Mercredi 14 Octobre 2009 UZESTE. L'artiste, tout juste récompensé, rouvre en grande pompe les portes de l'Estaminet
Qu'est-ce que l'art ? Sempiternelle question pour Bernard Lubat, jazzman impertinent, Uzestois quand il le veut bien - assez souvent finalement -. La réponse, les réponses plutôt, évoluent au fil des saisons, des vagabondages de son esprit, jamais maté, ou des divagations de « sa » compagnie. « L'art, c'est comme la chasse à la palombe mais toute l'année », dit-il. Il n'est pas expert en palombes.
En jazz par contre, il en connaît un rayon, mais arpente déjà le rayon suivant : il préfère cuisiner avec des produits frais. Les jeunes artistes de la Compagnie Lubat, musiciens mais pas seulement, en sont la preuve. Bernard Lubat les aide à trouver leur voie. « Je mets du désordre dans leur musique », dit-il.
L'Estaminet rénové
Quant à sa « cuisine », elle est presque toute neuve. L'Estaminet, ancien bistrot familial qui sert d'antre créatif et de lieu de convivialité depuis des années, subit les derniers travaux d'une rénovation bien méritée.
Il ne rouvrira officiellement que vers Noël mais sera tout de même prêt juste à temps pour l'Uzestival d'Automne, dont le coup d'envoi sera donné le 28 octobre. Pendant cinq jours, la Compagnie Lubat et son « entraîneur joueur » célébreront leur nouveau repère en musique, en poèmes et en dansant.
Tout un programme, concocté en fait autour d'une autre célébration. Celle de la remise d'une Victoire du jazz à Bernard Lubat, catégorie artiste vocal, qui a eu lieu au début du mois de septembre. Les « Chansons enjazzées », titre de l'album récompensé, seront donc à l'honneur du festival le samedi.
Drôle de façon cependant de « lutter comme une bête contre le système qui nous oppresse », selon ses dires, que d'accepter une telle récompense institutionnelle. L'artiste n'y voit pas de paradoxe et apprécie que l'on puisse parfois le juger sans son étiquette de « maquisard » contestataire, qu'il affectionne tant.
Politiquement enjazzé
Cela l'amuse toutefois qu'à la question : « Que pensez-vous de Lubat ? », certains répondent : « Je ne fais pas de politique. » C'est vrai qu'il a du mal à séparer ses roucoulements enjazzés de son profond engagement. Encore plus de mal à ne pas dire ce qu'il pense, ce qui ne lui attire pas que des sympathies.
Au bout du compte, heureusement, rien de tout cela ne l'aide à savoir « qu'est-ce que l'art ». « Si on a la réponse, c'est foutu », dit l'intéressé.
Pour Lubat, l'art, c'est comme la chasse à la palombe. Ça lui permet de voler dans les plumes de drôles d'oiseaux. Mais contrairement aux paloumayres, lui préfère viser ceux de mauvais augure.
Uzestival d'automne, du 28 octobre au 1er novembre. 10 euros, 5 euros tarif réduit (gratuit le 28). Informations et réservation des repas : 05 56 25 38 46.
Auteur : Barnabé Chaix
langon@sudouest.com