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 UZ & COUTÛMES

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théâtre du bitume en trois actes et un chaos
Kinshasa
Clowns sans frontières, 2008
Si un jour tu meurs
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réflexions non définitives, en direct d’Alger, mars 2004
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interrogations sur le fond de la chose , 2003

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 coordonnées :

Cie Uz & Coutume
Direction artistisque : Nathalie Dalilà Boitaud
uzetcoutumes@laposte.net
05 56 25 38 46 / 06 22 51 09 16
4 rue Faza. 33730 Uzeste.

 administration :

Illusion & macadam
Mathieu Argaud
mathieu@illusion-macadam.com
08 70 444 052 / 06 11 56 30 51
 

Si un jour tu meurs

Rappel

La compagnie uz et Coutûmes, toujours en piste, plus que jamais, c’est rouge…
« Si un jour tu meurs », n’est pas éteint.
Après dix jours de résidence à Uzeste, fin août, grâce au soutien de l’Office Artistique de la Région Aquitaine, la pièce s’est jouée deux fois à Cognac, lors du festival Coup de Chauffe, les premier et deux septembre.
La rue s’est remplie très vite, nous avons retrouvés comme chaque fois, l’émotion lors des applaudissements, nourris et tendres.
Le public reste avec nous longtemps, les mots dits, les rires et les larmes.
Nous avons été élus « coup de cœur » par le jury du festival, pour rester punk (si peu n’en faut) les artistes de la compagnie étaient absents lors de la remise des prix. Histoire d’en rire. Cela dit, c’est flatteur.
Comme l’a spécifié un acteur : « coup de cœur, si t’en as pas tu meurs »
Soit.
Ce spectacle est depuis trois ans déjà (comme c’est long dans le fond), notre coup de cœur , puisque nous sommes toujours là, alors juste pour le plaisir voici quelques images… votre avis nous intéresse…




Si un jour tu meurs :

Intro
Théâtre pour une rue (dossier)
Passants des rues
Amants, heureux amants...
L’universel, c’est soi-même moins les murs
Ce qui nous guide et nous perd
L’acte de création comme acte d’amour
« Reconnaître c’est découvrir à nouveau »
Mots d’artistes
Extraits choisis de l’Encyclopaedia Universalis
les conditions


Si Un Jour Tu Meurs

Une création transversale à la fois drôle et bouleversante.

Des esquisses de couples, des bribes d’histoires d’amour, instantanées, fortes et fugitives, à travers des tableaux relevant tant de la danse, que du théâtre et de la performance plastique. Une poésie à la fois douce et féroce émane de cette magnifique création qui donne à voir l’amour dans des contextes d’harmonie, de guerre, mais aussi dans les contradictions adolescentes de la jeunesse d’aujourd’hui, fantasmant une idylle qui durerait jusqu’à la mort alors que d’autres succombent dans les bras l’un de l’autre, abattus comme des chiens par une autorité obscure. Chaque épisode entraîne le public, avide de connaître la suite, dans une déambulation qui se poursuit tout au long de la rue, agrémentée d’une installation plastique balisant le trajet effectué par un entrelacs de fil rouge, couleur de la passion mais aussi du sang dont l’ombre funeste plane avec insistance sur l’ensemble de la création. L’interprétation poignante de chaque intervenant, qu’il soit danseur, comédien, chanteur ou plasticien, apporte tour à tour énergie, beauté, humour, émotion, provocation, convivialité et ne laisse rien au hasard pour mieux toucher la sensibilité du public. Une création transversale à voir absolument.

Lucie Abrahamse
http://www.theatre-enfants.com

Théâtre pour une rue

Une création 2005 / 2006
De la compagnie Uz et Coutûmes (Uzeste, 33)
Direction artistique : Nathalie-Dalilà Boitaud
Une production La Cellule (Gaujan, 32)
En co-production avec Uzeste Musical Visage Village des Arts à l’œuvre, l’Atelier 231 (lieu de fabrique des arts de la rue, Sotteville-Lès-Rouen), la Paperie (compagnie Jo Bithume, Angers), Fest’arts (Libourne).
Avec le soutien de la Fabrik’Albedo, Les anciens abattoirs de Marseille : compagnies Inflammable et Générik Vapeur, Via la rue, l’IDDAC.

