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la Maison de la Mémoire en Marche, diffusion d’écrits subversifs
Bernard Manciet

livres disponibles à la Maison de la Mémoire en Marche

C : en consultation à la bibliothèque
E : emprunt à la bibliothèque
A : achat en librairie

1. ŒUVRES DE BERNARD MANCIET

Accidents

Poèmes traduits de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
60 pages, 14 x 19 cm, (couv. : dessin de B. Manciet).
Bilingue occitan/français
(nouvelle édition du premier livre de B. Manciet, EO : 1955, Institut d’études
occitanes)

C E A

« C’est moi. Réveille-toi. Debout. Viens ! J’ai besoin des craquements de tes vingt ans. J’ai besoin de ta main dans la mienne. Sois-moi complice. Lève-toi. J’ai besoin de marche avec toi dans la nuit. Ardemment. Marcher en silence en bousculant des formes, des vents, des ruades de parfums, des clartés qui passent. Marcher longtemps, le cœur en marche. Les dents serrées. Les routes et les pierres et les arbresEt le cœur en marche dans la nuit. Le cœur dans la gorge et les dents serrées.
Tu le sais bien où nous allons… Tu t’imaginais que nous allions cueillir les boutons de roses et d’aurore ? Tu crois que j’avais besoin de toi pour trouver l’autre ? Alors, pourquoi me demander où nous allons. Et moi, tu crois que je le sais ? Pourquoi donc veux-tu le savoir ?
Allez, marche, sinon jamais nous n’arriverons. »

Aratea

Poèmes traduits de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 2000
90 pages, 17 x 24 cm
Bilingue occitan/français

C E A

La Chevelure de Bérénice, Ampelos, Canopos, les Couronnes, les Chevaux, l’Aigle, l’Autel, les Pleiades : huit constellations, huit poèmes construits dans une forme résolument classique.

« Recel nacré dans la toison sombre
de cette nuit en odeur froissée
échevelée en soi Bérénice
ce pleur de sel par fourrure épaisse »

Auròst – thrène

Poème traduit de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Arrière-Pays, Auch, 1993.

22 pages, 10 x 20,5 cm (tirage : 300 exemplaires)
Bilingue occitan/français

C

« manquait une étincelle
quelque chose manquait à Dieu
ô parcelle et te recherchait dans les touffes
la joie car même chair claquante
chair au jour incline toutes voiles
elles penchent sous ton poids d’ombre
elles t’ombragent te choisissent
dans les peines allègres ces fiançailles
d’amandier qu’emportent farouche
de fougue les pieux les deux fils de la Nuit
comme ils emportent le reflux
retiré en écumes
ils t’emportent dans le matin d’Epiphanie
te ruinent en semailles sur l’estuaire
mien… »

Aux Portes de Fer [A las Pòrtas de Hèr]

Poème traduit de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 2001.
30 pages, 14 x 19 cm (couv. : sanguine de B. Manciet).

Bilingue occitan/français

C E A

« Je suis le chêne sur le flanc du fleuve
je regarde monter et tomber les soleils
les grands soleils de désillusion du siècle »

Balade landaise

Photographies de Jean-Louis Duzert, contées par Bernard Manciet
Editions Association pour la promotion du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, 1994.
non paginé, 20 x 25 cm, ill. photos NB
français

C E

« Tous les voyageurs descendent de voiture sur cette frontière, cette marche, cette « Marquèze » au seuil de la vaste lande de Cap-Bath, c’est-à-dire du Far West, qui emporte Escource et Labouheyre vers la mer. Ici, la troupe légère des dames en fuseaux, mêlées aux jeans et aux bermudas, va affronter les troupeaux de moutons de Panurge landais. Elle va se heurter aux cohortes des beaux nuages qui viennent du noroît, sur le vent de l’au-delà, un au-delà aux noms étranges, Solférino ou Benghazi... A peine la locomotive a-t-elle klaxonné, que lui répond le beau coq noir gonflé d’orgueil antique, frère du coq rouge des airs, du coq pervers qui parcourt les brumes et le mystère pour perdre nos âmes à travers la Grande Lande. Nous revoici sur un seuil, d’où il n’est permis que d’entrevoir. »

Cantas deu Rei

Poèmes (« chants »)

Editions Alain Sanchez, Los Quaserns de la Barbacana, Libos, 1975.
35 pages, 21 x 27 cm (tirage : 150 ex., exemplaire n° 127)
bilingue occitan/français

