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Lubat et sa bande d’Uzeste sur leur 31 - SUD OUEST, lundi 5 janvier 2009

SAINT-SYMPHORIEN

Accueil chaleureux des Uzestois par les membres présents du bureau du Cercle ouvrier, mais peu de Paroupians pour cette nuit-réveillon. Malgré cela, la Compagnie Lubat a dû refuser du monde, limitant volontairement à 150 le nombre de convives. Les tables avaient été disposées sur un côté, laissant l’autre moitié pour les musiciens et la piste de danse.
On sent une sorte de sérénité, de maturité dans cette maîtrise de l’espace et du temps. Également dans l’organisation artisanale du repas (par la compagnie elle-même) et son intégration dans le déroulement de la soirée : on a swingué entre les plats, on a chanté, on a dansé jazzy, ce qui n’a pas interdit l’inévitable rondeau. La diversité reste un repère.

« Créolisation »

On a beaucoup parlé, communiqué. La maturité, c’est aussi cette décontraction, cette ambiance amicale sud-girondine, qui fait corps maintenant avec les standards repris par Bernard, avec ses « tubes » , avec cette « joyeuse créolisation » de la musique traditionnelle.
Dans cette région, beaucoup d’initiatives musicale réfèrent à Uzeste, une culture se crée, dont les porteurs veulent être des «  consom’acteurs » et non des « cons, sots, mateurs », selon un de ces jeux de mots qu’affectionne l’Uzestois.
Amis du premier jour, André Minvielle, l’alchimiste de la voix, qui vient d’être consacré aux Victoires du jazz, et Marc Perrone, le grand accordéoniste diatonique. Ce dernier, en duo avec son amie Marie-Odile Chantran, fait partager avec chaleur un monde de souffrance et de poésie, à travers ses créations et la reprise de belles chansons françaises.

Hommage à la fibre ouvrière

Sérénité et maturité ne signifient pas routine et repli sur soi. Beaucoup de nouveaux et jeunes musiciens ont été mis en scène pendant ce festival de fin d’année. On a remarqué pendant le réveillon le saxophoniste François Malarange et le jeune trompettiste Paolo Chatet.
Lubat et ses amis ne renoncent pas non plus à inscrire leur art dans la lutte pour l’émancipation du monde. Célébrant le début d’une année 2009 qui s’annonce comme particulièrement dure pour les plus démunis, ils rendent hommage à la tradition ouvrière du Cercle, et au syndicaliste paroupian Raymond Lagardère. Oui, décidément, la Compagnie Lubat est bien chez elle à Saint-Symphorien. Elle peut et doit revenir.

Jean-Pierre Castro

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