![]() |
||
|
|
||
|
coordonnées :Cie Uz & Coutume
administration :Illusion & macadam
|
« Reconnaître c’est découvrir à nouveau »
Si un jour tu meurs : A Stockholm, depuis plusieurs semaines sur la plus grande place de la ville, des clochards (célestes c’est certain) tentaient de récolter des sous pour la construction d’un foyer. Devant l’indifférence des passants, deux d’entre eux ont décidé de faire l’amour à même le sol à peine cachés par des couvertures. Au bout de trois quarts d’heure, les flics les ont embarqués … ils auraient continué à s’ébattre dans le fourgon. Faire l’amour comme on crie un slogan, comme on brise les rouages de la monotonie, comme on inaugure une révolution. L’union du bitume et des étreintes n’a pas le choix : elle ne peut-être que séditieuse. (Séditieux : révolte, soulèvement prémédité contre l’autorité établi)
Sur le rôle de receveur de paroles dans « Si un jour tu meurs », je dirais qu’écouter quelqu’un est un acte et pas une attitude. Il n’y a rien de passif ou d’innocent là-dedans. Ecouter c’est accepter de voir ce que tu n’es pas mais c’est aussi se reconnaître en kaléidoscope dans le discours de l’autre. J’écoute comme on procède à un interminable partage des eaux entre moi et l’autre. Le mot de celui qui parle porte en lui la marque de mon écoute. L’idéal de l’écoute, c’est le visage de la photographe Nan Goldin. Un visage fatigué, malicieux mais pas désabusé. Elle a photographié des junkies, des drags-queens, des mannequins, tout ceux sur qui tout a déjà a été dit , tout a déjà été écrit. Nous qui pensions les connaître, elle a photographié leur plaintes, leurs bassesses, leurs espérances, elle a saisi des paroles – dont certaines ne seront jamais prononcé – plus que des images, elle nous les a fait reconnaître. Ce qui m’attire c’est explorer le mot reconnaissance, si tu réfléchis aux multiples sens de ce mot, tu tombes sur quelque chose de vertigineux :l’amour commence par une scène de reconnaissance, je reconnais ton visage à chaque fois que je te vois, reconnaître c’est découvrir à nouveau...
Au cours des résidences (à Annonay en janvier et à Uzeste), des heures de paroles sur le projet, sur le métier de comédien, sur la construction des personnages,
Il y a une urgence à comprendre, à faire partager ce qu’est le processus de création. Nous ne parlons de statut, d’heures, non pas que ces questions soient inutiles mais il reste quelque chose à dire.. Monter un spectacle pour créer des ondulations, pour laisser entendre que l’état de fait n’est pas le point d’arrivée.
Pour raconter nous avons choisit de ne pas se perdre en discours théoriques simplement d’écouter Les accidents de parcours les aspérités des caractères sont la matière première du spectacle vivant. Faire du théâtre dans la rue... une idée étrangement simple : elle est là à tous les coins elle t’accompagne chaque jour et pourtant, alors que toi et moi nous y vivons dans le minuscule, le détail, elle est investi par des parades des carnavals, des géants, des artistes anonymes...
Caroline Izambert
Caroline suit depuis le début les étapes de création du spectacle, elle est responsable de la « trace », en interrogeant régulièrement les artistes, le public, les différents partenaires et acteurs de l’aventure. Ce travail très précieux permet, outre la représentation, de porter un regard sur nos métiers, nos engagements, tout ce qu’il advient, à côté, en parallèle d’un spectacle. |
| uzeste.org • site web d'expression poïélitique de la Compagnie Lubat de Gasconha | plan du site | imprimer |