"A la Compagnie Lubat, on aime bien s'engager dans ce qu'à priori on ne sait pas faire, histoire de se confronter à la responsabilité de notre liberté totale. Je crois à l'obstacle comme lieu de passage. Tout ce que je ne sais pas faire, je l'affronte, du piano au rap, de la poésie à la batterie, en passant par la comédie, je m'y coltine, j'improvise et j'atteins à la quintessence du jazz. Vivre dans l'improvisation, c'est ça : cultiver un état de danger qui donne des ressources insoupçonnées. C'est extrêmement ludique et jouissif d'être, en face de l'autre, un autre, qu'on ne connaît pas. J'aime dans l'instant du jeu qu'on se surprenne dans des régions qui nous surprennent, pas dans nos habitudes de la surprise. J'aime qu'on se dise ce qu'on n'avait pas prévu de se dire, et ça sur à peu près n'importe quoi. Cet endroit insituable, il est très précieux, parce que c'est là qu'on apprend."
« Je chante pour m’amusiquer jusqu’au bout de mes farces. Je scatrape onomatopêche à la ligne à la vie à la mort à l’envers à l’endroit à l’envie. Je chante pour raconter des histoires en poïélitique, d’amour et de musique, de poésie en poïésique. Conscience incandescence de la joie de me jouer du rythme, de l’harmonie de la mélodie de la phrase de l’improvisé du savoir faire à défaire et à refaire danser, jouer, chanter, scater, raper, swinguer, blueser, improviser. »
Bernard Lubat
« Fort de ses expériences et de toutes ses tentatives de ne jamais filer droit, Lubat a sorti de sa besace des chansons, des airs « d’ici d’en bas » qu’il maîtrise sur le bout des doigts et qu’il revisite, se les réappropriant avec le désir chevillé au cœur de nous en faire partager un peu de son album musical infini. Et ce bout de chemin buissonnier musical, on le parcourt volontiers, avec juste le plaisir de redécouvrir des airs qui prenaient la pose et qui, sous sa griffe, implosent. La musique de Lubat, de quoi est-elle le nom ? Comme le nageur qui nage la brasse indienne, Lubat avance, jamais droit, parfois à contre-courant, en dépit des remous, fonce, se met en danger. Chanteur, lui le batteur, l’organiste, le grand sorcier d’Uzeste a mis dans sa marmite des sons et des chants, des chants-sons. Et l’on se laisse aller à fredonner ces mélodies patchwork, ces chansons d’ailleurs, d’ici, de là-bas. »
Marie-Josée Sirach, le 12 août 2008
uzeste.org • site web d'expression poïélitique de la Compagnie Lubat de Gasconha