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 UZ & COUTÛMES

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théâtre du bitume en trois actes et un chaos
Kinshasa
Clowns sans frontières, 2008
Si un jour tu meurs
théâtre pour une rue
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danse théâtre pour une ville et un littoral
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actions d’art en milieu scolaire II
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actions d’art en milieu scolaire III
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Matières / pensées

Nous sommes des survivants
réflexions non définitives, en direct d’Alger, mars 2004
Ce théâtre est à vendre
écrit sur la crise. Août 2007
L’éducation artistique
interrogations sur le fond de la chose , 2003

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Cie Uz & Coutume
Direction artistisque : Nathalie Dalilà Boitaud
uzetcoutumes@laposte.net
05 56 25 38 46 / 06 22 51 09 16
4 rue Faza. 33730 Uzeste.

 administration :

Illusion & macadam
Mathieu Argaud
mathieu@illusion-macadam.com
08 70 444 052 / 06 11 56 30 51
 

7 mars 2008 "HUM PETIT À PETIT"
ça commence comme ça "hum petit à petit" parce que la suite ce serait "débrouillez-vous débrouillez-vous"
Le mouvement serait en continu, pas en boucles, mais en insatiable recommencement.
Depuis quand ? depuis où ? jusqu'à quand ?
Peu importe, il nous reviendrait de poursuivre.
Dans son livre (ATTENTION À LIRE URGENT) "De quoi Sarkozy est-il le nom ? ", le philosophe Alain Badiou, nous propose de chercher un point, un point qui nous fait tenir coûte coûte dit-il. Nos actes et nos pensées nous rendant sujets de ce point, nous permettant d'élever l'impuissance au rang de l'impossible.
Et de continuer dans le réel du monde à agir-penser-être.
Le réel du monde ?
De retour d'une semaine d'écriture dans un lycée (le même, toujours, au beau milieu de l'Eure, 2500 élèves éparpillés dans pas moins de 17 hectares ...), la question du réel frappe en rouge derrière les oreilles et sous les yeux.
Ce qui est réel c'est qu'un élève de 17 ans parle (sans arrêt) de ses chaussures, de son MP3, de la télévision, du dernier tube du dernier chanteur à la mode, de la copine de bidule qui l'a trompé cette salope, des arabes qui sont les plus forts, du gros cul de la prof de maths ????
Ce qui est réel c'est que le même élève soit d'accord pour passer trois heures avec son stylo devant une feuille d'abord vide, pour se raconter un peu, de son enfance, de ses peurs, de ses désirs, de ses révoltes, avec des mots qu'il avait oublié de dire depuis bien longtemps, avec des émotions qu'il ne pensait pas ressentir sans être ridicule, avec la merveilleuse fierté d'être écouter par toute sa classe, et l'envie de recommencer ????
Ce qui est réel c'est que chaque professeur découvre de nouveaux élèves derrière les mêmes masques et en voudrait davantage pour renouveler et compléter l'enseignement dit classique ????
Ce qui est réel c'est qu'il faut faire des pieds et des mains monumentaux pour mettre de tels projets en place pour 150 élèves dans un bahut qui en reçoit plus de deux mille ????
Ce qui est réel c'est que sur 150 jeunes, seulement huit ont dit qu'ils aimaient lire ????
Ce qui est réel c'est que personne n'a entendu la cloche sonner lorsque je lisais des extraits de "capitale de la douleur" de Paul Éluard ???
Ce qui est réel c'est que pour se sentir exister il faille porter les vêtements derniers cris (même si ce n'est pas agréable du tout), et parler fort avec les expressions chanmé qui assurent grave ????
Ce qui est réel c'est de se dire à la fin que peut-être que la poésie ne sert à rien et alors ????
Ce qui est réel c'est de vouloir ouvrir l'école publique (oui, encore) verx l'extérieur avec des textes de lois, avec des experts et des grands projets pour tous ????
Ce qui est réel (et dur et froid et humiliant) c'est d'installer à l'entrée de l'établissement un tourniquet de confort - sécurité (les martels de la France), qui filtre les entrées des élèves un par un, par un bip avec une carte où le nom est devenu un numéro, créant des embouteillages, des stress, des discriminations (les plus costauds doivent redoubler d'efforts), des frais (l'installation a coûté 50000 euros), et beaucoup de doutes sur la pertinence, l'efficacité, la logique d'un tel dispositif ?????
Alors ce qui est réel ??????
Poser la question est déjà un immense gouffre, et c'est cela qui importe, car dans sa phrase Badiou précise: le réel du monde.
Il semble que certains s'acharnent à en fabriquer un en béton armé, faute de vouloir voir quelque chose s'essentiel dans ce qui est, déjà RÉEL.