C

« Fruit de terre, ce cœur de quartz et de néant,
en soi fleuri, ces lames de sang et de gel,
chaste phénix de sable enserré dans sa nuit,
gouffre de pourpre où l’or éclot d’ombre sur ombre,
se découvre inverser en grappes de l’autour,
en ses fruits se déclenche où le ciel se recrée,
oursin en foule de ses mille acuités,
haletante et fixe intelligence qui graine
si soleils dans ce cœur délaissent leur effroi
d’instant, de successif si le matin s’allume
jusqu’à la lie ardente où le vin s’illumine. »

Casau perdut

Prose
Éditions Princi negre, Escole Gastou Fèbus, 1986.
72 pages, 11 x 18 cm.
Occitan

C E

''« … Un desser, que pensèvam s’estugèssi a la solharda – gahèm la bareja e la gran pala. Nat semblent d’arrat. Nat arromeguit. A la fin, nse’n trornèm a l’aut cap de l’ostau, au huec gran de la chaminèia, dont hèi har capons. Credom enténer un tròt-tròt. I tornam. Arrés. Que fenim per nos achomir de cada part deu huec. La Sian e jo, que s’adromívam. E s’esbadalhèvam amassa. E nse deishudèm tots dus : un chic a l’estrem, un chic geinat, lo uelh lusent com un cap d’esplinga, la coda eslindrada e gualharda, roi e blanc, lo nòste arrat èra arribat entre nosatis. Plan eslivat qu’èra, despareishó shens d’arrés díder dens las ombras de l’ostau
gran… »''

Cobalt

Poème
Éditions Cadratins, coll. Côté de 2, Bagnères-de-Bigorre, 2002.
8 pages, 14 x 14 cm (tirage : 200 exemplaires).

Bilingue occitan/français

C

« Et fut le bleu ce heurt
sur le silence aux doigts
de la neige et floraison
la pierre-de-nuit pure »

Compresseur suivi de Poussière [Compressor – Prova]

Poèmes traduits et illustrés par l’auteur.
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 2000
(nouvelle édition établie par Guy Latry, EO : 1978)

76 pages, 17 x 24 cm (couv. : encre de B. Manciet)
Bilingue occitan/français

C E

« “Je ne parle guère, dit-il, que de la lumière de la forêt, du matin, de la nuit. Je vis dedans. Je suis du grand soleil, de la lumière de la nuit.” Il ne faut jamais l’oublier : Bernard Manciet allume cinq cents feux par an, quelle que soit l’ampleur de l’agression extérieure. Nous connaissons la substance éblouissante qu’il tire de cette chaleur intense et de ce dialogue secret. Un mélange inconnu de gascon populaire, langage des petites gens du voisinage et d’une somme d’érudition. Les airials le lisent parce qu’il parle de l’habitant en le magnifiant, tandis qu’il livre à tous les vibrations de la galaxie, les sons audibles du poète total. » Christian Seguin

Le Dire de Guernica [Lo díder de guernica]

Poème traduit de l’occitan par l’auteur
Édition L’Escampette, Bordeaux, 2001.
30 pages, 14 x 19 cm (couv. : dessin de B. Manciet)
Bilingue occitan/français

C E A

vous avez enfin le printemps à Guernica ?
les grappes de merisier font des bonds de sept mètres
nos merisiers portent des grappes d’enfants

est-ce enfin le soir en haut de votre Chêne ?
c’est l’aube dans l’enfer et le Chêne s’agite
pour saluer l’aube de ce siècle

Les Draps de l’Eté [Los Linçoùs de l’Estiu]

Nouvelle littéraire de Bernard Manciet, illustrée par Marcel
Saint-Martin
Abacus Editions, coll. Un temps d’arrêt, Biarritz, 1995.
Non paginé, 14 x 18,5 cm
Bilingue français/occitan

C

« Le jeune Guébriant me demandait en quoi pouvait bien consister le luxe dans nos Landes. Il suggéra, non sans impertinence : « La nourriture, sans doute… » Le mot lui-même évoquait, au bout de ses dents, je ne sais quelle vilenie. Je ne crus pas utile de répondre : « Notre luxe, c’est le linge », le plus beau du royaume, le plus subtil, selon la princesse des Ursins, qui s’y connaissait mieux que lui. Mais je faillis répondre : « La sieste ».

