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 uzeste musical visage village des arts à l'œuvre

 

Spectacles 2006/2007 :

Jeu de théâtre musicien citoyen

«Bernard Lubat soli solo saga - Vive l’Amusique !»
Un jeu de théâtre musicien... gasconcubin... citoyen
Contact scène : Futur Acoustic Production

Jeux d’en transe en danse

«Jazzbalalalubat»
Jazz dansé avec tout ce que sait faire Lubat swinguer

Internextern

Mémoire d’advenir
Régine Chopinot / Bernard Lubat

Les cultivatures transartistiques

L’Artifice Opéra
Les noces fantasmagoriques de la musique et du feu

L’Opéra Ovale
Entre-mêlée transartistique

Les spectacles : L’Opéra Ovale

L’Opéra Ovale

Entre-mêlée transartistique
Ode à l’esprit des jeux rugby et jazzy
Test-match d’art et d’essai

Quand Rugby et Jazzy

Réinventent la musique d’aujourd’hui
Survoltent la parole qui porte
Réenchantent les chants de toujours
Transcadencent les tambours du bourg
Ravivent les feux de l’esprit
Délient les ailes du désir

Rugby jazzy

Analogies atomes crochus entre jeux engagés notoires
Jeux collectif avec opposition
Jeux à forte et individuelle responsabilisation
Jeux de combat et de constat, jeux d’affrontement et de contournement
Jeux de force et d’adresse, jeux de technicité et de dextérité
Jeux de hasard et de nécessité, jeux de courage et de partage
Jeux de transmission et de transformation, jeux d’éthique et d’attaque
Jeux de défense et de dépense, jeux de fierté et d’humilité
Jeux d’intuition et d’abnégation, jeux d’essai et de sagacité

Rugby jazzy

Symboles poïéthico-ïélitiques physico-philos’autres
D’un art certain de l’action, de l’articulation de l’harmonisation
Art du un contre un, du contre-temps, du contre-Ut, du contre-point
Art du regroupement debout, de la mêlée coordonnée
Art du décalage, du soutien, du passage, de l’entraînement
Art de s’agir, de s’unir, de s’offrir, de souffrir, de réjouir
Art de la stratégie de la tactique, de la circulation, de la mentalisation
Art de se construire, de se poursuivre, de s’instruire, de se conduire
Art de s’apprendre, de se comprendre, de se transformer
Art de savoir tout plaquer, de marquer et transformer des essais
Art de savoir s’en relever, se placer, se déplacer
Se replacer sur le terrain, dans la vie du terrain, dans le terrain de la vie

Rugby et jazzy

Inspirent l’entre-mêlée transartistique
Entre musique sport parole danse image pyrotechnie geste
Concert bal cinédiapovidéoscopie laseroscopie feux d’artifice
Sonorisation ombres et lumières multicolorisation spatialisation
Scène stade tribune terrain musicien rugbymen écrivain peintre
technicien électricien administratif poète artificier acteur spectateur joueur
responsable bénévole curieux jardinier cuisinier entraîneur formateur

Quand Rugby et Jazzy

Tressent déstressent les liants libérants concitoyens
Outrepassent à l’autre à l’ouïe et à l’oeil, N’enterrent ni le bal ni la balle
Dépassent les débordements débordants bordélisants
Polyrythmisent les temps de jeux, Traquent prennent les intervalles
Calent et enfoncent les mêlées, Osent le cadrage débordement
Provoquent le surnombre, Libèrent au large, Usent des raffûts
Tiennent le tempo, Changent le tempo, Défendent l’attaque
Attaquent en défense, Marquent prennent des buts et des beignes
Cultivent les contre-pieds de nez à la facilité


Opéra ovale

La lucidité d’une Manifestivité transartistique qui ne tourne pas rond, ou l’insolence d’un rituel originel confraternel concitoyen pluriculturel rebondissant comme ça lui chante, comme ça l’enchante. Il s’agit bien d’un match. Authentique "Test match d’art et d’essai" préparé entraîné pour être joué - non récité - improvisé vital vivant et qui existe parce qu’il disparaît, unique, différent à chaque fois. Il s’agit de la réunion d’expressions diverses, dans la confrontation de sensibilités plurielles. Il s’agit de vivre en commun une épopée désirante libérante, intelligente, cultivante, humanisante, euphorisante

Bernard Lubat, musicien

La musique que je préfère : le Rugby

Rugby jazzy, free taxe taxi à l’œil ou à l’ouïe même combo même combat, rien ne se perd tout s’encaisse match de jazz concert de rugby. Transformation du souci en souci de la transformation

la musique que je prèfère : le rugby.