23 décembre 2007 À VOS GUIRLANDES
C'est Noël , rendez-vous officiel des guirlandes qui clignotent (notons que certains excèlent dans l'art de la déco d'extérieur, petit papa noël sur les toits, lumières multicolores et autres nains de jardins tout feu tout flamme, mais comme c'est une fête religieuse ça doit déculpabiliser du mauvais goût), des boules boules boules de toutes les couleurs, des promos sur le foie et sa si délicieuse cirrhose, des boudins blancs (cette fois-ci), et autres huîtres, recettes, champagnes et autres paquets cadeaux, dégaine ta carte bleue, et vive le vent vive le vent boules (encore) de neige et sapins blancs (comme le boudin).
oui d'accord c'est une critique facile, je n'en ai ni le monopole, ni la primeur, et c'est quand même la fête des enfants, et ça rassemble tout le monde (enfin presque, ça dépend de quel monde il s'agit).
Du coup, je m'en vais, je me barre, je m'éclipse. Ailleurs.
Ailleurs, c'est loin et c'est tout près.
Ailleurs c'est là, maintenant à Uzeste, dans "notre" Estaminet ouvert, vivant de notes et de mots et de cela qui s'invente encore...
Et chaque soir, cette phrase me revient, lorsque j'ai la tenace sensation que nous approchons l'essentiel, que "quelque chose" d'indispensable à la course de l'humanité, vient de se dire, de se faire, de s'acter: MAIS PEUT-ÊTRE QUE CELA N'A PAS D'IMPORTANCE.....
Et ça reste sans réponse, du coup, ça continue, ça continue ....
Mais peut-être que cela n'a pas d'importance....
Ailleurs, c'est encore plus loin, vers un inconnu, un immense, départ dans une petite semaine, destination Kinshasa.
Loin des bûches et des cotillons, à la rencontre des enfants des rues (voir lien sur le site).
Et nous éviterons les sempiternels bonne année bonne santé joyeuses fêtes que dieu vous garde les douze coups de minuit Turlututu chapeau pointu....
pour d'autres mots et d'autres silences, de là-bas vers ici, j'en ramènerai sans doute quelque chose.
Mais peut-être que cela n'a pas d'importance...

21 novembre 2007 du retard sur les ondes
oui, je suis en retard, pour toutes les fois où je suis (je me sens) en avance
je suis en retard sur le web web web
je n'ai pas écrit ICI pendant un an
je n'ai aucune excuse ni même aucun remord je suis en retard parce que écrire sur le web est un problème pour qui écrit
pour le web il faut aller vite, ne pas trop penser, ne pas trop réfléchir, mais il est là pourtant le souci du poète, dans ce trop-là !!!!
alors exercice de style, autre expression, autre formule ?????
je suis à la bourre mais je n'ai pourtant pas cessé d'écrire
je suis à la bourre parce que web web web est un interlocuteur discret, sensible tout de même, fragile
frrrrrrrrrrrrrrrrrrragile
il y a un an d'interruption, il y un an
je suis encore là, au même endroit du boucan
lire encore mes chroniques comme un "relatement" du quotidien et dans un "je fais ce que je peux" se devine un immense "je voudrais tant"

lire encore l'errance de l'homme quand il faut qu'il laisse traces
alors c'est un joyeux bordel, entre nous soit dit
un joyeux bordel que d'être et de devenir
un joyeux bordel que je dédicace à l'absence au virement de situation au silence
le web est un sexe qui s'éteint beaucoup plus que de nature
l'amour est un chantier je n'en ai pas la clef
et je traque et me voici après l'absence
ecrire merde et bordel et merde
ce n'est pas le facile mais le contourner cela
bienvenu
merci
vive la révolution
et le perdement dans l'écrichiure de l'intermiette du web web web masterisez moi le reste !!!!

14 novembre 2007 du sang dans l'estomac (extraits)
La société m'insulte et la société m'insultera tant qu'elle ne sera pas civilisation
mais je ne suis pas une poule ni un grain de maïs
non non non non, je ne suis pas
et je vois ce bec qui me dévore ou suis-je moi-même le bec tout mou qui bécote le grain à moudre
c'est jusqu'à quand l'humiliation de l'intelligence, voilà la vraie question C'EST JUSQU'À QUAND L'HUMILIATION DE L'INTELLIGENCE ?
mais elle crie encore la merde qui n'en est pas. qui n'assume pas d'être une once d'une once de ce qui est la merde et c'est cela qui me terrasse, avec les balcons les vérandas, les pots de fleurs et les enfants dans la piscine...
et c'est cela qui me terrasse
la merde qui n'assume pas d'en être. voilà
pourtant encore une fois je ne vomis pas. non, je n'en ai même pas l'air. NON
je ne ressemble même pas à quelqu'un qui a - qui va - qui aurait vomi NON. je ne ressemble pas.
Et une femme -une femme qui traîne - dit toujours "ben oui", quand on a rien à dire, c'est pratique la pratique.
C'est pratique également le rien faire, le rien dire, le rien penser
le laisser crever l'âme au fond d'une espèce de vide qui n'est pas le vide. La bêtise n'a jamais dit la fin de son début de dernier mot
et voilà, sur cela non plus je n'ai pas vomi. NON
Comme quoi ça marche l'aggression. Comme quoi c'est bon l'humanité et son absence.
ça sert à quelque chose tout ça. ça sert à quelque chose tout ça. Répéter: ça sert à quelque chose tout ça. Ce n'est pas une question.
Non. Répéter: ça sert à quelque chose tout ça

