Pascal Convert
Biographie
Pascal Convert est plasticien (sculpture, installation et video). En 1989, il est pensionnaire à la Villa Médicis. La question de la mémoire et de l’oubli est au cœur de son travail. En 1998 Georges Didi-Huberman consacre un livre à son oeuvre (« La demeure, la souche ». Éditions de Minuit.). En 2002 dans le cadre d’une commande publique Il réalise le Monument à la Mémoire des Otages et Résistants fusillés au Mont Valérien entre 1941 et 1944.
Son travail sculptural inspiré de trois icônes de presse, la Pietà du Kosovo (Photographie Georges Mérillon), la Madone de Benthala (Photographie Hocine Zaourar), la mort de Mohamed Al Dura à Gaza (AFP/A2) a été exposé récemment à l'église des Jacobins de Toulouse dans le cadre du Printemps de Septembre.
Ces œuvres ont été commandées par le Fond National d’Art Contemporain (Paris) et par le Musée d’Art Moderne Grand Duc Jean du Luxembourg, dirigé par Madame Marie Claude Beaud.
En 2006-2007 il doit réaliser les vitraux de l'Abbatiale de Saint Gildas des Bois dans le cadre d'une Commande Publique.
Il prépare actuellement une oeuvre filmique et sculpturale sur Joseph Epstein (Colonel Gilles), responsable des FTP d'Île de France, fusillé au Mont Valérien en 1944.
Expositions récentes
2007 MUDAM, Musée d'art Moderne Grand Duc Jean, Luxembourg.
2005 Musée Louisiana. Copenhague. (Dans le cadre de l'exposition Jean Nouvel)
2004 Le Printemps de Septembre, Cloître des Jacobins, Toulouse. (Curator J.M Bustamante). Biennale de Busan (Corée), International Film Festival of Taiwan.
2003 De Mémoires, Le Fresnoy, Studio National des Arts, Tourcoing. (Curator Philippe Dagen.)
2000 Partage d'exotisme, Biennale de Lyon. (Curator Jean Hubert Martin). Fable du Lieu, Le Fresnoy, Studio National des arts contemporains. (Curator Georges Didi-Huberman)
1999 A collaboration between architecture and contemporary art, Curator F. Nanjo, Obayashi Corporation, Tokyo.
1998 L'œil et l'esprit, Museum of Modern Art, Wakayama - Iwaki City Museum of Art, Iwaki - Museum of Modern Art, Gunma, Japon.(Curator Alfred Pacquement).
1997 L'empreinte, Mnam, Centre Georges Pompidou, Paris. (Curator Georges Didi-Huberman.)
1996 A Collaboration between Art and Architecture. Tokyo. Obayshi Corporation. (Curator Fumio Nanjo)
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Michel Portal
« Dans le jazz européen, Michel Portal occupe une place singulière et perturbante. Sa réputation de soliste classique semble l’avoir débarrassé du souci d’affirmation technique. Destinataire direct des grands compositeurs contemporains, il n’est pas pressé par le besoin de reconnaissance.