D’analogie en amas logique, ou à la recherche du contre-temps perdu

Les deux jeux se ressemblent comme deux frères ennemis

insomniaques insoumis et de plein gré à leurs insu-portables

Primitifs, savants, excessifs, disgressifs, discursifs, poussifs, jouissifs

ils ont la beauté convulsive, la geste leste manifestive, la sagesse du phylo-s’autre

imposent l’art à l’essai, défoncent les enfonceurs, implosent les imposteurs

Opéra Ovale en cavale - mentale mandale transcendentale - un double jeu

qui ne tourne pas rond ni à vide, qui rebondit - bandit - où ça lui chante

jeux de mains, jeux de vilains, jeux en vain, jeux de demain.

Pour aller de l’avant ça s’outrepasse à l’arrière, pas de cadeau à la coda et

ça se plaque à tour de bras, les cadrages débordent, les mêlées fument, les stratégicles, les blessures durent de sources sûres, les chocs frondent front haut

Rugby jazzy free taxi mal autrui, grand jeu de peu, chaos dodécacophoniques

tapage nocturne en touche, distribution de boîtes à gifles, joute de banqueroute, compagnons de doute en joue : je!

Entraînement, répétition, interprétation, tableau noir, improvisation, sélection, gammes, footing, coatching, troisième mi-temps, bœuf en aube, on connaît la chanson, mais le rythme ? le swing ? l’articulation ? la circulation ? la passe action à l’acte à l’autre !

Les deux jeux s’assemblent comme deux gouttes d’oc

pas d’ac plein pack patac attac le grand gnac d’un art maniaque.

Rien ne sait s’écrire à l’avance ni même après, rien ne sait s’en plaindre, s’en prendre, s’en souffrir si ce n’est quelque part, un je ne sais où, autrement, dans la viande... la chair... la suite... donc !

Antiques, artistiques, futurisques, avant-gardistes, populaires capillaires, élitaires subsidiaires ou sauvagement tendres, ils errent sur terre oral des pâquerettes, ras des gazons, rien ne les enterre.

Opéra Ovale en bacchanale - triviale, tribale trip’ale - un double jeu qui ne tourne pas con ni avide, mais vrai frais auprès; jeu de pied, de contre-pied, de contre-temps, d’espace d’espèce, jeu de mèche, de méchant, de sachant et de séché.

tout s’enchaîne en scène, tous en scène sans chaîne, engagement de langage - engagé en gage : pas de cage ! risquer l’art de se risquer de se gagner à perdre halène crocheter les micro-espaces, planter des essais, au fond là qu’est ce ? Filer french flair à l’anglaise à l’aise balèze, la vexation passe, l’expression reste. Mettre la pression et laisser swinguer l’abstraction, lyrique ou ludique on s’en fout. Mais faut que ça groove, que ça moove, que ça meuve !

Les deux jeux se lâchent comme deux vannes en verve

In situ actionnistes d’essence ils désintégrisent les intégrisés d’aisance. Ils savent tous les terrains, coulisses de l’exploit, vrais apér’opéras, fosses d’orchestre, stades ultimes, centres cuculturels, théâtre des opérations, tribunes des tunes, vestiaires des bestiaires, buvettes des bavettes, loges d’éloges, blancs des remplaçants, flous des gros-plans.

L’affrontement est permanent, la créatine crétine, la dope salope et Dieu bute, brute, en touche. Tout selfs’plique, s’inique, s’initiatique, s’extravertige.

Plier les piliers, ouvrir à en mourir, démêler les mêlées, rebuter les pénalités, dépénaliser les résultats, défier les défilés, aplatir derrière la ligne, la maligne.

Opéra Ovale en diagonale - morphale, vitale, filousophale - un double jeu qui ne tourne pas con, court, lourd, sourd. Jeu d’échecs, d’affect, d’impact, d’intox, d’impec intact inexact.

Jeu de preux sans preuves et d’anciens pauvres (pendant que tu combas, tu ne tombes pas... tu te relèves ! comme disait mon grand père). Pendant que les 3/4 chantent, les flankers flanquent, le demi mousse, l’ouvreur trinque.