c'est fini le théâtre, et que quelqu'un me dise le contraire, alors pour qu'il prenne mon poing dans sa gueule et dans sa gueule et encore dans sa gueule, si je savais mettre un poing dans une gueule.
C'est fini je disais parce qu'il y a beaucoup plus de têtes d'hommes où le théâtre est mort que de têtes d'hommes où il est célébré
Et il y a beaucoup plus de têtes d'hommes où la poésie est morte que de têtes d'hommes où elle est une urgence
et il n'y a pas beaucoup de mains d'hommes pour réparer toutes ces têtes d'hommes cassées....

la suite, si vous en redemandez ...

27 novembre 2006 présumés innocents rendus coupables
qui se souvient de cette exposition au CAPC de Bordeaux, dont même le prstigieux maire de la place de la Bourse avait boudé l'inauguration?
le scandale battait son plein
c'est tant mieux si l'on désire un monde où l'art n'est pas synonyme de repos des âmes, de certitudes, mais bel et bien de ce long dérèglement de la réalité jusqu'à ouverture des yeux.
c'est tant mieux parce que c'est être vivant de ne pas être en accord, d'être ému, dégouté, révolté, indifférent, c'est continuer d'apprendre à devenir-réagir-exister.
c'est tant mieux qu'un directeur de centre d'art fasse à ce point confiance au public, à ses réactions, à ses critiques, à son esprit de discernement; c'est tant mieux aussi que des artistes internationaux se confrontent ainsi à la mise en panique de la pensée.
tout cela n'a trait à aucune morale, et l'on espère encore qu'il existe un mode de réflexion libéré de ce joug : un quelque chose qui se passe ailleurs.
qu'est-ce qui dérange tant : que des artistes soient autant violents et engagés ?
on pourrait se dire que tout de même cela est accepté depuis bien longtemps, et même que cela entre dans les quotas des lieux de diffusion (le quota un peu décalé, un peu trash, un peu dur...)
alors où est le problème : que cela touche les enfants et que la moralité commune se doit de protéger sa progéniture contre le monde adulte si méchant, si impitoyable, préserver nos chères têtes blondes dans du papier cellophané, comme s'ils n'allaient jamais rencontrer le grand méchant loup. mais c'est un peu tard, la télévision est allumée, et qui voudrait encore revisiter l'histoire, en faisant de l'homme un tendre ange blanc (sauf les gros méchants de la bombe atomique ou des camps ou des colonies ou des fascismes divers ou des génocides ou des enjeux économiques qui affament la moitié de la planète) ?
et que depuis toujours la morale la vraie celle des gens biens, aurait épargné ses enfants de toutes les horreurs de l'humanité
fais dodo Colin mon p'tit frère, fais dodo t'auras du lolo maman et papa tralalalala
soit, cela permet que la justice s'en mêle, et que l'on soit tous heureux (la foule en délire) de voir ce cher monsieur (qui faisait son travail de diffusion de l'art, risqué comme il se doit), condamné à je ne sais quoi, qui nous permettrait de promener sa tête coupé sur la place publique, comme pour un carnaval, où ça nous laverait de toutes nos vilaines pensées. l'homme demeure ainsi puéril parlant de ses enfants
le mensonge n'en est plus un lorsqu'il est collectif.
interdisons donc Médée qui tue ses enfants, Goya qui peint Chronos, son fils dans la bouche, Kubrick, Verlaine amoureux d'un mineur, le Petit Poucet et Blanche Neige et toutes ces horreurs de l'horrible homme qui enfin tout de même n'existe pas.
interdisons l'interdit et nous dormirons tranquilles
une fois de plus, nous oublions la véritable pornographie télévisuelle et internationale qui fait de nos enfants des mangeurs de sandwich, des promoteurs de bagnoles, des accros de feuilletons et de jeux télévisés
là, on ne fait pas appel à la justice, ce n'est pas dangereux.
dodo l'enfant do l'enfant dormira bien vite
tout est dit au pays des oeillères.
assassin celui qui parle, nous y voilà.

3 octobre 2006 C’est quoi l’Opéra Bitûme ?