Régulièrement salué par l’ensemble de la profession de la musique et du spectacle (trois “césars” pour ses musiques de films viennent s’ajouter à de nombreux prix et récompenses reçus dans tous les domaines), il a les moyens de se faire une conscience exacte de la position qu’il occupe. Cela lui permet d’entrer dans le champ de l’improvisation avec une volonté renouvelée de non-savoir et de chamboulement. Elle n’exclut ni l'inquiétude ni la véhémence. En de longs parcours toujours tendus par un lyrisme cru, par les caprices de l’invention, par un sens de la fantaisie et aussi bien de la mélodie heureuse, par la recherche entêtée de son intérieur ou de l’explosion des rythmes, Portal semble vivre chaque âcre musical comme une remise en jeu totale. Comme pour pousser à bout son être musicien et les règles de l’échange avec ses partenaires. Il peut atteindre, dans l’enjouement autant que dans le cri tragique, des pointes exceptionnelles. La scène est alors son domaine de prédilection. Il réserve aux disques (singulièrement dans “Dejarme Solo” et “Turbulence”) le montage solitaire de tableaux de moments, de figures longuement et méticuleusement mises au point - commentaire fixe et lié de son agitation extérieure. Le jazz n’est pas pour lui un style parmi d’autres : c’est sa façon bouleversante de vivre la musique, de considérer ses autres expériences musicales, de les brusquer, et, éventuellement, de les réinventer. »
Francis Marmande
Dictionnaire du Jazz (Robert Laffont)
c.f. Sud Ouest : Lubat et Portal entre savant et populaire & l'Humanité Portal Néanderthal
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Bernard Lubat
Bernard Lubat : partenaire considérable de Kenny Clarke, Luciano Berio, Stan Getz, Eddy Louiss ou Michel Portal, multi-prix jamais pris de conservatoire, synthèse parfaite de Lacan et Coluche, formidable batteur, moissonneur, pianiste, accordéoniste, bruitiste, « improète », prophète sans pays, agitateur depuis avant, corps et âme de la Compagnie Lubat de Gasconha. […]
Bernard Lubat a fait le métier (batteur pour musiciens et chanteurs prestigieux ou minables) a fait plusieurs métiers (musicien, musichien, sampleur de charme, cascadeur de compagnie, lanceur de géants), a fait mille métiers mais plutôt en musique. Chercheur poético-scientifique de haut rang, à table il fredonne et tambourine, trousse un chabada pour fourchette et couteau, c’est en réalité quand il parle qu’il joue. Programme, en Lubat dans le texte : « C’est par où ? C’est par l’art ! : psy-comédie poïélitique autobiographitique. » Il n’est pas impossible qu’un jour on mesure l’ampleur réelle de l’artiste. Rien n’est moins sûr. De son vivant, il est bien trop vivant pour qu’on s’en aperçoive. […]
Lubat a une histoire où la chronologie s’étouffe : il est là, à tout moment, entier. Constantes : la politique, l’action, et la musique. Il ne ressasse jamais. Ne parle que du concert d’hier et de celui qui vient. […]
Point nodal. En musique improvisée, on ne choisit pas. Lubat pratique la folie raisonnée. Son point de lucidité : « Me retrouver pas à ma place : je sais que je sais ne pas commencer. » Tous les soirs, il ne commencera pas. Il a essayé. Il ne tient plus à subir les fausses mémoires. La vraie mémoire c’est le trou. Ça répond. La musique arrive : « C’est celle-là qui m’invente un musicien. » Il n’a aucun mérite à ne pas commencer : « Ce n’est qu’un combat, continuons le début. » A L’Estaminet d’Uzeste, il apprend d’Alban son père la batterie, le communisme rural et l’accordéon. Bal , balloche, apéros. Passons sur les prix et les conservatoires, la mère conserve des foies gras, le fils file à Paris. Il ne joue pas le jeu. Au Blue Note, Kenny Clarke lui enseigne les derniers grands secrets. Double Six, Eddy Louiss, Berio et Globokar : dans l’ombre, Portal. Lubat est un des derniers chanteurs de scat authentiques. Mais ce n’est pas l’inessentiel. Gagne aux années folles pas mal d’argent. Le dépense. N’en parle jamais, revient toujours à l’immédiat. […]
Qu’est-ce qu’on pourrait dire d’un vieux Lubat dictionnarisé : «Compositeur improvisateur du début du XXIe siècle, génial multi-instrumentiste, clown social, a fondé la Compagnie Lubat de Gasconha en1978.» De Lubat vivant, on ne dira rien, essayer de l’entendre. Le voir tous les soirs. Il n’a pas grand-chose d’un gourou, sauf la couleur. Son autobiographitique ne parle pas de lui, elle parle de ce qui nous attend. Pour peu que nous apprenions à rire (et la musique, toute).»
Francis Marmande
Le Monde 9-10/06/02 [extrait]
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