Éloge de la Rose [Laus de l’Arròsa]

Poème traduit de l’occitan par l’auteur.
(édition établie avec la complicité de Guy Latry ; contient un fac-similé de six feuillets du manuscrit)
Éditions L’Escampette (Bordeaux), 2e trim. 2003.
77 pages, 17 x 24 cm
Bilingue français/occitan

C E A

« Balbutiée mémoire par futurs
orage sur ton gouffre appuyée
quel dieu hormis ressoudain Rose !
sans cesse soudaine où l’arbre s’est fait ailes
et reflet vrai des sphères naissante déchirure
ruse de Rose où s’organise…
refus de toute face »

Elena [Hélène]

Roman traduit de l’occitan par Guy Latry.
Éditions Fédérop / Reclams, 2003
(EO : Jorn / Fédérop, 1992)
141 pages, 13,5 x 18,5 cm (couv. : sanguine de B. Manciet)
Bilingue occitan/français

C E A

« En vérité, c’était elle qui se laissait glisser. Il lui semblait qu’elle devenait extraordinairement légère et qu’on la portait. Pas elle. Plutôt sa robe longue sur les avant-bras, à la manière de la couturière qui vient livrer l’ouvrage bien repassé. Et cette robe, quelqu’un la promenait dans la maison, de salle en salle, et par les allées, dehors, le long de la lagune et des fougères, entre les arbres. Tout y avait l’éclat du cristal, comme s’il avait gelé. »

Les Émigrants ou Iphigénie devant la gare [Los Hòra-trèits o Ifigenia davant la gara]

théâtre, traduit de l’occitan par l’auteur

(pièce créée le 13 avril 1999 à Bordeaux)
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
non paginé, 17 x 24 cm (photographies de Bun Phannara)
Bilingue occitan/fançais

C E A

''« Le destin d’Iphigénie, la magicienne, veut qu’elle attire et sacrifie les émigrants poussés par la peur. Peuples des banlieues
désorientés, ou des pays qui les chassent, ils viennent échouer devant la gare où elle exerce ses pouvoirs. Les trains de nuit les emportent vers des destinations inconnues.''
Lorsque Iphigénie, parmi les suppliants, découvre son frère Oreste, elle le suit dans le malheur. Mais elle a vieilli. Le destin ne veut plus d’elle. Or, sans elle, plus de destinées. La porte de la gare reste ouverte sur la peur du vide. »

L’Enterrement à Sabres [L’Enterrament a Sabres]

Poème gascon et traduction française de l’auteur
Editions Ultreïa, Garein (Landes), 1989.
435 pages, 17 x 24 cm

bilingue français/gascon

C

''« Tends-moi cette main, que j’en lise les lignes. Le pouce, vois, c’est la côte cantabre, et jusqu’à l’index la côte landaise. Ici, regarde, tu as la Garonne, et l’Adour. Entre les deux, rien, sauf de la lande, de la forêt désertes. Sur ce rien, je vaticine.
Là subsiste, sache-le, une peuplade bafouée par l’Histoire. Moi, je lui donnerai mieux : de la légende. Elle parle, dit-on, un langage de brutes, inadmissible. J’ai voulu le faire chanter. On l’a considérée comme perdue, morte, avec sa langue, ses coutumes, sa foi. Je l’enterre, mais je l’enterre vivante.''
Rien. Mais toutefois assez de couleurs, celle des incendies, des nuages violents, des péchés truculents ; et assez d’ombres, celle des pluies interminables, des impénitentes superstitions, des secrets obstinés, pour que j’en gâche le mortier d’un cérémonial exagéré et absurde, puisqu’il va disparaître avec un peuple, avec son fatras magnifique. Prends garde : n’en sois pas trop sûr. »

La Façade des quais

Texte de Bernard Manciet, photographies de Vincent Monthiers
Editions Confluences, coll. « la forme d’une ville », Bordeaux,
1994.
38 pages, 11,5 x 18 cm
français

C E

« Longer la plus belle courbe de fleuve qui soit en France ; longer ainsi les berges encore sauvages de la Bastide, griffonnées de buissons, de broussailles, d’arbres contrefaits, se laisser emporter de reflets en reflets, cisaillés de traînées claires, de brêves risées, reflet du Palais Descas, qui vient se dédoubler en lambda à nos pieds, reflet d’une trouée de ciel, un peu plus loin, frémissante comme un peuplier… »

Le Grand Vent [La Ventòrla]

Poème traduit de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 2002.

