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la Maison de la Mémoire en Marche, diffusion d’écrits subversifs

"Le festival d'Uzeste et la Compagnie Lubat, 1978-1990"

Uzeste Musical
débute en histoire :
premiers défrichages...

Mémoire de maîtrise en histoire culturelle. Philippe Ogilvie


Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne.
Centre d'Histoire Sociale (CHS)
directeurs : Pascal Ory et Pascale Goetschel

Carrefour, lieu de rencontres et d’échanges, le festival d’Uzeste est la partie émergée d’un projet plus global de création artistique, de transmission pédagogique et d'animation culturelle en milieu rural : Uzeste Musical. Ce projet trouve dans le festival estival un pivot essentiel, une sorte de rendez-vous de tous ses partenaires, un chaudron d’émulsions artistiques et réflexives. Bernard Lubat et sa Compagnie transportent leurs pratiques aux quatre coins de la France, de l’Europe et du monde, mais leur "épicentre de base" se situe à Uzeste. "La Cie Lubat créé le Festival Uzeste Musical, le Festival Uzeste Musical sécrète la Cie Lubat". Il y a là une intrication inhérente à cette histoire. C’est la Cie Lubat qui dirige le festival et mène le projet et qui, par ses activités extérieures, engrange l’argent nécessaire à toute sa conduite. Il faut donc impérativement resituer le festival dans le contexte plus global des activités de la Cie Lubat à l’extérieur et des autres manifestations qu’elle organise sur le terrain (Noëls, Carnavals, concerts…)

Sur les pratiques de la Cie Lubat, il y a là déjà lieu à de nombreux développements. Celles-ci ont pour socle commun, hérité du jazz, l’improvisation. L’improvisation non seulement musicale mais aussi "pluri-(in)disciplinaire et non étanche" convoquant de multiples autres disciplines artistiques. Atypiques, déton(n)antes, elle ne cessent de surprendre et de susciter les enthousiasmes. Elles s’accompagnent d’une réflexion incessante et aiguisée sur les cadres du spectacle vivant plus particulièrement, mais surtout sur les interactions entre l’art, la société, la politique, et enfin la vie dans sa globalité. Ces réflexions s’expriment à travers les créations de la Cie Lubat mais aussi dans un discours que nous qualifions de « lubatuzestien ». Celui-ci aussi singulier que ces pratiques évolue et s’approfondit avec l’expérience du festival et en retour définit, commente et construit le projet Uzeste Musical en un mouvement d’interaction indémêlable. C’est tout cela qu’il faut voir derrière le festival estival, mais aussi dans chacune des manifestations que la Cie Lubat organise : échanges et confrontations pluridisciplinaires, recherche et expérimentation en "expression artistique vivante" et en "art de la diffusion de l’art". Chaque manifestation s’articule sur ces réflexions et tous, organisateurs comme invités, s’y investissent fortement, et luttent tenacement pour sa survie. Malgré les difficultés et les oppositions qu’il rencontre ce projet se développe : depuis la naissance de l’orchestre de bal des papés Lous Pignadas jusqu’au projet de Villa(ge) Médicis.

En raison de la complexité du sujet abordé, de la lourdeur du défrichage et du dépouillement des sources, cette étude a peu à peu accentué son caractère monographique, aussi la réinscription de cette histoire plus particulière dans son contexte n’a pu être mise en oeuvre dans toute son ampleur et, si l’exposé, l’analyse et la compréhension y perdent de la profondeur et des clés de lecture je le déplore grandement. Cette étude, qui s’inscrit néanmoins dans une démarche globale d’histoire culturelle, s’attache surtout à démêler une histoire interne riche et complexe, foisonnante. Le festival d’Uzeste n’ayant pas encore été traité en tant qu’objet d’histoire1 un des objectifs principaux de cette étude est d’en faire le récit chronologique de 1978 à 1990.
1 - Il a par contre été l’objet
de plusieurs études lors de
mémoires en sciences politiques,
DESS d’administration culturelle,
de cultures et patrimoines...
dont il est fait état dans la
bibliographie sous la rubrique
« travaux universitaires
inédits sur Uzeste ».

“Il était une fois un enfant du pays”... Préhistoire et généalogie du festival s’inscrivent dans le parcours personnel de Bernard Lubat enfant, puis musicien poly-instrumentiste et improvisateur. C’est lors de ce parcours que s’accumulent les matériaux avec lesquels il développera une expérience de création collective : la Cie Lubat puis le festival d’Uzeste. Cette partie est fondamentale pour la compréhension de toute l’histoire du festival et du projet “Uzeste Musical”. A travers ce parcours, nous voyons d’emblée combien, avec la création de ce festival mais aussi avant, avec sa Cie Lubat, les pratiques de Bernard Lubat détonnent dans le paysage musical français.