D’abord un hasard. Une invitation du Café music de Mont de Marsan pour une semaine d’ateliers d’écriture, au cœur d’un quartier « défavorisé » (ce sont les termes techniques, il me semble que c’est un peu court, j’y reviendrais) .

Avril : j’y vais.
Bienvenue au quartier du Peyrouat, à quelques kilomètres du centre ville.
Aux premiers abords, c’est assez calme, nous sommes loin des étourdissantes tours des banlieux parisiennes, loin des vertigineux immeubles des quartiers nord de Marseille.
Attach:OBBrigadeDepartv.jpg Δ Δ
Ici, pas plus de cinq étages.
Ce serait peut-être une tentative de faire comme si…
Comme si quoi ?
Comme si du coup, c’était possible de vivre ici.
Et , cela est possible, il y a 410 logements, ce qui signifie environ 2000 habitants.
Impossible de donner une teinte culturelle, une identité de patrimoine (bien que nous soyons au cœur des Landes, région acharnée à prôner ses coutumes), puisque que là dans ce petit périmètre de vies, il y a plus de 28 nationalités. Autant dire que c’est comme une petite planète, à l’échelle d’un seul lieu.
On pourrait s’étonner et s’émerveiller de cette « richesse culturelle » (encore un terme technique, histoire que chaque chose ait un nom, une case, une référence, bon.)
Mais ce n’est pas la peine, il n’y a rien d’étonnant, c’est ainsi, ce n’est surtout pas extraordinaire. Belle leçon pour une époque qui pointe du doigt ses étrangers en s’étonnant de leurs présences. En la signifiant.
Il y aura bien, plus tard ce vieux monsieur de la tour P6, qui criera « Aï Hitler » depuis son balcon. Mais il est bien le seul à être dérangé par toutes ces couleurs. Notons qu’il parle patois, pour que personne ne le comprenne, étrange étranger qui s’étrangise lui-même.
Je retiens davantage cette jolie dame qui m’explique qu’ici on ne voit plus la différence, tandis qu’ailleurs « même les différenciés voient la différence »
A réfléchir…

Attach:OBBrigadeContreUnMurv.jpg Δ Δ
Ecrire. Parler de soi, de sa maison, de son lieu de vie.
Ecouter. Rencontrer l’autre, l’unique, l’inconnu.
Une équipe se constitue :dix femmes (les femmes sont elles les seules à avoir quelque chose à dire, ou est-ce la forte présence des cultures marocaines et gitanes qui ont tendus un fossé entre les sexes, tant et si bien que l’on ne se mélange pas ? ceci reste une question).
Elles écrivent chaque jour, pendant trois heures, les stylos glissent, nous faisons tomber les barrières, petit à petit, en nous éloignant du thème, nous entrons dans le vif du sujet.
Très vite je comprends que cela ne suffira pas, que pour entendre les résonnances du quartier, il n’est pas possible de rester autour d’une table. Munie d’un petit appareil, j’arpente les rues, les cages d’escaliers, le parc, le terrain de foot.

Attach:OBBrigadeBuissonv.jpg Δ Δ
A chaque regard croisé, je demande un peu de temps. Offrir un peu de ce temps, gratuitement. Aucun refus. C’est fluide. Je me retrouve assise sur un banc, un bord de trottoir, un capot de voiture. Des jeunes, des enfants, des anciens. Je pose quelques questions, les réponses s’étalent, d’une simple reconnaissance, nait le désir de dire.
Nous sommes au creux de la confidence.
J’ai la sensation très musicale d’être une immense oreille, pour moi, tout est chansons, je ne suis qu’un interrupteur.

La semaine se poursuit, j’apprends à penser là où je suis.
Pour l’instant je n’ai aucune réponse, j’admire le paradoxe comme seul rythme véritable.
Aimer et détester le quartier, dans la même phrase.
Vouloir partir, rester, revenir dans les mêmes yeux
Trouver ça beau, trouver ça moche, être fier, avoir honte, être acteur ou spectateur, tout se mélange, personne ne sait, tout reste en point d’interrogation.
Ainsi, aucune pensée ne peut être une dictature, nous sommes au cœur de la multitude et de la contradiction. Nous sommes au monde, donc.

Attach:OBBrigadeBuisson2v.jpg Δ Δ
Dernier jour, la cour de l’école se remplit, jeux d’enfants, bruits de fond, je m’approche du micro, les feuilles serrées entre les mains tremblantes.
Je passe. Ce qui m’a touché en plein cœur, pendant toutes ces journées, je le rends, en hommage poétique, à celles et ceux qui ont bien voulu dire, un peu de leurs intimes paroles.
Le silence s’installe, les yeux s’humidifient, les sourires s’ouvrent.
C’est fini.
Je sais déjà, je reviendrais.

Puis le vide.
Maintenant il va falloir y voir.