Les deux jeux se ramassent en scène

- piétinés essorés asphyxiés carbonisés remerciés retraités-

Fauteurs de frappe, facteurs de risques, farceurs de fait. Après les vieux pardessus des dessous, c’est la cravate qui traîne la patte, laissons crever les cravates, laissons pousser les oreilles.

Attaquer au raz de marée de la mêlée, déséquilibrer les équations croupions, créer à l’ombre le surnombre, foutre en branle l’allegria - nous sommes tous des grouillots grillés. Le sens du jeu c’est le je - nous - qui le fagotte, le non sens c’est le libéral chantre qui le fayotte. Rugby jazzy c’est libérant sinon c’est couillonnant - point à la ligne - Ne pas confondre castrant et encastrant.

Opéra Ovale en fractale - quantique cantique gothique flambé. Un double jeu qui ne tourne pas clair, harde, cher, pop, jeu des magies, des magots des mots dits d’après midi d’autour de minuit.

Blues de base extraction crise d’extravertissement. Le public jazzy rugby est fabuleux. Il fabule d’une exemplaire mauvaise foi, il s’entretient, suspendu en un tiers état cosmique comique. Il rit il pleure il gronde il exulte il expulse il insulte il critique il juge il condamne il est sans pitié, il croit, il crie, il pardonne à la première alerte, il rescussite au troisième temps de jeu, il chante, il enchante, il enfante.

Les deux jeux s’improvisent de forme

Contestataires, contexte à terre, terre à terre, inidentitaires

camarades and co habitent, arbitres sur orbite, impromptus de société à satiété insomnies d’insoumis

Opéra Ovale en cabale

- tonale atonale détonale - double jeu d’équipe épique opaque époque, de gentleman joué par des vauriens.

barraqué baroque, concasseur de baraques, de rugueur de rigueur de rageur

Ne jamais enterrer le bal, ne jamais laisser s’effondrer le grand maul, raffûter les raffûts, signer le match de la feuille, taquiner la tactique, scorer symphonique, sauver l’honneur déménageur, démonter les clefs de sol, point de suture : ni dièse, ni bémol à l’armature ques des bécarres à la bagarre

sauté de temps sans passage à vide, cartons jaunes et rouges plus rien ne bouge

défoncer les défenses, cogner le gnac à l’attaque, doubler le tempo, casser les tempi,

swinguer l’adversité, ne pas répondre à la provocation, provoquer sans cesse

les questions, laisser rappliquer les réponses, repiquer les répliques.

Les crochetages sauvages de Thélonious Monk

Les décadrages débordants de Cecil Taylor

Les raffuts ravageurs de John Coltrane

Les castagnes de cymbales d’Elvin Jones

Les pénétrations sont dans l’axe ou pas

Les empilages sans âge de Sun Ra

Les blues au large d’Archie Shepp

Les infiltrations contrapunktiques de Charlie Parker

Le jeu de premier temps de Kenny (Klock) Clarck

Les contrepieds contreversés de Michel Portal

Les passes croisées de Max Roach

Les groupés pénétrants d’Art Blakey

Les enchaînements de Charles Brown

Les charges de Dizzy Gillespie

Les mélimélodies d’Eddy Louiss

Les chandelles d’Ornette Coleman

Les arrêts de volée de Bud Powel

Confrontation confraternalisation compilation

Anarchistes sous-réalistes insolistes en l’utopiste

Artistes en Art pas triste, rien ne vaut le risque - coups francs passables ou coups bas coupables

K.O. in the cabas - un pour tous tous capables, tous coupables.

Rugby jazzy, ou l’art de l’improvisation batârde pure atypique assymétrique à s’y méprendre .

Lire dire sentir courir le je, corps du délit. Délier les corps, déchirer les clichés. Indépendance des membres, cœur à l’enfance vaut mieux qu’enfant de chœur. Grandir, ou l’enfance de l’art.

Texte publié dans Le Monde du 16 octobre 1999
Spécial Coupe du monde de rugby.


