|
Commander
Horaires
Mercredi 10h-13h et 15h-19h
Vendredi 15h-19h
Samedi 10h-13h et 15h-19h
mmm.uzeste@wanadoo.fr
|
Lectures d'Octobre
tous les week-ends d'octobre 2004, à la Maison de la mémoire en marche, lectures improvisées dans l’urgence et le désir
|
|
Cheyenn Autum
poèmes de Gaston Puel
La Faute à Ferré
récit de Lionel Bourg
Ni pillard, ni fuyard
poèmes de Antjie Krog
Résistance
61 messages personnels présentés par Patrick Cahuzac
Sens dessus dessous. L’école du monde à l’envers
essai d’Eduardo Galeano
Terre & L’Homme qui penche
poèmes de Thierry Metz
Vent fou me frappe
poèmes de Mwènè Gabriel Okoundji
Un grand merci à :
- Alain Blanc (éd. Voix d’encre),
- Christine Laudrin (éd. Inventaire/Invention),
- Bernadette Paringaux (éd. Fédérop),
- Didier Periz (éd. Pleine Page et Opales),
- Marie Claude Rossard (éd. Le Temps qu’il fait),
- Claude Rouquet (éd. L’Escampette),
- Juliette Volcler et la coopérative de diffusion Co-errances
- et à tou(te)s celles et ceux qui du mot, du geste, de la voix et de l’huile de coude ont encouragé la réouverture de la Maison de la mémoire en marche
|
"Preuves à l’appui" (les mots à l’œuvre)
Dans la nuit du 21 au 22 septembre, la librairie-bibliothèque uzestoise a été vandalisée, vitres cassées, volets tagués. Pourquoi ? Par qui ? Les gendarmes mènent l’enquête et nous ont suggéré une piste : nous serions-nous rendus coupables d’incitation au "crime" par la diffusion d’écrits par trop subversifs ? Question de la maréchaussée : "C’est quoi les livres que vous vendez ?" Perplexité de l’enquêteur quand il lui fut répondu : "De la poésie monsieur..."
Comme nous doutons fort que nos agresseurs soient de grands lecteurs, nous nous proposons donc de leur renvoyer la politesse et d’éclairer les lanternes en diffusant, ce jour et tous les week-ends d’octobre à venir, des preuves de notre culpabilité – autrement dit : de large extraits - dits, lus, entendus - des livres accueillis à la MMM. Nous voulons donner à entendre des "mots à l’œuvre", qu’ils soient poétiques, politiques, romanesques, occitans, français, débonnaires ou militants, avec ou sans accent...
Depuis quinze jours, nous avons reçu de nombreux soutiens, parmi lesquels ceux d’auteurs et d’éditeurs mis à contribution pour cette journée. Certains sont représentés ici depuis plusieurs années, d’autres nous ont rejoint récemment. Tous seront nos passeurs de témoins pour ces lectures puisque nous leur avons demandé de choisir "leur" livre le plus approprié aux circonstances.
 L’idée est de rendre palpables les liens sensibles qui parcourent la fameuse "chaîne du livre" par-delà le sens étroitement économique que l’ont donne habituellement à cette expression.
Les livres ou les auteurs élus n’ont pas forcément un "rapport" évident avec les actes commis, le seul lien utile, indispensable, est celui du contre-feux ou du contre-pied, de la littérature, de la poésie, de l’intelligence, de la subjectivité, du questionnement du vivant par l’écrit, l’artistique...
Une sorte de réponse en forme d'espoir en marche, dont l'humour, même noir, n'est pas exclu...
Corinne Chiaradia & Martine Bois
pour les administrateurs, bénévoles, adhérents, lecteurs, amis et passeurs de la MMM
|
Gaston Puel Cheyenne Autumn
Poèmes de Gaston Puel, peintures de Bruno Foglia
Ed. Voix d’encre, mars 2003, 64 pages, 16 x 24 cm, 15 €
lecture recommandée par Alain Blanc
« Un tel recueil constitue, pour les Cheyennes, les Occitans, comme pour les victimes de toutes sortes d'oppression, un manuel poétique de résistance et de mémoire... »)
|
Nous voulions changer le monde.
Nous ne savions pas
Qu’il changeait sans nous.
Maintenant nous sommes plus près de nos morts,
Nous comptons les espèces disparues,
Les traditions perdues…
Salut, Cheyennes !
Salut à vous dans le souffle du dernier bison.
|
 « En chemin », avec Gaston Puel...