Attach:OBBrigadeSurLeMurv.jpg Δ Δ
Mois de juin : je reviens.
Ouvrir le quartier comme un théâtre. Inventer un parcours où les mots seront seuls conducteurs du sensible.
J’ai besoin de comprendre. Depuis toujours le théâtre est un geste politique, un engagement d’homme sur terre, c’est quoi l’histoire de ce quartier, qui tient les fils ?
Qu’est-ce que je fais là ?
J’écoute, contrats de ville, plan de réhabilitation urbaine, responsabilité des élus, de l’office d’HLM, des pouvoirs publics, des associations de quartier. Impuissance des unes, pouvoir des autres.
En France, plus de 500 quartiers ont fait une demande à l’état afin de bénéficier d’un RU , plan de réhabilitation urbaine (RU, cela résonne : théâtre de RUE…), seulement 180 ont été classés prioritaires, et combien iront au bout ?
Aujourd’hui d’ailleurs, ces plans d’aménagement ne s’adressent plus à des quartiers dans une ville, mais à des quartiers qui sont devenus des villes, comme Stains ou Lormont par exemple. Pour le Peyrouat, l’envellope s’élève à 1 200 000 euros.
Et il n’a pas été retenu comme prioritaire pour l’instant. Pourtant lorsqu’on s’y déplace, on aimerait bien cette baguette magique des subventions et de l’urgence.

Attach:OBMurDAffichev.jpg Δ Δ
Le quartier devrait être détruit, insalubrité, cafards, rats, hygiène déplorable, affaissement des batiments, tentatives vaines, misère et pauvreté.
Ici, plus de 80 % des logements sociaux de la ville, ça veut dire quoi ?
Une concentration de problématiques, dont on sait déjà les dégâts un peu partout en France. Détruire oui, mais avec quel argent, quel projet, et les gens, où vont-ils aller ?
Je prend en plein visage la phrase de cette jeune fille, dégoutée : « ils pensent que quand on est pauvre et étranger on peut vivre comme des chiens ».
C’est qui « ils » ?
Je marche entre les batiments, souvent j’aimerais être en face de l’architecte pour l’inviter fermement à vivre là, dans ce qu’il a construit, penser même peut-être.
Mon œil revient sans cesse sur ces espèces de furoncles qui sortent des immeubles : le local à poubelles. On ne voit que ça. Parfois ronds, parfois carrés, ce doit dépendre de l’humeur du jour. Ils pullulent devant les entrées, ils vomissent leur trop plein de déchets, à même la rue.
« Il est sale ce quartier »
C’est vrai.
Mais peut-on avoir envie de s’en occuper, ou bien laisse t-on aller la boue jusqu’à disparition pour enfin passer à autre chose.
Rêve vain, certes et quelque peu puéril, mais tout de même il y a un responsable absent dont on voudrait bien la peau.

Misère sociale, affective, intellectuelle, économique.
L’être humain trône pourtant au milieu, dans son sourire fatigué, il n’est pas mort l’homme, quoiqu’on en fasse. Je vais cueillir la vie, puisqu’elle est là dessous le bitûme.
Et ce sera un opéra.
Bienvenu au cœur d’une aberration urbaine, aux parfums d’abandon.
L’artiste va humblement regarder cela, autrement.
Avec humour, dérision, tendresse et violence.