Ecriture, mise en scène et scénographies : Nathalie-Dalilà Boitaud
Ecriture chorégraphique et scénographique : Sophie Poupin
Peintures : Cécile Marical
Décors : Frédéric Patois, Arezki Sédiki
Régie générale : Arnaud Mignon

Avec : Nathalie-Dalilà Boitaud, Hadi Boudechiche, Patrice de Bénédetti, Marie Iracane, Vincent Mazaudier, Pierre Mazaudier, Fabrice Nabet, Frédéric Patois, Sophie Poupin, Myriam Roubinet, Marie-Leïla Sekri, Arezki Sédiki, Emilie Tallet, Thibaut Trilles.


Ossature

Ceci est une pièce de théâtre en trois actes
Dont le second est joué quatre fois
Quatre fois différemment
Quatre fois en même temps

Acte I : « J’ai rendez-vous avec vous »

Rendez-vous au coin d’une rue, entre deux rues. Au croisement. Parler d’amour le temps d’une intersection. Rendez-vous : oreilles tendues. Ils arrivent. Il y a deux rues, il faut choisir. Vous êtes séparés, en deux. Pas le temps d’y réfléchir, il faut partir, voyager. Sans savoir où, ni combien de temps, ni pourquoi ; sauf que cela s’appelle « rue des amoureux », et que chaque cœur bat pour un oui, pour un non. En piste.

Acte II : « Parades amoureuses »

Maintenant c’est parti ! ils sont là, ils s’arrêtent, repartent, se fâchent, s’embrassent, se quittent ; vous les suivez, ils vous attendent, vous pressent le pas. Ils sortent de chez eux pour vous rencontrer, ils se racontent devant tout le monde, demandent votre avis, vous oublient pour s’étendre, repartent de nouveau, disparaissent pour laisser place à d’autres et c’est reparti.
Aller-retour, contre-temps.
Ils habitent la rue parce que vous êtes là, ils se dévoilent. Ils aiment. Ils s’aiment. Ils sèment. Parce vous êtes là, promenades.

ACTE III : « À la santé des amoureux »

Et voilà, vous avez marché. Ils sont rentrés chez eux. Mais il faut finir. Il faut se quitter. Pour cela, rendez-vous de nouveau. Charivari. Ils sont tous là, la musique prend l’espace ; la danse ouvre encore l’horizon ; un verre de vin, je me sens bien.
Apparitions disparitions.
L’amour, c’est encore plus loin. Bonne route : à vous de jouer.


Dans le vif du sujet :
« La poésie est dans la rue, prends-la dans tes bras »

« Si un jour tu meurs »
Spectacle pour une rue.
Deux-cent cinquante personnes. Quatorze acteurs.
Un thème universel et singulier : l’amour (avec un « S »)
Décuplé en une heure quinze de spectacle.
Déambulé pour le plaisir de réinventer les rues.
Parler d’amour pour parler à tout le monde
Pour cheminer en soi-même comme un long de sang
Comme une marée montante qui ne dit jamais où aller
Parler d’amour pour accoster le néant
Pour dire encore l’éphémère indélébile
Et chercher dans l’instant ce qui devient toujours.

