UZESTE MUSICAL. -- La Hestejada de las arts, c'est à suivre dans la lande girondine
Agnès Claverie
Trente ans... le bel âge... On en reparlera en 2007 ! La Hestejada de las arts en est donc à sa 29e édition. Le coup d'envoi sera donné aujourd'hui, à Saint-Symphorien, au son des tambours gasco-martiniquais de Bernard Lubat et de Paco Charlery. Car Uzeste musical, le « visage village des arts à l'oeuvre », transportera cette année ses mots et sa musique dans la lande girondine, de Saint-Symphorien à Cazalis, de Villandraut à Uzeste. Un pèlerinage qui fait suite à une première délocalisation, l'an dernier, à Villandraut, et que la signature d'un partenariat avec les trois maires concernés a conforté.
Impro et imagination. De moins en moins purement uzestienne pour des raisons d'aigreurs politico-artistiques, et de plus en plus largement gasconne, la 29e Hestejada sera toujours aussi « lubatienne », fantaisiste, inattendue, joyeusement musicale, bavarde et paradoxale. C'est justement cette improvisation, cette créativité et le pouvoir de l'imagination qui accrochent les fidèles de la manifestation, ceux qui viennent et reviennent pour cette ambiance d'amitié, pour un sentiment d'appartenance à une même communauté d'esprit et de sens « que l'on ne retrouve dans aucun autre festival », assure l'un des anciens, le musicien Marc Perrone, qui en a pourtant fait beaucoup.
A retenir. Dans un programme qui marie les mots et la musique, quelques moments forts : un hommage au poète gascon Bernard Manciet, récemment disparu ; des textes dits par l'acteur Jacques Bonnafé (jeudi) sur des improvisations de Louis Sclavis et de Bernard Lubat ; plusieurs projections de films. Le compagnonnage entre la Martinique et la Gascogne se poursuit : les textes de l'écrivain martiniquais Edouard Glissant, invité d'honneur, seront mis en musique (vendredi) par la Compagnie Lubat de Gasconha; une scène citoyenne (samedi) ou comment « protester avec l'électrochoc de la musique », avec Francis Marmande, écrivain, Jacques Denis, journaliste, pour les paroles, Bernard Lubat pour la musique. Un spécial Avignon (dimanche), ville reliée à Uzeste par une langue, l'occitan, avec la présentation de la pièce d'André Benedetto, « Clément V le pape gascon », nouvelle version jouée par l'auteur et Lubat, compositeur et interprète, pièce qui vient d'être donnée au dernier festival off d'Avignon. Et, naturellement, de la musique et encore de la musique, un concert dans le noir « Lubathyscaphe K » (vendredi), des solos de Lubat, des duos Lubat-Charlery, des quatuors, les nouvelles chansons de Marc Perrone, un spécial flamenco, la guitare de Jef Lee Johnson, la batterie de Stokley Williams et le saxophone de François Corneloup. Sans oublier les rituels apéros swing pour aiguiser l'appétit des convives et les fins de nuit enjazzées.