Juillet

Nous revenons dire bonjour au Peyrouat. Les plans ont été dessinés, les espaces sont devenus des plateaux de jeux, nous en sommes les nouveaux architectes. Nous investissons les rues, les entrées d’immeubles, les bancs. Nous venons habiter.
Au cœur du quartier des caravanes sont installées : ce sera notre quartier général, un quartier à l’intérieur du quartier. Et très vite nous savourons l’utilité de cette installation provisoire. Le lieu devient lieu de vie, de rendez-vous, de rencontres.
Les enfants d’abord, de plus en plus nombreux, et Brendo, petit garçon perdu, qui ne nous quitte plus. Il y aura ces longues heures à lui apprendre à dessiner un carré. Il a huit ans, ne parle pas français, est habillé avec ce qui traîne et fait rire tous les autres. Et finalement on sait qu’ici, même pour les acteurs quotidiens, il est des cas où il est difficile de faire quelque chose. Je pense que il y a ceux qu’on laisse sur le bord de la route, malgrè tout. Et pourtant, j’y crois encore, j’y pense toujours, comme une nécessité d’être là et d’infuser un peu de ce que l’on nomme espérance.
Et ces femmes, que je connais mieux maintenant, qui m’ouvrent leurs maisons, leurs secrets, nous devenons complices, avec toujours à l’esprit l’éphémère de nos présences, et cette notion un peu mélancolique de savoir que cela n’a qu’un temps, et qu’il faudra partir, laisser là ce que l’on aimerait tant bouleverser davantage.
Peut-être est-ce de cette notion même lorsqu’elle très consciente, que naissent la magie et la force de tels instants.
Nous passons tout notre temps « avec ».
Avec les lieux, que nous investissons publiquement, chaque jour, pour des répétitions, ou ce que l’on appelle dans le monde du théâtre (mais je n’aime plus ce mot, il est à réinventer) : des brigades. Nous avançons en gris bitûme, sous le regard étonné des gens, certains s’arrêtent, d’autres nous suivent. Nous collons sur les murs des photos en noirs et blancs, les visages des gens d’ici, petits et grands. Les murs se parent un peu plus chaque jour, de ces sourires, de ces regards, comme pour redire que derrière et dans les murs, il y cela, l’humanité plurielle, comme un sauvage murmure.
Un matin, il y aura cet homme menaçant, la carabine à la main, hurlant que c’est déjà assez sale. D’abord nous répondrons qu’il ne s’agit pas de « cochonneries » mais des photos des habitants du quartier, puis nous prendrons la fuite pour ne pas créer un inutile scandale. Je pense tout de même qu’un tel événement est une aubaine pour ne pas oublier dans nos élans de rêves, que l’on joue avec des symboles, violents et multiples, et que le théâtre n’est pas en dehors de la réalité. Si elle lui sert les outils et les mots, il doit lui rendre son drame.
Avec aussi, celles et ceux du chaque jour, l’équipe, animateurs, médiateurs, responsables. Nous envahissons leurs bureaux de nos papiers, costumes, paillettes, fatigues, tensions, fous rires. A cheval entre le trop d’énergie et le plaisir de voir ainsi bouger les choses. Ils sont l’indispensable lien, qui permet d’être ici. Pour comprendre d’abord, pour agir ensuite, et puis, pour partir après, sûrs qu’ils existent ceux qui restent, et rendent possible de telles envolées.
Avec l’art aussi. Chercher chaque jour comment rendre ces mots, ces images, comment envahir la, parole et être envahie par elle. Le travail social, humain prend une place fondamentale, première, mais il reste que dans ces considérations, notre seul moyen de transport est d’être artistes. Le théâtre viendra de cette conscience d’aller-retour, entre la vie réelle et la folie de l’art. Ainsi tout sera intimement mêlé, et l’on se rendra compte qu’il n’y a pas de différence. Nous jouons la réalité et elle se joue de nous.

Les jours passent, nous construisons, ensemble, avec les enfants, les auteurs, le thé à la menthe de Bouchra, les journalistes, les photographes, les anonymes qui nous regardent, les fidèles qui donnent leurs avis.
Et ces moments de solitude que j’observe attentivement, lorsqu’une respiration permet à chacun de marcher seul, de se refermer un peu, de penser ou d’oublier.
Je marche moi-même un peu chaque jour, laissant la machine fonctionner seule. C’est à cette heure-là, vers dix neuf heures qu’une tristesse m’envahit. J’entends depuis la rue, une autre misère, celle des dedans, derrière les fenêtres et les portes. Les voix, les cris, les musiques. Ce n’est pas une tristesse qui empêche, il en ressort de grands désirs.
La question reste posée.
J-1, la répétion générale, et cette exitante sensation de ne pas être prêts. Rapidement une centaine d’habitants nous suivent,des jeunes surtout, ils nous entraînent et leurs réactions sont précieuses pour nous réajuster .

Bilan : bien sûr il faudra faire mieux. Mais, nous sommes déjà fatigués. Ce genre de réunion revêt toujours une apparence tragique, comme si le sort du monde dépendait de ce spectacle. C’est assez drôle, et sommes toutes plutôt appréciable.
Le jour J, dans le tension que chaque chose soit à sa place et prête à jouer, les décors se terminent sous un soleil de plomb, les consignes de sécurité, les artifices, les enfants aux tambours, les costumes, maquillages et autres accessoires. C’est l’heure, c’est maintenant. Lorsque nous commençons, il y a deux cent personnes à l’entrée du quartier, surtout nous dira t-on par la suite, des gens de l’ « extérieur », mais rapidement, en avançant dans les rues, nous rassemblons plus de cinq cent personnes, le quartier nous rejoint, nous précède, nous transporte dans ses recoins.
Les artifices embrasent le ciel, sous l’œil ébahit des enfants, la musique éclate, nous dansons, nous parlons, nous transpirons. Parfois, nous sommes envahis, et c’est délicieux, parce qu’ainsi le spectacle se souvient du lieu qui l’accueille et le brouhaha du quartier est à vue, acteur de la réalité, et donc de notre propos. Nous nous laissons déranger. Nous avançons, jusqu’au point final, une heure de marche, de rires et de larmes, de dialogues, d’improvisations.
Point de ralliement, musique,, nous dansons la valse, c’est le dernier symbole doux, sous les applaudissements.
Ecrire ensuite les discussions, les remerciements et l’immense émotion qui en découle serait en perdre la saveur. Je ne connais pas les mots pour peindre cela. Peut-être n’y a t-il que le silence ?
Et l’effacement ?