Pas de décor, ou alors très peu, de ceux que l’on ne voit pas. La rue est un espace vide. Les acteurs sont justes là, devant chez eux, devant vous, dans la rue des amoureux, le leur, la vôtre. Ils inventent à travers leurs gestes et leurs mots, une nouvelle façon de vivre l’espace quotidien. Parce qu’ils nous appartient d’interpréter les lieux. La rue alors s’ouvre comme un livre, dont on ne sait pas le nombre de pages, le texte jaillit des murs, suinte du bitume, des fenêtres. Une histoire, plusieurs histoires, plusieurs pistes. Parce qu’en amour comme en poésie (comme dans la vie), il n’y a ni solution, ni vérité. Tout appartient à la multitude, à l’incertitude, à la tentative. L’amour, c’est là où chacun place sa vérité.
Les personnages nous invitent à les suivre dans leurs émois et leurs déchirements, au fil d’histoires d’amour ordinaires et simples, offrant des tranches de vies qui ne manquent pas d’interpeller chacun, dans sa propre histoire, ses amours vécus ou à venir…

Les personnages

Ils sont quatorze, hommes et femmes, ils ont de seize à soixante-deux ans, ils vont se croiser, se dire, s’attiser, se laisser partir. Ils habitent la même rue, se connaissent sans se connaître vraiment. Ils passent, reviennent, habitent cette zone d’ombres et de lumières, où chacun, chacune exalte son clair-obscur au creux de la tempête de ce mot écarlate : aimer.
Partons du principe que l’on aime souvent un autre ou une autre. Alors on est deux dans la tourmente. Ils sont cinq, donc dix. Ils ont chacun une histoire, des désirs, des tristesses, des parcours. Ils déclinent l’amour au pluriel, à l’envers, à l’endroit, sans dessus-dessous.
Camille, Siméon, Sacha, Zaccari, Malika, Antonin, Elsa, Louis, Il et Elle. Ils se jouent tour à tour, de l’absence, de la vieillesse, de la guerre, de la mort, des premiers émois, de l’attachement, de la promesse, du mensonge, de la folie, de la tendresse. Ils se livrent, se confient, se cherchent…
Ils ne sont pas seuls, autour d’eux, des anges, ouvriers de la rue, convoyeurs de l’amour. Eclipses furtives. Ils sont là pour veiller sur l’amour, parfois guides, parfois conseillers, parfois sauveurs, parfois impuissants. Ils chantent, allument, tissent les fils, accompagnent le public. Ils sont partout et nulle part.

De la réalité comme sources du rêve…

« Si un jour tu meurs » est une fiction, une « histoire » comme on dit.
Avec un début, une fin, des personnages, une intrigue. Seulement voilà, tous ces ingrédients réunis pour une heure quinze de spectacle, puisent leurs racines dans le réel. Uniquement.
Les êtres dont il est question, c’est nous, vous, le voisin d’en bas, le collègue, l’ami. Les « petites gens » de l’ordinaire, du quotidien, du familier.
Ce qu’ils ont à dire, c’est ce que l’on entend, c’est ce que l’on voit ;
Chaque jour, dans les rues de nos villes, de nos villages.
Tout simplement parce que la volonté première, essentielle, de l’auteur est de dire, sans morale ou sans leçon, dire cela :

La réalité est merveilleuse

Là, ici, partout, tout près. Rêver le monde est un acte, niché dans le réel. Dans ce qui nous entoure. Dans ce qu’il nous est donné à voir chaque fois que l’on regarde autour de soi.

Ne pas tout voir...

« S’il y a du politique dans le théâtre, ce n’est que dans l’acte du face-à-face. Et encore cet acte serait judicieusement remplacé par la violence amoureuse du face-à-face » Marc François (acteur, metteur-en scène).