La suite de l’exposé s’articule sur les temps forts, les ruptures, de l’histoire du festival. Une première période, de 1979 à 1985, est identifiée, durant laquelle autour du festival d’Uzeste, « Uzeste Musical » s’étoffe et affirme ses ambitions ; il prend sa véritable dimension de projet d’animation culturelle locale. Le festival estival, qui demeure en quelque sorte l’articulation du projet, s’étoffe aussi. On dégagera les articulations de son évolution et les éléments (jalons, innovations et traditions) qui contribuent à construire son identité. Une attention particulière sera accordée à l’année 1982, un temps fort de cette évolution et de ces développements. En 1985 se trouve une rupture clairement identifiable : la première association du festival (« Uzeste Musical ») meurt.
1985, « Uzeste Musical » est mort « Vive Uzeste Musical », ainsi est intitulée la nouvelle association, l’équipe d’Uzeste Musical n’abandonne pas et redonne un nouvel élan à son projet en danger. Là encore c’est le cadre structurel qui délimite la période. Après 1988 d’autres structures prennent le relais. Durant ces quatre années, Uzeste Musical continue à se développer, le festival estival aussi. Nous analyserons les ressorts de ce rebondissement ; mais aussi le nouvel essor de la Cie Lubat dans ses activités à l’extérieur, et la manière dont elle construit peu à peu des structures solides de gestion et d’administration. 1987 et 1988 sont deux années de « non festival » ; la lutte de « Vive Uzeste Musical » se fait plus aiguë, le discours et les projets s’affinent.
La richesse des propositions et réalisations de cette période nécessitent de faire à cet endroit de l’étude un bilan et un regard rétrospectif sur l’ensemble des structures du festival et du projet lubat-uzestien. Cette partie plus thématique développe les principales caractéristiques de l’histoire structurelle du festival et éclaire ainsi les années antérieures à propos desquelles cet aspect n’avait été que peu évoqué. Y sont exposés surtout les étapes et le processus de construction des nouvelles structures qui servent de nouvelle base pour la reprise du festival en 1989 et 1990 et pour la signature de la convention triennale de 1990. Parallèlement à cette construction structurelle nous verrons que « l’idiome lubat-uzestien » progresse et se fixe en plusieurs étapes de conceptualisation.
1989 et 1990, dernières années de cette période, constituent un ensemble à part entière de par le renouveau qu’on y observe. Les deux éditions du festival se déroulent sous l’égide d’une nouvelle association : « Festival d’Uzeste Musical ». Et l’ensemble structurel d’Uzeste Musical est entièrement réorganisé. 1989, l’année du bicentenaire de la Révolution française, voit le dixième anniversaire, par deux fois reporté, souffler enfin ses bougies. Années révolutionnaires ? Révolution au village : les élections municipales chassent une équipe en place depuis 1977 et ouvertement hostile et tracassière vis-à-vis du festival, pour porter au conseil municipal une équipe qui lui est éminemment favorable. « Révolution en dansant » le Conseil général de la Gironde confie à la Cie Lubat la manifestation officielle de commémoration du Bicentenaire de la Révolution française. En 1990 à la veille de son festival, la Cie Lubat signe une convention triennale avec le ministère de la Culture, le Conseil général de la Gironde, le Conseil général des Landes et la commune d’Uzeste. La conjoncture devient donc lors de ces deux années plus favorable. On verra les répercussions de tous ces changements sur la conduite du festival estival et sur l’ensemble du projet Uzeste Musical.
Volume I
(intro, chapitres I à V, conclusion) format PDF. 1,7Mo
Volume II
(biblio, sources & annexes) format PDF. 260Ko

Qques adresses :


Documents

Plans et cartes

Programmes

Idiome Lubat-uzestien, invités " co-théorisateurs"

Documents publiés par le festival sur son histoire

  • Page "Culture Tourisme Loisirs" du Journal-programme 1986, histoire d'Uzeste et de l'Estaminet, annexe 28
  • Liste "non exhaustive" des tous les artistes qui ont participé aux diverses manifestations de l'équipe UM/Cie, Journal-programme 87, annexe 29
  • Chronologie des principales créations ayant pour cadre le festival ainsi que les créations les plus marquantes de la Compagnie Lubat, "ambassadrice de notre région" à l'extérieur, annexe 30

Synopsis de spectacles

Reportages photographiques

Convention

  • Texte retranscrit de la Convention entre l'Etat (ministère de la culture, de la communication, des grands travaux et du bicentenaire, le département de la Gironde, le département des Landes, la Commune d'Uzeste et la SCOPA Cie Lubat, signée le 6 juillet 1990 à Uzeste, pages 1/2, annexe 36
  • Programme de la manifestation organisée à l'occasion de la signature, annexe 37
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