Puis il faudra ranger, nettoyer, saluer une dernière fois les pavés et les hommes.
Partir.
Avec au fond de la gorge la brûlante envie de poursuivre, ici, ailleurs, cette grande fresque humaine, remerciant le théâtre d’être ainsi, le guerrier de l’imaginaire. Enfermant dans son antre ces armes, que l’on ne peut poser, que sont les mots, le désirs, le regard, la vie.

Je remercie tous les auteurs, habitants, pour leur confiance et leur accompagnement.
Je remercie tous les artistes : Fabrice Nabet, Vincent Mazaudier, Guillaume Grisel, Loïc Pujol, Fawzi Berger, Isabelle Loubère, Pôme Auzier, Aïcha Sore, d’avoir été chacun là, un poème vivant. Et tout particulièrement Myriam Roubinet, camarade du début, sans qui rien n’aurait briller.
Je remercie aussi avec beaucoup d’ardeur Maryline Perronne, responsable municipale et Didier Valdesse, directeur du café music, qui ont cru à mes côtés à cette urgence de rendre le théâtre à la rue, hors des réseaux admis, comme un certain Molière…
Toute mon admiration pour les acteurs passionnés : Nanou, Vicenta, Matthieu, Faradine, Bindi, Mohamed, Valère, Lionel, Pierre.
Une douce pensée pour Nadia, Bouchra et Stéphanie.
Et l’équipe d’Uzeste Musical qui toute l’année, accueille mes rêves.


25 mai 2006 je suis née plusieurs fois
Imaginez une étendue de bitume. Vierge et déjà envahie de tous les passants passages passés
Regardez encore et encore jusqu'à y voir ce qui n'est pas visible, ce qui n'est pas.
Déposez-le cela que vous voyez à l'intérieur de vous, ce qui tremble depuis vos pensées, vos amours, vos révoltes.
Déposez-le comme une urgence, à même la rue, sur le sol, là, par terre.
Quelques mots de peintures blanches, de feutres noirs, collés, plaqués offerts depuis le bas, le très-bas, tendus vers le haut, qui jamais ne sera assez haut.
Quelques images, déchirées, quelques visages sans doute.
Une musique parfois qui viendrait glisser et frapper le goudron.
Tout cela qui pour l'instant n'est pas et déjà s'agite dedans, à l'endroit du rêve et de l'imaginaire.
Allez-y, transformez-le en véritable. Rien ne nous en empêche, Rien.
Passez à l'acte, maintenant.
c'est depuis nos mains que chaque chose peut devenir un opéra, il n'y a aucun bon prétexte à se priver de cela.
C'est l'opéra bitûme, j'y reviendrais. Il est de chaque jour, de chaque espace; Il est de toute urgence.
Je n'écouterais plus les tueurs de merveilleux. Je suis née plusieurs fois, au coin des rues. La salle est pleine, à l'extérieur. C'est tout de suite et chaque fois qu'il faut apprendre à entrer dehors.
Naître, s'extraire du connu assassin, du déjà vu fasciste.
Rien n'est déjà vu.
C'est apprendre à mourir à taire à oublier. Et de nouveau voir entendre devenir. De nouveau.

18 mai 2006 toutes ces choses qui nous échappent

Animer toute une année des ateliers d'écriture dans plusieurs classes d'un lycée, oui c'est possible me direz-vous. Cela existe. Ajouter à cela la notion du corps et du rythme en mettant au coeur de la notion de parole celle du rythme, oui c'est possible me direz-vous. Cela existe. Renverser les tables d'une salle de classe, joncher le sol de milliers de petits papiers froissés, coller les phrases sur les vitres, jouer du corps de la percussion du cri de la boîte à musique du piano de poche, avancer dans l'espace les yeux bandés pour accuser l'aveuglement, manger de l'ail sur une tartine de chocolat, se rouler sur le sol, grimper sur les bureaux... Tout cela devant une centaine de lycéens ébahis, attentifs et fiers d'accueillir cette audace éphémère. Oui, cela est possible me direz-vous. Cela existe. Parler avec eux de l'art, de la création, comprendre qui a tué leur imaginaire et à qui profite le crime, conclure en leur demandant de ne pas fermer la porte pour pouvoir encore venir vers eux; en ayant peur qu'il ne soit déjà trop tard, à dix-sept ans. Oui, c'est possible me direz-vous. Cela existe. Recouvrir le bitume de la cour avec des photos de visages en lutte, avec des poèmes dans tous les sens, tisser une toile d'araignée de laine noire dans les airs et pendant la récréation, déposer au centre une batterie, un pupitre un micro, porter un costume d'élégance et dire des mots dans tout l'espace et jouer de la batterie avec force et tendre silence.à l'heure de pointe, entre la cantine, le bus, le cours suivant, la sonnerie, et celles et ceux qui passent, et celles et ceux qui prennent le temps de s'arrêter dans l'herbe parce que l'on ne sait pas bien ce qui arrive. Etre ainsi vivant dans le temps d'un poème, pour eux, pour le reste du monde qui n'est pas au courant, et justement, pourtant. Avoir peur et y aller quand même et n'avoir rien à prouver et ne rien attendre et laisser être et devenir mots et musiques en plein milieu d'un lycée et de ses heures de colle et de ses baccalauréats et de ses fatigues et des mouvements. Cela n'est pas possible. Cela n'existe pas.
Mais il était treize heures aujourd'hui jeudi. Et cela a eu lieu.
Et même encore après, cela n'existe pas. C'est ailleurs que cela advient, au coeur de toutes ces choses qui nous échappent.
A nous de ré-inventer l'impossible. Pour sûr, il est. Je viens de le VOIR.
J'y reviendrais, il y a ce qui n'existe pas et qui tremble dans tous les possibles confinés. Il suffit de regarder un peu plus, au-dessus, en deça.
C'est par où????

