est un entêté
Enquête sur l'OMC
Vincent Glenn est un entêté. Ce jeune cinéaste veut comprendre à tout prix. Comment fonctionne l'OMC ? Quelles seront les répercussions de l'AGCS, l'accord général sur le commerce des services ? Pour tenter d'obtenir quelques réponses, Vincent Glenn n'a pas d'autres moyens que de trimballer sa caméra de Montreuil à Genève en passant par Langon.
Auteur de « Davos Porto Alegre », un film déjà présenté lors des Nuits Atypiques, Vincent Glenn a eu le « déclic » lors de la première guerre du Golfe, au début des années 1990. « La guerre vue de France, c'était un flash d'actualité entre deux réclames. Ca m'a posé la question de l'information dans les sociétés technologiquement avancées comme la nôtre. La multiplication des informations finit par alimenter la désinformation et engendrer le sentiment d'impuissance vis à vis d'institutions comme l'OMC ».
Nourri tout aussi bien de Michael Moore (« Roger et Moi ») que de Nanni Moretti, Fellini ou Orson Welles, Vincent Glenn va dès lors utiliser le documentaire comme un outil d'explication, engagé et volontiers critique... En 2001, Vincent Glenn est de passage à Uzeste et aux Nuits Atypiques de Langon qui fêtent leur dixième anniversaire. Entre Patrick Lavaud, le directeur des Nuits, et Vincent Glenn, le courant passe. Avec l'aide du Conseil Régional, les Nuits Atypiques produiront le prochain film du cinéaste. Vincent Glenn a carte blanche....
Prix Nobel. Il faudra trois années d'enquête, de tournage et de montage à Vincent Glenn pour accoucher de « Pas assez de volume, notes sur l'OMC », un documentaire fouillé et précis qui, selon le souhait du réalisateur, devrait « servir le débat ». « Le festival des Nuits Atypiques est le point de départ du film et de ma réflexion ». Une réflexion qui choisit délibérément de se limiter à la question économique pour amener Vincent Glenn à Genève, dans les bureaux même de l'OMC où il interrogera tour à tour Mike Moore, directeur général de l'OMC de 1995 à 2002, et Supachai Panitchpàki, l'actuel directeur général... « Pas assez de volume, notes sur l'OMC » explore ainsi pendant 140 minutes l'histoire de l'organisation mondiale du commerce. Le GATT, l'Uruguay Round, Seattle, l'antimondialisation qui devient altermondialisation... Le spectateur progresse dans sa réflexion en même temps que le réalisateur, forcément aidé par les explications limpides de José Bové, de l'économiste René Passet ou du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. Scindé en deux parties égales (l'une sur l'OMC, l'autre sur l'AGCS), « Pas assez de volume » rend lisible une organisation « plus puissante que l'ONU », sans aucun contrôle démocratique, qui se pose en grand arbitre de la libéralisation totale des marchés, en réduisant l'homme à sa fonction de consommateur...
Sorti nationalement le 21 avril 2004, « Pas assez de volume » a été salué par la critique pour ses vertus foncièrement pédagogiques. « OEuvre d'utilité publique » selon « Télérama », « un film percutant et ludique » selon Politis, « utile » selon le Monde, « un passionnant périple » d'après Libération... « Pas assez de volume » se lit comme une introspection au coeur d'une institution tenant entre ses mains l'avenir de milliards d'êtres humains, un colosse dont les pieds ne seraient peut-être fait que d'argile à force de décisions contre-productives socialement parlant.
par Bertrand Ruiz - Sud-Ouest.
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la mémoire des images
est un entêté
la tradition des peintres primitifs
prouve qu'on peut pousser les murs
le parler noir
C'est une langue magnifique
travaille sur des sub-basses
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