés à devenir les nouveaux investisseurs. Sur les 55 parts sociales détenues par Bernard Lubat (la SCI en compte 120 au total), « déjà la moitié a été rachetée ». Montant de la transaction : 2 250 euros la part sociale. « Il s'agit de particuliers de Paris, de Bretagne ou encore de Montpellier, mais pas de locaux », constate Alain Chiaradia qui ne désespère toutefois pas. D'autant que des associations et des groupements de particuliers se sont également montrés intéressés. Mais là, le montage financier s'avère plus complexe.
Un travail de plus pour l'administrateur qui se console et se rassure « de voir que notre projet culturel a un avenir » et qu'il « crée de nouvelles solidarité ». Car à l'évidence l'aspect spéculatif n'est pas la motivation à l'entrée dans cette SCI.
Reste qu'il faut faire vite. Si le rachat des parts de Bernard Lubat n'a pas abouti d'ici à la fin du mois, « nous n'aurons d'autre choix que nous débarrasser de la Menuiserie ». A l'inverse, si le bâtiment de 500 m2 demeure dans le giron associatif, il fera par la suite l'objet de travaux, lui aussi. Une nouvelle partition de la compagnie pourra alors s'écrire.