30 pages, 14 x 19 cm (couv. : peinture de B. Manciet)
Bilingue occitan/français

C E

« ils disent : nous sommes l’épi la cime la fleur de l’arbre
nous devons à nous seuls d’exister
c’est nous qui répandons le pollen et le chant

et moi je vais vous faire chanter j’arrache
je déchire les hauts pins je me promène
et que crient les pins que hurlent les chênes
et meure ce qui meurt »

Impromptus

Poèmes traduits par l’auteur.
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1997.

77 pages, 17 x 24 cm (couv. : dessin de B. Manciet)
Bilingue français/occitan

C E A

« Jaspe noir que ce minuit
cette nuit toute une grappe
tourne et tourne sous la main
hanche lisse argile sombre
rôde encore svelte cruche
t’arrondis comme la paume
lune épaule épanouie
sois pavane lune noire
sur la pointe de ton pied
d’une paume sois la joue
et contre la joue oiseau »

Le Jeune Homme de novembre [Lo Gojat de noveme]

Roman, traduit de l’occitan par Guy Latry
Éditions Reclams / Escòla Gaston Febus, Pau, 1995
160 pages, 16 x 23 cm, couv. ill. photo NB
Réédition du premier roman de B. Manciet, paru en 1964 et qui constitua
le premier volet d’un ensemble romanesque complété par La Pluja (La
Pluie) et Lo Camin de Tèrra (Le Chemin de terre).
bilingue occitan/français

C E

''« Le soir tombe et il pleut. Cette pénombre qui convient à l’examen de conscience. Est-ce lui qui me vaut, après quarante années,
de trouver à ce roman, négligemment relu, un parfum de vague péché, péché de nostalgie et de faiblesse ? Ou peut-être ces personnages de crépuscule et de brouillard sont-ils venus là pour expier, de leur effacement, ma propension exagérée à la vie insolente, aux sons éclatants, aux couleurs brutales... Mais non. Ce soir encore la brume et la pluie gardent exactement le même goût qu’au Barrail. Ce livre fut sans doute écrit non avec l’esprit, mais avec la peau. Et la peau ne ment pas. » B. Manciet, 1995.''

La Maison de la Lande

Essai
(texte de Bernard Manciet, illustrations de Patrice Camus)
Editions In Octavo, Pau, 2003
141 pages, 24 x 22 cm, ill. dessins NB
français

C E A

« A travers ces diverses phases de préparation, la maison paraît donc liée à toutes sortes d’espaces, celui du territoire communal, du territoire familial, beaucoup plus étendu, à celui d’une région, où sont dispersés les ressources en matériaux, à l’inconnu des ouvriers transhumants, venus des Pyrénées ou du Massif Central. La maison ne fait qu’un avec l’horizon, soit qu’elle se protège par des zones d’alerte ; soit qu’elle s’appuie sur les grandes solitudes des vacants communaux ; soit encore qu’elle se modèle sur la ligne générale du paysage. »

Obéir

Nouvelle
Éditions de L’Atelier In 8 (Pau), juillet 2005.
14 pages,11 x 17 cm
français

C E A

« A.E.I.O.U.
Austriae est imperare orbi universa

Ainsi parla mon père quand il mourut. Il ne m’a laissé en héritage, gravé A.E.I.O.U., qu’un étui à cigarettes en argent. Je lui ai obéi : “Ne le perds jamais”.
Le Fedlwebel m’a attrapé par le col de la chemise. Il m’a presque déshabillé et a regardé la peau de ma honte. C’est à cet instant que l’étui à cigarettes est tombé sur le carrelage de la Kommandantur. »

Odas

Poésie
Editions Tribu, Toulouse, 1984.
130 pages, 10 x 28 cm (dédicace manuscrite de B. Manciet à B. Lubat)
bilingue occitan/français

C

« Un visage d’aigle, soudain, s’est échevelé face de taureau, et ailes qui marchent, par culbutes de grande lande, par regards et lentilles d’eau ; ailes de lande, bourrasque à quatre temps, et clairière fauchée. Un chêne enfin, densité de lumière, se répand corps immédiat. »

Palombes

Texte de Bernard Manciet, photographies d’Eric Audinet

Editions Sud Ouest, Bordeaux, 1990.
140 pages, 25,5 x 29 cm, ill. photos couleurs.
français

