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 uzeste musical visage village des arts à l'œuvre

 

Sud Ouest 9 avril 2004
Journal Sud Ouest - Au labo de Lubat :
Après plus d'un an de fermeture, l'association Uzeste Musical a repris l'Estaminet. Le lieu rouvre ce soir par une soirée d'« inaugur'occupation »
Paru dans l'édition du 9 avril 2004.

L'endroit est encore sombre. Sur la scène, un piano. C'est là que Bernard Lubat a posé ses premiers arpèges. A l'Estaminet d'Uzeste, le bar fondé en 1936 par les parents du musicien, Alban et Marie. L'Estaminet avait fermé ses portes au public fin 2002. La SARL qui avait pris la suite de Jeannine Planton fondait les plombs au terme d'une année comptable désastreuse.

Rebaptisé Maison des arts à l'oeuvre, l'Estaminet ne serait donc pas mort. Simplement assoupi. Attendant que la folie de Lubat, revigoré par de jeunes artistes (Fabrice Vieira, Nathalie-Dalilà Boitaud, etc.) irrésistiblement attirés pour le fourmillement uzestois (on citera le Conversatoire, la compagnie Uz et Coutûmes ou la Maison de la Mémoire en marche), ne le tire de sa torpeur relative.

Les murs appartiennent encore à Marie, Uzeste Musical vient de racheter le fonds de commerce. Lubat s'en empare à bras le corps. « Sauvons la recherche artistique », clame illico celui qui « milite pour une autre ruralité, à l'écoute du monde et pas repliée sur sa nostalgie ». Lubat y croit toujours. Plus que jamais. Bien que le village ait perdu sa boulangerie il n'y a pas si longtemps. « Sans le côté artistique, l'Estaminet aurait fermé il y a quinze ans », note Lubat, persuadé que l'art est « une ressource locale, possible et durable ».

Création permanente. Si Uzeste veut garder sa singularité, il n'y aurait donc pas trente-six manières : les artistes à l'oeuvre devaient retrouver un terrain de jeux. Et le prendre en main, en refusant « la fatalité de la soumission ». Le nouvel Estaminet sera ce « laboratoire » des arts contemporains, où quotidiennement et en public, les artistes se produiront avant de « partir sur les routes, riches de l'esprit d'Uzeste ».

A l'Estaminet, la restauration d'antan laisse la place à de plus modestes dégustations. L'art se met au centre. Dès ce soir. Car Lubat, finalement, ne se soucie guère des contingences. La commission de sécurité ? Elle est passée dans ce « restaurant du siècle dernier. Il y a des travaux à faire. On va les étaler sur plusieurs mois. » Pour Lubat, l'urgence est avant tout dans la renaissance d'un lieu de création permanente et ébouriffante.

Ce soir donc, à l'Estaminet d'Uzeste, soirée d'inaugur'occupation avec, à 21h30, « Bernard Lubat Soli Solo Saga-Vive l'Amusique ! », le spectacle que Lubat a posé sur la scène du Théâtre l'Européen, suivi de « Jazzballalalubat : Dansez sur moi en Cie Lubat avec les chansons de Claude Nougaro ».

Ce sera comme ça tous les soirs...


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