21 avril 2006 attention printemps

Chaque fois on pourrait se demander ce qui jaillit du sol et tourne dans le vent, ce qui vient de la terre et rejoint l'âme à être, vide-pleine, évidente moyen de transport d'un corps à l'autre ? Le printemps ah, la sève et les éclaboussures du foutre de nature ah. serait-ce une oeuvre d'art ? serait-ce un désir d'oeuvre ? le désir est-ce une oeuvre? faut-il chaque fois remettre en piste ce qui devient désir et le laisser aller, tremblant, incertain, vers l'autre, le monde, le jeu universel de ce qui se nomme être, sans savoir jamais ce qu'il en advient? C'est prendre le risque de jetter avec caresse ou violence un peu de ce dedans pour qu'il devienne autre dans le dehors, c'est retourner vers soi son propre regard en se donnant à voir ce qu'il en est du monde, c'est ne plus être, perce que celui qui devient n'a pas besoin d'être. j'y reviendrais, JE DECLARE aujourd'hui et maintenant dans ce qui devrait être toujours un printemps de quelque chose: L'ACTE D'ART EST ACTE D'AMOUR, ou ne devient pas...

10 avril 2006 réflexe d'art

Certains gestes dans la vie sont nommés réflexes, ceux du corps comme éternuer en présence de poussières, ceux de l'âme comme pleurer ou rire quand l'émotion suit son cours. On pourrait en inventer un tas d'autres et cela entretiendrait le débat: que faisons-nous par réflexe, c'est-à dire sans pouvoir s'en empêcher, à cheval entre la pulsion, la passion et l'élan nécessaire ?
Bien sûr, nous ne serions pas d'accord, nous ne sommes sans doute pas égaux face à nos réflexes.
Faire l'amour? Prendre la parole ? Manger ? se vautrer dans la boue ? Lire un livre ? Allumer la télévision ? Aimer l'autre ? Perdre pied ou la tête ? Entendre ?
Ce sont là des questions dont il n'y a aucune urgence à répondre, la vie s'en charge.
pourtant et j'y reviendrais, JE DÉCLARE L'ART RÉFLEXE D'ÂME ET DE CORPS, à chacun de choisir quelle partie de la dîte âme et du dit corps est en branle lors du .... REFLEXE D'ART.... et je dis bien EN BRANLE ... bas de combat ou autre excitation pro-créatrice de désir. je note enfin que certains réflexes durent longtemps...

5 avril 2006 manifeste pour un retour à l'école

une semaine dans un lycée, chaque jour, cent élèves, de ceux-là que l'on nomme "jeunes", "le jeune". à leurs côtés ce qui est création est un mystère et c'est bon de se replonger dans l'inconnu, et ne pas savoir où cela mène, si cela mène quelque part. ils parlent, ils voient, ils s'inquiètent. nous jouons pour eux, par eux, nous sommes cette parole qu'ils ont tant de mal à prendre, tant de mal à en être fiers. et pourtant. ce qu'ils disent est indispensable à qui se veut de voir le monde, et de remettre, sans cesse l'urgence de l'art dans ces espaces là, désertés par le rêve et la transformation de la réalité. nous sommes à l'endroit où l'imaginaire est mort, le désir anesthésié, le doute banni; au creux d'un manque comblé coûte que coûte.

c'est un devoir de s'y inscrire. de devenir là artiste et citoyen.
j'y reviendrais, JE DECLARE LE MINISTÈRE DE LA CULTURE OUVERT SUR LES BANCS DE L'ECOLE !gras

(:titla Chroniques de Nathalie Dalilà-Boitaud:)

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