Dépêche du Midi, 28 septembre 2006
FATWA. UN PHILOSOPHE, PROFESSEUR PRÈS DE TOULOUSE, CIBLE D'ISLAMISTES APRÈS LA PUBLICATION DANS LE FIGARO D'UNE TRIBUNE CONTESTÉE SUR «LES VIOLENCES DE L'ISLAM». ROBERT REDEKER, MIS EN LIEU SÛR SOUS HAUTE PROTECTION, S'EXPLIQUE.
L'article de Redeker dans
le Figaro.
Un philosophe, menacé de mort pour ses écrits sur l'islam, se cache sous haute protection policière. Robert Redeker, qui enseigne au lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens de Gameville, près de Toulouse craint pour sa vie et l'affaire commence à faire grand bruit dans un climat de tension avivé par les propos récents du pape Benoît XVI.
«Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? », interrogeait Robert Redeker, le 19 septembre dernier dans une tribune libre publiée dans le Figaro. Le prof de philosophie dissertait, tout en affirmant notamment que « le Coran est un livre d'inouïe violence ». Et que certains rites de l'Islam « inscrivent la violence comme un devoir sacré au cœur du croyant ». Des propos carrément « rejetés » par les milieux de l'Islam modéré. Et diversement appréciés au sein même de la communauté éducative où les prises de position, réputées « combatives » de Robert Redeker ont souvent été discutées.
CLANDESTINITÉ
Mais au-delà d'une simple polémique, c'est une avalanche d'insultes et d'injures qu'a dû affronter le prof de philo. Pire encore, des menaces de mort ont été proférées sur son répondeur et dans son courrier électronique. Si violentes et précises que, dans la foulée de son dépôt de plainte à la gendarmerie, la section antiterroriste du parquet de Paris, dirigée par le juge Bruguière, a pris l'affaire en main. Et immédiatement confié la protection du prof à la DST (Défense et sécurité du territoire). Depuis ce jour, la vie de Robert Redeker a basculé dans une véritable clandestinité forcée : mis en lieu sûr « quelque part en France », tenu au secret avec sa famille, il a dû abandonner son domicile et son enseignement.
À la Poste on trie son courrier et au lycée, où son remplaçant est attendu aujourd'hui, on s'efforce de rappeler « les principes de laïcité et de neutralité de l'établissement », afin de tenir la communauté scolaire (et les élèves en particulier) à l'écart de cette sinistre affaire.
J.-J. R.
La Dépêche du Midi, 28.09.06
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