C E

« L’arbre, un rude, un « dur », s’est prit à claquer, à caracoler de peur, plutôt crépiter, et à flamber d’ailes implacables. La ruée, la razzia sur la foison de glands. On ne les entend pas même dégringoler, ils craquent, ils explosent doucement. Les palombes, ma paroles, les avalent par les ailes. Elles se cognent, elles s’entre-tueraient. Elles se massacrent. En tout cas, elles massacrent le chêne. Douces palombes.
Douces palombes, pourtant, au plumage subtilement dégradé de bleu, qui les fait ressembler au petit jour de nos contrées atlantiques, avec des touches de blanc éclatant, sur l’aile, un collier nacré, un bec précieux, ivoire, carmin. »

Pastel

Alchimie du bleu
Livre d’art
Texte de Bernard Manciet, photographies de alain Béguerie,
Philippe Soussens, Chabrely.com et Tim Clinch, aquarelle pastel et graphisme de Chabrely.com
Editions La Part des Anges, Pessac, 2001
96 pages (NP), 27 x 29,5 cm, ill. coul.
Texte français, traduction en occitan en fin de volume.

C E

« Il ne m’appartient nullement de révéler le nombre d’or du pastel. La mer Egée avec son semis de dieux sous le soleil, et celui de ses Iles bleutées, nous aurait-elle valu les antiques divinités d’or au nimbe bleu ? Comment la cuisse d’or de Pythagore s’est-elle incluse dans le regard glauque de la déesse ? Par quel mystère byzantin l’or de Sainte-Sophie s’est-il mué à Constantinople en l’azur aux mille nuances de la Mosquée Bleue, l’éblouissante ? »

Per el Yiyo

Théâtre, traduit et illustré par l’auteur.
(pièce donnée pour la première fois au Festival d’Eysines en 1987)
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1996.
95 pages, 17 x 24 cm
Bilingue français/occitan

C E A

Per el Yiyo est un hommage à José Cubero Sanchez, né en 1964 à Bordeaux. Magnifique torero, il fut tué dans l’arène le 30 août 1985 par le taureau Burlero.

« soir du plus grand été brisé sur le milieu
la route verte sur son milieu
lune d’un côté et de l’autre lune

et le four à pain rejette son feu
les pincette brûlantes dans le cœur — elles le sucrent
le font gicler et grésiller »

La Pluja & Lo camin de terra

Roman
Éditions Per noste, coll. Pròsa gascona, Orthez, 1976.
190 pages, 11,5 x 18 cm
Occitan

C E A

« … Alavets que parlèi a la mula, com en un gent. Dab mots aisits, paraulas simplas, dens la lenga bona de nóste. Li expliquèi có que avè a har. Li metoi la man suu son nas gris e blanc. L’èi hèita un chic arrecular, lentament, e arrecular un chic mès, pus embracar en culant dab lo risc tot versèssi dens un clòt. M’obeïva. E pus, com un còp de dalha en travèrs d’era e de jo tots dus amassa : “Foeita !” ce cridèi alavetz au còche, foeita hòrt ! E crivadi, e mula se portè tot lo bròs suu sec, dab jo tanben, estacat a l’escala. Eram negres de hanha… »

Poïésiques

Livre-CD : Bernard Manciet (textes) et Bernard Lubat (musiques)
Éd. Du Tilleul/Labeluz (Uzeste), novembre 2001.
Livret de 72 pages (textes et peintures de B. Manciet) et deux CD (56’15 et 60’57)
Occitan et français

C E A

Un livre, deux disques pour retracer, recréer un bout de ce chemin improvisé quinze ans durant par le musicien et le poète qui interpénètrent leurs souffles sur scène(s).
« Dans l’ombre, je n’existais plus. J’étais devenu une voix. Mais pas la mienne. À mon étonnement, j’avais retrouvé l’accent le plus rude et le plus âpre de ma Grande-Lande. La respiration de l’auditoire, je la sentais, je la prenais, je la perdais aussi, avec l’envie de laisser tout en plan… Mais j’avais pour moi, d’abord l’ascendant de Lubat et ensuite mon patois. J’avais reconnu ce souffle court et haché, un peu autoritaire, des foules de chez moi. Nous étions sur la même longueur de respiration… » (Bernard Manciet).

