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2008/2009Vive l’Amusique !Bernard Lubat soli solo saga imProvistaDuo Michel Portal / Bernard Lubat Chansons EnjazzéesBernard Lubat solo JazzbalalaLubatCompagnie Lubat de Gasconha
Spectacles 2006/2007 :Jeu de théâtre musicien citoyen«Bernard Lubat soli solo saga - Vive l’Amusique !»
Jeux d’en transe en danse«Jazzbalalalubat»
InternexternMémoire d’advenir
Les cultivatures transartistiquesL’Artifice Opéra
L’Opéra Ovale
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Les spectacles : Internextern
Régine Chopinot / Bernard Lubat« Internextern »contact : mémoire d’advenir duo à trois
deux créartistes extrémentistes
deux solitudes solidaires sensorielles instinctellectuelles un double jeu en jeu
Le jeu de la grèveCe n'est pas le prince et la danseuse, c'est le musicien et la chorégraphe : Lubat et Chopinot. Corps à corps qui « parlent » ensemble dans le pré. Rendez-vous permanent de la grève culturelle. Au début de l'été, elle a mis le feu aux poudres au festival de danse de Montpellier : première annulation. Que n'a-t-elle entendu ? Il a fait de la grève en fin d'été ce qu'on en a fait parfois dans les usines occupées. La vie à l'envers, c'est-à-dire la vraie vie enfin « crachée ». Que n'a-t-il dit ? Peut-être l'été 2003 dans la culture, l'été des intermittents peut-il se ramener comme une métaphore à cette double question : que va-t-on faire des provocations de Régine Chopinot et de Bernard Lubat ? On les croit radicaux, on les dit extrémistes. Mais peut-on encore biaiser avec l'obstacle historique, ce que l'on a appelé à Uzeste « la haine de l'art qui vire à la haine de l'autre et à la haine de soi », stigmate de l'empire marchand ? Lubat y va très fort : « Ça fait vingt ans, dit-il, qu'on essaie d'annuler l'autoannulation de l'artiste. » Vingt ans de résistance à la musique anglo-klaxon, dont les sonos et les écrans sont puissants comme des bombardiers ; vingt ans de résistance à ces élus politiquement retraités du cinquième âge pour qui la culture doit laisser dormir tranquille en oubliant tout. La culture ne peut plus être séparatrice : l'été des festivals oublie le printemps passé et l'automne à venir. On a beaucoup parlé, à Uzeste, de la fonction de rupture de l'art. Mais qui attend encore quelque chose de cette rupture ? Le baron Ernest-Antoine Serpillière - comme l'a appelé un humoriste - ou le délégué CGT de Moulinex qui porte ces mots sur son tee-shirt uzestois : « La création est dans l'insoumission » ? L'art n'est ni prolétarien ni bourgeois en soi mais les besoins, les désirs, les attentes dont il est l'objet ne sont pas les mêmes. « Paroles, paroles » titre Sud-Ouest. Pas de chance pour la mauvaise foi. En grève à Uzeste, la scène a été artistiquement occupée comme jamais. Pas d'estrade, pas d'entrées, tout au ras des pâquerettes, liberté totale, accordéon et sax comme des prises de parole, musique du silence brisée par des rappeurs, films d'usines, nuit de la guerre chronique, débats. Être ou ne pas être, jouer ou ne pas jouer, continuer ou arrêter, se suicider ou tuer, ou bien ou bien. Uzeste n'avait pas de « leçons à donner » mais à cultiver sa grève. Ne plus jouer le jeu du baron ce n'est pas la fin du jeu. Savoir déserter la scène et apprendre à mettre sa révolution en scène. « Je suis communiste, dit Lubat, à titre individuel. » Il faut le voir pour le croire. Charles Silvestre
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