On ne peut que se régaler des pitreries musicales de Bernard Lubat
Wazemmes l’accordéon n’en finit pas de surprendre. La Compagnie Lubat a, hier, fait souffler une petit vent de folie sur la nuit lilloise.
La formidable aventure du jazz, racontée par Bernard Lubat : un privilège pour le bon millier de spectateurs qui étaient, hier soir, à la Maison folie de Wazemmes. L’ancien compagnon de route de Claude Nougaro sublime l’accordéon, caresse le clavier ou bien tape sur la batterie. Dans l’univers musical de ce touche-à-tout, les pages de Publicité prennent des airs de bossa nova, la Javanaise est une festive complice, les biguines galvanisent les foules et les feuilles morte ne se ramassent plus à la pelle mais « se rappellent à la masse ».
Le public ne s’est pas fait longtemps prier pour rejoindre cette communauté nomade qui sait si bien défendre les influences afro-américaines de la musique : on prend sa voisine par la taille, son voisin par les épaules et on improvise quelques pas chaloupés. C’est ça l’effet Jazzbalalalubat, un spectacle imaginé par ce déroutant personnage à la verve gasconne et qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit du festival Wazemmes l’accordéon.
Autres moments de plaisir, autre faveur accordée au public, que cette scène partagée avec d’autres artistes. Le truculent Jacques Bonnaffé d’abord, parfait dans son rôle d’ambassadeur de la belle « parlure » d’ici et, hier soir, irrésistible pourvoyeur de compliments pour nos baraques à frites. Son espèce de rap ch’ti en a surpris plus d’un. Et puis, Loïc Lantoine, le Ferré des temps modernes, a lui aussi trouvé sa place dans ce décor avant qu’Arthur H ne vienne mettre son grain de sel dans cette improbable recette.
EM. C. La voix du Nord,
samedi 17 mai 2008