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Spectacles 2006/2007 :Jeu de théâtre musicien citoyen«Bernard Lubat soli solo saga - Vive l’Amusique !»
Jeux d’en transe en danse«Jazzbalalalubat»
InternexternMémoire d’advenir
Les cultivatures transartistiquesL’Artifice Opéra
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Les spectacles : Bernard Lubat soli solo saga – Vive l’Amusique !
Jeu de théâtre musicien citoyen«Bernard Lubat soli solo saga – Vive l’Amusique !»Futur Acoustic Production Un jeu de théâtre musicien… gasconcubin… citoyen.
Un jeu d’ici d’en bas d’en haut d’en long d’en marge
Concert : l'Amusique et la dégaine de Bernard LubatLubat, orateur, percussionniste, vocaliste et piano, encore et toujours : jamais la même chose et toujours pareil. Lubat, c'est ce qui continue d'arriver de mieux et de pis à la musique. L'Européen, petit théâtre alambiqué, vieillot, ni club ni auditorium, est un grenier biscornu où l'on se sent bien. Les rouges sont profonds et les divans aussi. De rouges plus profonds, il n'y a que ceux des Bouffes-du-Nord. Fin mars, Lubat, ses âmes damnées (Portal, Minvielle) et la Compagnie Lubat se sont installés aux Bouffes-du-Nord. A midi, c'était comble, l'après-midi archi-comble, le soir, il n'y avait plus de billets. Mais la question du nombre, contrairement à la tyrannie qui régit désormais ventes de disques et manifs, n'est pas une réponse. Faute de quoi, les pratiques alimentaires des mouches devraient s'imposer à tous. On se demande si ce n'est pas fait, d'ailleurs. Non : la question de ce nombre-là, c'est que la musique de Lubat, sa parole, sa dégaine, son art d'occuper la scène comme on occupe une usine délocalisée ou un bureau de DRH, cet acte musical suscite une communauté, une pensée qui marche. Partout où il passe, ouverture de Banlieues bleues ou bouffon des Bouffes, Lubat explose. On rit énormément. Ni traces, ni bandes, ni vidéos : c'est très bien ainsi. Place de Clichy (au moins L'Européen est situé dans un quartier fréquentable, quand on entre comme quand on sort, cela compte), Lubat est en place pendant un mois. Il ne tient pas en place. Même le dimanche à 16 h 30, par temps d'été et canots sur le lac de Vincennes, l'auditoire est là, présent, lubatifié par les tambours, les pianos, les jouets, les mots et les dires. Lubat est un improvisateur verbal hors pair. Il a mis au point une langue, entre la brève de comptoir mâtinée de Hölderlin, du Lacan à la gomme, un savant mélange de Beckett et Jules Ladevèze, une langue que tout le monde comprend avant de l'entendre, la langue de l'enfance et des campagnes oubliées. Il joue sans se poser la question du "concept" au sens des "communicants", mais en agitant la question des concepts au sens de la philosophie. Il y aurait quelque injure à rappeler le passé de premier plan en jazz de Bernard Lubat. Il est avec sept ou huit Européens de ceux qui ont joué les premiers rôles avec les grands. L'intérêt n'est pas là. L'intérêt, c'est qu'il ne se repose pas sur ses pommiers. Mais rien non plus, ni le marché, ni le surmoi, ni la bêtise, ne l'obligent à pondre deux nouveaux "concepts" par mois (au sens des marchands de soupe). Trop dandy, trop politique pour ça. Donc, il se jette au vin, joue avec sa peur, le courage n'a aucun intérêt, seule la peur existe. Il s'expose tous les soirs pendant un mois comme autrefois Bud Powell, Joe Turner, Kenny Clarke. Il sèche un soir pour rendre hommage à Michel Graillier au New Morning. Il déteste les commémorations, la communication, les concomitants. Mais il aimait profondément Michel Graillier. Il aime les musiciens. L'amour involontaire de la musique le tient debout. Et celui de parler à ses contemporains, de les écouter : "Ils me permettent de jouer tous les soirs. Ils m'attendent." N'attendons pas cinquante ans pour (se) faire croire en mentant à des nostalgiques envieux qu'on y allait tous les soirs, que tout le monde y allait tous les soirs. C'est faux. C'est ce soir. Francis Marmande
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