... Ou toute une vie en poésie et consacrée à la poésie. Pour qui ignorerait le poète et l’éditeur, je crois qu’il convient - même brièvement - de le situer en espérant aiguiser votre curiosité. Lié d’amitié avec André Breton, Gaston Puel quitta le groupe surréaliste en 1950 (mais l’attachement entre les deux poètes ne fut jamais rompu). Après un séjour en sanatorium, il s’installe définitivement à Veilhes. Il y crée son atelier d’imprimerie. Il y éditera des livres à tirage limité, y fondera, sous le signe ascendant de son ami René Char, la collection « la Fenêtre ardente ». Pour ses éditions, il bénéficiera de la signature de peintres et graveurs (et amis) qu’il suffit de citer pour témoigner de « l’or du temps ». Ils ont noms Hans Bellmer, Max Ernest, Hans Arp, Raoul Ubac, etc. De Joë Bousquet à Jean Rousselot, en passant par Pierre Della Faille et Jean Malrieu, Gaston Puel fut un passeur des mots essentiels. Les siens sont aussi de cette grande lignée. Poète d’aujourd’hui et de demain, Puel est celui de la condition humaine, qu’elle nous émerveille ou qu’elle nous accable. Du Chant entre deux astres à Cheyenne Autumn, de Seuil de source à La Nuit plus loin. Rien que les titres nous convient à la lecture de ce que nous sommes.« C’est le moment de dire notre saveur mortelle. »
(Claude Kottelanne)
Éditions Voix d’encre - BP 83 26202 Montélimar cédex
Lionel Bourg La Faute à Ferré
Ed. L’Escampette, juin 2003, 40 pages, 14 x 19 cm, 6,00 €
lecture recommandée par Claude Rouquet
|
J’avais quinze ans. Seize peut-être. Ou dix-sept… L’âge où Rimbaud fracasse l’ennui des jeunes gens, renversant tables et pupitres. Des Meaulnes échevelés poursuivaient la chimère, des aventuriers au grand cœur, le regard assassin, bondissaient sur les écrans avec l’insolente beauté de James Dean ou de Gary Cooper.
Dans ma chambre, étendu à même le plancher, je regardais les murs : tapissés d’un papier peint stupide, ils ressemblaient chaque jours davantage aux prairies fanées de l’enfance, aux champs de fleurs flétries où s’éteint la jeunesse. Il faisait froid. Les vitres se couvraient de fougères.
|
 « Léo Ferré est mort le 14 juillet 1993. Il y aura bientôt dix ans.
Ce livre n’est pas à proprement parler un hommage, encore moins une hagiographie. C’est le constat rigoureux de l’influence qu’un artiste hors normes a pu avoir sur toute une génération, née entre 1940 et 1960. Influence qui s’est ensuite propagée bien au-delà de cette génération. Ce livre marque aussi le vide immense laissé par Ferré, nullement remplacé aujourd’hui ; Ferré qui pourrait bien retrouver une nouvelle actualité car rien de ce qu’il dénonçait n’a changé. C’est aussi un texte sur la poésie, sur l’amour, sur l’engagement. Qui, mieux que Lionel Bourg, pouvait signer ce merveilleux aveu de fidélité ? » (4e de couverture)
Né en 1949 dans la Loire, Lionel Bourg vit à Saint-Étienne. Enseignant jusqu’en 1989, il se consacre depuis entièrement à l’écriture. Il a publié de nombreux ouvrages de proses – principalement chez Cadex (Les Montagnes du soir, 2003), mais aussi aux éditions Fata Morgana (Jardin de poupées, 2003), Jacques Brémond, L’Escampette (Quelques ombres portées, 2004), Paroles d’aube… dont l’auteur dit que « ce sont des rêveries, des méditations autobiographiques qui abordent les paysages des montagnes du Forez, qui tournent autour de l’enfance, des mots. C’est en quelque sorte un rapport de dissidence que j’ai avec les mots ».