Pour l’enfant de Bassora [Preu còishe de Bassorà]

Poème traduit de l’occitan par l’auteur
Éditions L’Escampette, Bordeaux, 2003

30 pages, 14 x 19 cm (couv. : sanguine de B. Manciet)
Bilingue occitan/français

C E

« Tout juste une poignée de sable
une poignée de sel
une poignée d’écume
sur le petit de gazelle

une branche de pluie
une branche de rosée
de pleurs une branche
sur le petit de gazelle pâle

une plume deux plumes
une feuille qui plane
quelque neige qui vole
sur le petit de gazelle tout froid »

La Proie [La Preia]

Poéme, traduit de l’occitan par l’auteur.
Éditions L’Escampette (Bordeaux), 2e trim. 2004
44 pages, 14 x 19 cm
Bilingue français / occitan

C E A

« Ce livre, écrit en 1977 et resté inédit, évoque, par un feu d’artifice de métaphores, une relation amoureuse d’une intensité à la fois physique et spirituelle qui nous entraîne aussi bien vers un “combat avec l’ange” que vers des langueurs “fin de siècle”… » (note de l’éditeur)

« et surhaussant l’un par l’autre leurs sources
par l’éclaboussement de leurs gestes entre eux
pluies craquantes et Bêtes – pluies en ressuscité
corps d’un Patmos moitié obscur et déchiré
dont la parole s’encolère et se retourne la face
sauvage et qui le dieu ravive »

Prova [Poussière]

Poème
Editions Alain Sanchez, Libos (Lot-et-Garonne), 1978
22 pages, 24,5 x 32,5 cm (tirage : 50 ex., exemplaire n° 5)
bilingue occitan/français

C

« Arrivage d’une forêt
ton recul

lagune de reflets restreinte
lieu nul la lune extrême

au parfum de la neige je place
col de cheval – c’est boire l’ombelle

ma pluie est ton odeur
mer absentée sur la fleur du châtaignier

je chancelle dans ton ombre exacte
elle a la forme de mon coude

ta cendre adolescente mort de murmure
elle a l’haleine de l’oubli »

Rachou

Poésie, traduite de l’occitan
Éditions Atlantica, coll. Duende, Anglet, 2002
32 pages, 13,5 x 14,5 cm
Bilingue français / occitan
Préface de Guy Latry

C E

« La nuée sombre arrive
et tu n’as pas daigné danser
l’été tourne au malheur
ta lèvre noire ne l’a pas charmé
l’arène de bas en haut bat des ailes »

Sonnets

Poésie, traduite de l’occitan par l’auteur.
Editions Jorn, Montpeyroux (34), 1996

237 pages, 14 x 22 cm
Bilingue français / occitan

C E A

« Retourner seul en cette terre amère,
se savoir homme au prix de l’amertume,
amèrement n’aimer rien ni personne,
car tout n’est qu’ombre et même ta clarté. »

Strophes pour Feurer

Poème, traduit de l’occitan par l’auteur.
Editions L’Escampette, Bordeaux, 1995
non paginé, 14 x 19 cm, ill. photos couleurs (ph. : Claude Roy)
Français

C E A

« Pieuses sont les pierres car elles savent
nées de la nuit
savent la hauteur savent l’équerre
en elles enfouie et se divisent aux rayons de lune
car elles connaissent le face à face juste
et chaque face des dimensions
trahies aux seuls vigilants »

Le Triangle des Landes

Essai
Editions Arthaud, Collection « Pays », 1981
215 pages, 15,5 x 23,5 cm, ill. photos NB
Français

C

''« Pour la paix de tous les errants de ces landes et de celles de l’au-delà – à eux ce livre –, je n’aurai pas révélé, je pense, leurs refuges et leurs bauges ; non plus que les retraites, dans les landes d’Albret, où reviennent les loups ; celle du butor brameur, dans nos bourbiers ou, sur les grandes étendues, de l’antique vautour blanc. Avec insistance, le regard de l’Esprit des Eaux, qui se dissimule dans les alentours de Souprosse, a su me suivre, et celui du Blaireau à l’œil de Basilic, vers les landes du
Levant, celui de l’Ange Obscène, qui m’épiait de très haut, dans les parages de Lit ou de Gabarret ; j’ai veillé à ne pas les déranger. J’ai tenu à laisser, sans les trahir, les fils et les filles de nos anciens lignages, qui se souviennent des exploits d’autrefois sans jamais en rien dire, à leur couleur de sable et de marais, au petit peuple où ils se sont confondus et effacés. Pour tous ces autres, toujours aventuriers des Iles, des mers, des grandes cités, cette diaspora plus Landes que les Landes, ils me
sauront gré, certainement, de les avoir tus. Je ne sais que trop, désormais, combien notre durée, à travers les rafales et les siècles, peut devoir à l’obscurité, et aussi à l’obstination secrète de nos femmes. »''