Festival Sons d’hiver. Le rugbyman Daniel Herrero renforce la Cie Lubat

« L’Opéra Ovale » à l’essai

À l’origine, une rencontre sur fond d’Occitanie. Celle de Bernard Lubat, « malpoly-instrumentiste », comme il aime lui-même à se définir, et de Daniel Herrero, « tchatcheur-écriveur » et homme de rugby. « Les terres du Sud ont des ancrages nombreux, affirme celui-ci, et ça fait un bon moment qu’on croise la route, le gorgeon et la gamelle. Je connais Uzeste, il connaît l’Ovalie. La Fête de l’Huma, il connaît aussi. »

Improvisation

C’est au parc de la Courneuve, justement, que tout a commencé, après un rodage festivalier uzestois dont Herrero retient surtout le côté douloureux : « A force d’écouter, d’essayer de comprendre, je ne pigeais plus rien. Un gonze tapait, un autre envoyait des images et moi j’étais là, au milieu. Putain, j’ai pris lourd. »

Lubat de son côté n’est pas sorti indemne de la confrontation : « Quand quelqu’un parle comme lui, avec du rythme, de l’emphase, de la pêche, de l’incertitude, ça peut tomber, donc il faut faire gaffe. Et je suis obligé d’inventer des choses que je ne sais pas faire quand il n’est pas là. »

On l’aura compris, l’Opéra Ovale, ode au jeu rugby et jazzy, est un pur moment d’improvisation. Avec, pour pousser devant, un cinq majeur constitué de Lubat et Herrero, bien sûr, mais aussi de Patrick Auzier au trombone, aux percussions et aux fusées, d’André Minvielle au chant, à la batterie et aux sampleurs (« j’ai enregistré des commentaires de Daniel pendant France-Irlande et des sons d’entraînement, notamment l’entrée en mêlée »), et Jean-Marc Chapoulie à la vidéo. Le rôle de ce dernier consistant à monter en direct, sur écran géant, des fragments de matchs et des extraits de film : « Il y a des images qui, pour moi, sont presque des prétextes à mettre du son. Même si ce sont des analogies d’images. Par exemple, lorsque le demi d’ouverture lance le ballon pour que les trois-quart chargent, je pense toujours à John Ford, aux grandes chevauchées avec le clairon. Mais je suis à l’écoute des autres aussi. Quand je constate que l’image prends trop de place, je l’enlève. » Ce sont les similitudes évidentes existant, selon lui, entre jazz et rugby (« quand la balle sort de la mêlée, le mec l’envoie à gauche ou à droite. Au dixième de seconde près, il ne sait pas. C’est pareil quand on choruse sur une grille »), et cette rencontre pittoresque avec l’ex-entraîneur toulonnais (« je suis issu d’une terre de Provence à l’environnement fertile. De Petrucciani à Châteauvallon, d’Antibes à Cimiez, j’ai écumé. J’ai du goût, des amitiés fidèles. Le rugby se connecte plutôt bien avec le jazz »), qui ont poussé Bernard Lubat à se lancer dans une aventure, dont on réalise aisément qu’elle a plus de chances de en maul écroulé que de franchir la ligne d’en but. Seulement, comme le remarque Herrero : « Le rugby a ceci de magique que tu peux passer à travers les murs même quand la porte est ouverte. »

« Entremêler. Entre mêlées »

« Ce qui m’a toujours intéressé dans l’histoire de la musique » poursuit Lubat, « ce sont les test-matchs. Quand il y a match avec l’époque, avec le passé, avec l’esthétique, les instruments. Match entre les capacités d’entremêler. Entre mêlées. On en revient à ça. L’improvisation apporte plein de possibilités. Et j’ai besoin de ces possibilités pour continuer à ne pas savoir. Si je capitalise ce que je sais, je récite ma leçon. Par contre, là, je suis en phase de problème. À la fin du match, si j’ai trouvé la solution, c’est bon. Alors les spectateurs doivent se demander comment ça se lit, comment ça s'apprécie. C’est aussi une façon de faire participer l’incertitude » Le public ne s’en plaint pas qui, jusqu’à présent, a plutôt bien accueilli un Opéra Ovale appelé à tourner à la demande de plusieurs clubs intéressées : « On va jouer ça sur les terrains, avec des musiciens du coin et des écoles de rugby. Auzier foutra le feu, les mecs passeront dans le bûcher. Et on finira par un bal. » En attendant, la seule interrogation concernant le match (?) de dimanche a trait à sa durée. Daniel Herrero militant pour que l’on aille au terme des trois mi-temps traditionnelles : « Les deux premières n’ont de sens que si tu fais la troisième, s’échauffe le barbu de la rade, comme ça, tu mets tout dedans : le rude et le sympa, la guerre et la paix, le gorgeon et la victoire, la flamme dans le cornet et la foufoune folle. »

« Tu vois », l’interrompt Bernard Lubat hilare, « ça me change de do bémol galvanisé… »

Serge Loupien
Article publié dans Libération du 29 et 30 janvier 2000

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