Éditions L’Escampette - 5 rue Rampes 86300 Chauvigny - http://www.atheles.org/lescampette/
Antjie Krog Ni pillard, ni fuyard
Poèmes 1969 - 2003
Choisis et traduits de l’afrikaans par Georges-Marie Lory
éd. Le temps qu'il fait, avril 2004, 124 pages, 14 x 19 cm, 14 €
lecture recommandée par Marie Claude Rossard
|
au début voir
c’est voir pendant des siècles
la tête pleine de cendres
sans oxygène
sans antennes
voir nécessite enfin le mot approprié
et l’œil tombe dans la plaie en furie
écoutez ! écoutez la montée de la langue humaine
dans son crâne doux et vulnérable
écoutez les voix multilingues du pays
chacun baptisé dans une syllabe de sang
ce pays appartient aux voix qui l’habitent
dépose le pays au pied des récits
de safran et d’ambre
d’outrage et de cheveux d’ange
d’honneur, rosée et fil de fer
(extrait de : « Pays de chagrin et de clémence »)
|
 « Née en 1952 dans une famille de fermiers afrikaaners nationalistes, Antjie Krog est enseignante, mère de quatre enfants. Elle s’est fait connaître par des poèmes à la fois rugueux et riches en métaphores, où l’engagement politique et le féminisme ne se départissent jamais d’un amour profond pour ses proches et pour les paysages de son pays. Mais Antjie Krog n’a pas l’audace gratuite. Elle vit profondément ses aspirations, ses colères et ses joies. Inlassable, elle écrit comme si la révolte devait s’exprimer tous les jours de l’année. Elle a publié dix recueils (Ni pillard, ni fuyard rend compte de la diversité de ses textes de 1969 à 2003) et se taille depuis les années 1990 une place à part dans la littérature afrikaans. A l’instar de ses aînés André Brink et Breyten Breytenbach, Antjie Krog démontre que l’écriture est à la fois survie personnelle et arme de combat universelle. Elle y ajoute une passion pour la culture des Sud-Africains noirs qui remonte à ses années d’enfance. » (extrait de la préface de Georges-Marie Lory)
Éditons Le Temps qu’il fait - 31 rue de Segonzac 16100 Cognac - TQF@wanadoo.fr - http://www.letempsquilfait.com
Patrick Cahuzac Résistance
61 messages personnels présentés par Patrick Cahuzac
éd. Inventaire/Invention, mars 2003, 71 pages, 5 €
lecture recommandée par Christine Laudrin
|
- L’étoile filante repassera
- Le manchot la serre dans ses bras
- La belle aussitôt la suit
- Il est temps de cueillir nos tomates
|
 « Il y a quelques années, j’ai recueilli ces “messages personnels” transmis par la BBC à la Résistance française. La simplicité de ces phrases me fascinait. Ce qui me plaisait était là, sous mes yeux, c’était cette tension même, née d’une phrase insignifiante de légèreté et signifiant pourtant l’acte le plus lourd de sens, celui du refus d’un ordre tyrannique, de l’engagement, du combat, un acte de résistance, resté la plupart du temps connu de ceux-là seuls qui l’accomplissaient. Ces phrases, ces “messages” d’un autre temps, gardent leur mystère et leur infinie poésie. Ce livre n’est qu’une invitation à ne pas les oublier. Il est évidemment dédié à tous les résistants. D’hier et d’aujourd’hui. » (extrait de la postface de P. Cahuzac)
Écrivain, Patrick Cahuzac est notamment l’auteur de Parole de singe et de L’Énergumène (romans, Gallimard). Lauréat des Villas Médicis et Kujoyama, il dirige depuis 1999 Inventaire/Invention, pôle [multimédia] de création littéraire,.
Inventaire/Invention - Parc de la Villette 211 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris - http://www.inventaire-invention.com
Eduardo Galeano Sens dessus dessous - L’école du monde à l’envers
Traduit de l’espagnol (Uruguay) par Lydia Ben Ytzhak
Illustrations de José Guadalupe Posada
Ed. Homisphères, septembre 2004, 355pages, 14 x 19 cm, 20 €
lecture recommandée par Co-errances
|
« Il y a cent trente ans, après avoir visité le pays des merveilles, Alice traversa le miroir pour y découvrir le monde à l’envers. Si Alice revenait de nos jours, elle n’aurait nul besoin de traverser un miroir : il lui suffirait de se pencher à la fenêtre. […] Le monde à l’envers nous apprend à subir la réalité au lieu de la changer, à oublier le passé au lieu de l’écouter et à accepter l’avenir au lieu de l’imaginer : ainsi se pratique le crime et ainsi est-il encouragé. Dans son école, l’école du crime, les cours d’impuissance, d’amnésie et de résignation sont obligatoires. Mais il y a toujours une grâce cachée dans chaque disgrâce, et tôt ou tard, chaque voix trouve sa contre-voix et chaque école a contre-école. »
|
 Eduardo Galeano, né en Uruguay en 1940, écrivain et journaliste, est l’une de ces voix d’Amérique latine qui n’a jamais cessé de s’engager aux côté des oubliés, des disparus, des offensés en faveur de l’émancipation et de la dignité. Sens dessus dessous, qui dresse le portrait d’un monde renversé « où le vrai est un moment du faux », est un essai inclassable, mélangeant la politique, la poésie et l’humour. Sous la forme d’un acte de transmission qui libère et valorise la parole, Eduardo Galeano nous livre un témoignage à trois dimensions, illustré par les dessins de Posada : pédagogique pour le travail de mémoire, politique pour résister contre l’oubli et poétique pour lutter contre le mensonge. (4e de couveture)
Co-errances coopérative de diffusion - 45 rue d’Aubervilliers 75018 Paris - contact@co-errances.org - http://www.co-errances.org
Thierry Metz Terre & L'homme qui penche
Ed. Opales / Pleine page, 1997 (rééd. mai 2000)
12 x 18 cm, 81 pages, 11,43 €
lecture recommandée par Didier Periz
|
Il n’y a que des pas. Des pas derrière moi.