Un hiver [Un ivèrn]

Récit en prose, traduit de l’occitan par l’auteur.
(cette édition propose le texte original en occitan et sa version française, telle qu’elle a été mise en scène sous forme de « poème pour voix et guitare » par G. Tiberghien et J.-C. Audouin au Théâtre d’Eysines en avril 1990).
Éditions Ultréïa (40420 Garein), nov. 1990.
66 pages, 17 x 24 cm
Bilingue français / occitan

C

« Il semblait que la mer, cet après-midi, craquait encore du froid de la nuit. Les vagues parlaient, d’une voix claire et simple, comme si de rien n’était par ailleurs. Là où, à ce qu’on dirait, elles se plaisent, avec leurs écumes allongées, frisées, nous nous trouvâmes par hasard à nous baigner. Nous ne nous connaissions pas. »

Les Vigilantes

Histoires traduites de l’occitan (traduction revue par l’auteur en
1998)

Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
100 pages, 14 x 19 cm.
Français

C E

« Ne lisez pas, Mesdames : il n’est ici question que de vous. Je vous ai mises, sachez-le seulement, en kaléidoscope, dans une époque de jeunesse exacerbée et d’aboyeuse post-occupation allemande. Après tous ces bombardements, il importait de vous reconstituer, engrenage à engrenage, et soupir à soupir. »

2. OUVRAGES COMPORTANT DES TEXTES DE B. MANCIET

Le Cuisinier Landais

Editions Confluences, Bordeaux, 2002.
255 pages, 14 x 21 cm
français

C E A

Ce recueil de recettes, des plus simples aux plus subtiles – publié pour la première fois sans nom d’auteur en 1893 – est un hymne aux plaisirs de la table et la consécration de ce qui fait la richesse de la cuisine et de la civilisation traditionnelles des pays landais. Cette nouvelle édition est précédée de « Lettres à mon gendre » et « Nouvelles lettres à mon gendre » de Bernard Manciet (pp. 9-36).

Garonne en pays girondin. De Hure à Cordouan

Editions La Part des Anges, Pessac, 2000.
NP, 28 x 28 cm, ill. photos NB
français

C E

Textes de Jacques Abeille, Dominique Pénide et Michel Serres
Poèmes de Marc Blanchet, Hölderlin, Bernard Manciet et Noir Désir
Photographies de Jean-Louis Burc, Jean-Luc chapin et Jean-Bernard Fabre.

Le texte de Bernard Manciet, intitulé « Vivante Garonne » est celui qui clôt le livre.

« Et puis, tout à coup, elle se laisse découvrir, limpide, étale, et se mire dans son propre miroir. Des pans de vase, sur la berge, prennent l’éclat du mercure. Elle se complait dans ses reflets cassants, qu’elle déplace et remet au point. Par gestes cérémonieux, elle efface leur buée. Elle les cisaille, et les brusque pour s’y noyer, s’éblouir. Elle se veut belle. »

Le Sel

Editions Le Bleu du ciel, Bordeaux, 1997.
138 pages, 12 x 18,5 cm
bilingue occitan/français

C E A

Recueil de nouvelles de Bernard Manciet (« Le Sel », pp.7-65), Onuma Nemon (« Roman ») et Bernard Noël
(« Le tu & le silence »), publié dans le cadre de « L’été du livre en Gironde ».

« Ils étaient jeunes. Ils titubaient de jeunesse. Ces deux-là, ce soir, songeaient au lac de chez eux, aux oiseaux qui le frôlent, aux flûtes tristes dans l’obscurité. Ce printemps leur serrait le cœur, un printemps à faire peur : ils ne voulaient plus continuer de la sorte. Il les avait conduits jusqu’aux sources de la parole. »

3. AUTOUR DE BERNARD MANCIET

Bernard Manciet / Le feu est dans la langue

[Annales de la littérature occitane n° 2]
Editions CELO / William Blake & Co., 1996
240 pages

C E A

Les 20 et 21 novembre 1992, les meilleurs spécialistes de la littérature occitane, réunis à Bordeaux, ont procédé à une première analyse d’ensemble de l’œuvre de Bernard Manciet. Ce sont leurs contributions qui sont ici proposées, accompagnées par une bibliographie établie par François Pic. Les textes sont rassemblés et présentés par Guy Latry.