Vous l’avez compris, pour aller à la rencontre de ce théâtre-là, il faut choisir. Dès le début, sans trop savoir ce que l’on choisit : une rue ? l’autre rue ? que va t-il se passer ? qu’ont-elles de particulier, de différent ?
Aucune réponse. Il faut se laisser faire.
Accepter la règle du jeu : une fois élancé dans une rue, on sait bien que dans l’autre, il se passe autre chose, d’autres histoires, d’autres individus, d’autres émotions. Cet autre chose, on ne le verra pas, on pourra (peut-être) se le faire raconter, ou bien il faudra revenir. Et encore...
Bien sûr, cela joue sur la frustration, génère le désir de voir ce dont on a été « privé », la sensation de manque : « je n’ai pas tout vu ».
Et bien sûr, cela n’est pas gratuit. L’objectif n’est pas de laisser le public « sur sa fin ». Volontairement, comme une punition.
Cela est bien plus simple : toucher du doigt, donner à voir ce que recelle la vie. La réalité de nos rues. Parce qu’en traversant une rue, un quartier, un village, il n’est jamais question de tout voir. Cela n’est pas possible.
L’être est multiple. Les rues sont peuplées de multitudes. Tant et si bien que même en les parcourant, on ne peut jamais tout voir. La réalité préserve ses secrets comme des trésors. Pour continuer d’imaginer.
De rêver. Cela n’est jamais fini.


De l’intime, une histoire d’œil

« S’il y a du politique dans le théâtre, ce n’est que dans l’acte du face-à-face. Et encore cet acte serait judicieusement remplacé par la violence amoureuse du face-à-face » Marc François (acteur, metteur-en scène).

Faire découvrir au public un parcours sensible à la rencontre d’histoires jouées avec lui, si près. Théâtre de l’intimité.
Pas de distance, pas plus que dans la vie. Les acteurs sont là, tout près, ici, c’est une histoire de senti-mètres.
Parce que nous ne sommes jamais loin de ce qui se trame dans le réel, parce que la vie se joue à proximité, parce nous sommes acteurs, qu’on le veuille ou non – premiers rôles ou figurants – de ce que l’on pourrait nommer « nos toiles urbaines », « nos peintures de vies ».
Parce qu’aujourd’hui le regard est prisonnier de toutes ces images qui nous matraquent : affichages colossaux, télévisions criardes, messes en tout genre. Le regard attiré par le grand, le tape à l’œil, en oublie le détail, le minuscule, les petites musiques de vies, qui sont pourtant l’essence de la grande fresque de l’humanité.
« Il faut cesser de regarder pour commencer à voir » disait Peter Handke.
Voilà, redonner à l’œil sa liberté, sans l’assomer, l’abrutir, mais tenter de suggérer un infiniment petit qui deviendrait immense.
Ces scènes de l’intime qui ne cache pas, qui se montre, là devant tout le monde, à portée de mains, invitent le regard à voir, à ne pas voir, à se détourner, à revenir. Mais ici, sans voile, sans autre lumière que celle du jour, du réel, sans distance, au cœur de l’intime d’histoires d’amours, l’œil est guidé, conduit, sans volontarisme, vers ce qu’il décide de voir. Libre et contraint de choisir.
L’acteur n’est pas là pour démontrer, montrer, pour donner une solution. L’acteur est un passant. Il propose, il suggère. Puis il disparaît. Ce qu’il reste c’est le regard, ce que le regard à offert à chacun de voir, l’espace d’un instant. L’acteur passe, et son seul souhait tient en cela : que le public, l’autre, continue de marcher de ce qu’il a vu.

Vous avez dit transartistique ?

L’art n’est pas un. L’art est plusieurs ; il ouvre tant de chemins d’expression, pour aiguiser les sens, animer les âmes, retourner les cœurs à l’envers.
C’est dit, le point de départ ici, c’est le texte. La poésie pratique. Pourtant le souhait tend vers le divers, le pluriel, pour offrir à chacun la possibilité de lire la magie des rencontres, la richesse du mélange.
D’abord la danse, comme autre façon de dire. A chaque instant le mot devient gestes. Le corps ouvre un nouvel espace à l’émotion, le corps transporte, tendrement ou avec violence, il décuple la phrase.
Puis viennent et repartent et reviennent le chant, la flamme, la peinture, comme on passe d’une rue à l’autre, du rire aux larmes, d’un cri aux silences.
Une fois encore, tout cela advient en même temps, pour éveiller à la fois les yeux, les oreilles, les pieds, les mains.
Comme danse la valse, cela tourne !

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