En reste.
Ici, dans l’argile encore fraîche qui m’a lié au chemin.
Mais souvent ce mot va au feu. Très loin dans la chaleur. Dans ma voix il durcit. Alors dans l’achèvement il n’est plus qu’une tuile. Il couvre. Il préserve. Il protège. D’un autre feu.
Plus froid.
Je ne vis qu’en ce que j’ai à écrire. Ou, différé par mon silence : habiter. Là où je ne resterai pas.
Quelques pas hors de moi.
Jusqu’à toucher la haie.
|
 « Thierry Metz a décidé de quitter ce monde le 16 avril 1997.
Né le 10 juin 1956 à Paris, il s'installe à 21 ans avec sa femme dans une maison, près d'Agen, le long de la Nationale 113. Il exerce des travaux de manœuvre de chantier au gré des saisons pour gagner sa vie.
C'est le soir et entre ces périodes de chantier qu'il se livre à l'écriture. Autre chantier que celui des mots avec lesquels il construit un univers lumineux de simplicité et de justesse. C'est auprès de Jean et Odile Cussat-Blanc qu'il trouvera un premier accueil dans les pages de Résurrection. Il sera ensuite reconnu plus avant dans le monde de la poésie et des éditeurs. Il obtiendra le prix Voronca en 1988 et publiera plusieurs recueils et volumes dont Le Journal d'un manœuvre qui connut les échos les plus favorables. Anne-Sophie Migné lui a consacré des pages dans sa thèse de lettres modernes Résurrection, 1941-1992
Avec lui disparaît une voix de la poésie qui n'aurait cessé de grandir et reste déjà irremplaçable. (Pierre Kobel)
Ed. Opales - Rés. Compostelle M14D 33600 Pessac - editionsopales@wanadoo.fr - http://editionsopales.free.fr
Pleine Page - 12 rue Jacques Cartier 33000 Bordeaux - pleinepage@wanadoo.fr - http://www.pleinepage.com
Mwènè Gabriel Okoundji Vent fou me frappe
poèmes
Ed. Fédérop, septembre 2003, 15 x 21 cm, 102 pages, 13 €
Lecture recommandée par Bernadette Paringaux
|
« J’aurais voulu être de la race des Seigneurs, lesquels ne savent pas pourquoi la terre tourne, mais qui la font pourtant tourner à l’heure d’être Homme. La parole essentielle aura été dite par l’Homme qui remue la forêt. Si ce que tu as hérité de tes pères, est un chant mélodieux qui annonce le crépuscule de l’existence, n’hésite pas. Il faudra le chanter dans sa splendeur, à la saison de pluie, à la saison sèche, à l’abri d’un jour d’épuisement. Je tente de nommer, à l’aide du poème, le lieu par où séjourne la lumière – la lumière a horreur des ruines –, de dire, à défaut de traduire, le symbole précieux de la parole plongée dans les dédales de la mémoire des hommes. L’intimité du fond de l’âme de mes écrits poétiques ne résulte pas d’une démarche libre, visant la recherche délibérée de l’intériorité. Elle s’impose comme une nécessité impérieuse. Je suis condamné par ma propre liberté, celle de quelqu’un, né sur une terre sans mémoire écrite, qui a entendu de ses pères, de ses mères, de ses aînés – ai-je vraiment entendu ces paroles ? – et qui veut transmettre le signe et la métaphore, le symbole et le proverbe, dans la grandeur de la parole. La terre de Mpana n’a que le souffle de sa lumière et tout le monde sait que la lumière est difficile à apprivoiser. » (extrait de « Le poème et sa mémoire »)
|
 Depuis Cycle d’un ciel bleu, son premier livre, Mwènè Gabriel Okoundji chemine avec rigueur sur les sentiers d’une voie importante et authentique en poésie. Il est aujourd’hui une figure marquante de la nouvelle génération de poètes africains. L’auteur a été traduit en occitan, collabore à différentes revues et a reçu le prix Pey de Garros. Il participe, par ailleurs à des expériences artistiques avec des peintres, des comédiens et des musiciens. Mwènè Gabriel Okoundji est né le 9 avril 1962 en terre Tégué, à Okondo-Ewo (Congo-Brazzaville). Cette terre qui a fait de lui un obstiné de la quête poétique qu’il mène, loin de ses racines, comme une difficile mais nécessaire conquête d’un don. Un long cheminement dans l’intervalle entre le mot et la mémoire. C’est une poésie que cherche à nommer, à dire, à traduire pour le compte de tout mortel l’essentiel du signe logé dans la coquille de l’énigme existentielle. (4e de couverture)
Éditions Fédérop - Le Pont du Rôle 24680 Gardonne - editions.federop@wanadoo.fr
programme inachevé, en cours de poursuite…
|