Entre Gascogne et Provence. Itinéraire en lettres d’Oc

(Jean-Luc Pouliquen)
Entretiens avec les poètes Serge Bec et Bernard Manciet
Editions Edisud, Aix-en-Provence, 1994
158 pages
français et occitan

C E

Entretien croisé entre Serge Bec, Bernard Manciet et Jean-Luc Pouliquen. Suivi d’un choix de poèmes et de texte de Bec et de Manciet (pp. 134-154) et d’une bibliographie.

4. DIVERS

Sonnets gascons (André du Pré)

Poème d’André du Pré, traduits en langue française par Bernard Manciet
Barnabooth et L’Horizon Chimérique, 1988

non paginé, 14 x 19 cm (tirage : 500 exemplaires)

C E

Récital Poïésique
B. Lubat & B. Manciet
(5 juin 2004)


à propos de l'inauguration de la Maison de la Mémoire en Marche :

...le silence du village n'offre rien de beaucoup plus engageant que son tapage.
Bernard Manciet
Le Triangle des Landes


Les souffles croisés de Lubat et Manciet ont souvent travaillé ce silence, à Uzeste ou ailleurs. Ils l'ont invoqué, défié, déformé, poétisé, trivialisé, empli de murmures et de cris dont l'écho hante encore le parvis muet de la Collégiale uzestoise ou les rives bordelaises de la Garonne (... corne sur le fleuve d'une cité de pierre de lune).

Le 8 mai 1998, pour les 1ères Assises de la Mémoire en marche, le duo éclaira d'un «Récital poïésique» le café L'Estaminet. Manciet y fut le feu, Lo huec... «vous inclinez les feux source après source / il n'est plus au ciel brûlant qu'une araignée / en fleur / Je suis ce Taureau que l'on dévore vif / je meugle cent nuits.» Six ans ont passé, pendant lesquels le musicien et le poète se sont à nouveau croisés, rencontrés, admirés, ignorés, écoutés, (des)mêlés, construits et déconstruits, sur scène ou ailleurs.

Entre-temps les éditions Du Tilleul publiaient Poïesiques, livre-disques pour retracer un peu de ces chemins improvisés quinze ans durant par deux hommes «sur la même longueur de respiration».

Entre-temps la Mémoire en marche est devenue maison, la maison librairie, et aujourd'hui bibliothèque. Les œuvres de Manciet et Lubat y sont en bonne place. Elles n'y sont pas figées, elles sont là pour circuler, aller de mains en mains, de regards en écoutes, ensemencer lecteurs et auditeurs.

En 1997, Manciet affirmait (à propos des «puristes» de l'Occitan) : «Je suis un renard de la langue et avant d'arriver à faire rentrer un renard dans une cage...» Si nous l'accueillons à nouveau, ce n'est pas pour le faire entrer dans une cage, lui faire admirer la ligne droite des étagères où reposeraient ses livres (dont aucun n'est de tout repos, un Grand Vent souffle même sur Les Draps de l'été). Si nous tenons à marquer l'inauguration de la bibliothèque par un nouveau «Récital poïésique», ce n'est pas pour donner à entendre la ressucée d'un ancien spectacle...

«Mémoire en marche» : l'expression est de Bernard Lubat. Contradiction, contre-diction ou peut-être contraction (d'un corps en devenir) ? Cela sonne comme un défi à l'ignorance, une invitation à l'invention... Lubat et Manciet travaillent une mémoire qui vaut par ce qu'elle active aujourd'hui, le passé – le leur, le nôtre, histoire de la musique des mots des corps des territoires – est là pour être questionné, réinventé, dépassé, (p)réoccupé.

Nous vous invitons à venir les écouter ici et maintenant, dans une maison dédiée aux livres, aux écrits, à la poésie, à la parole, à la mémoire... vivante. Une maison située en Occitanie, mais pas seulement, une librairie-bibliothèque et plus encore. Une maison qui tente de rompre un peu de ce silence tapageur qui parfois envahit le village... et au-delà.

Corinne Chiaradia

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