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 uzeste musical visage village des arts à l'œuvre

 

Du mercredi 20 au dimanche 24 août
31° HESTEJADA DE LAS ARTS D’UZESTE MUSICAL

La manifestivité transartistique d’Occitanie Océanique

dédiée à Loris Capelli (musicien) et Aimé Césaire (poète)
imaginée réalisée par les œuvriers créateurs artistes et techniciens du spectacle de la Cie Lubat de Gasconha (compagnie transartistique de divagation)

Transartisticités nomades in lande

Sore - Luxey (Landes), clôture le 24 août à Uzeste (Gironde)

Une poétique du divers pour une écologie poïélitique de l’art de la diffusion de l’art… de villages en villages, en quartiers éloignés, en airials perdus, en lieux-dits non lieux, en cafés des sports, en cercles ouvriers, en place du marché, en salles des fêtes, en sentiers forestiers, en rivières sauvages... en amusique improïésique freelosophique impolyrythmique hasarchaïque fanachronique sociocratique psychorégraphique déconocomique bazarplastique autobiograffitique et patatipataphysique... Déconcertitudes récréactions irrespectacularités improvisions improjections explositions psycauseries circonférences imperformances jazzbalalalubats des hauts débats de fond en artifice opéra 68 ouf !
Théâtre au grand sens d'Uzeste Picnic en sus.
Mots dits moqueurs moteurs mots tôt mobiles... attention avant de trans'verser
les mots sont des masques qui n'ont rien à cacher
les mots mutent moquent aimantent les mots manquent mâtent et mentent
il ne suffit pas de les croire mieux vaut les pratiquer
rien ne suffit de les lire vieux maux mieux vaut les écrire
et pour ce qui nous concerne, nous, artistes d’en scène : les écrire à dire au pire !
« Depuis tout p'tit déjà, j’ai pris un coup d'athéâtre sur la tête ».
Pour ne pas confondre investissement et asservissement, comment savoir faire entendre voir et comprendre l'écart qui se creuse entre divertissement mercantiliste et avertissement artistique ; comment donner à ressentir la distinction qu'il convient d'opérer entre sensibilisation/émancipation et communication/clientélisation. « La vie n'imite pas l'art, elle imite la mauvaise télévision » (Woody Allen). Quand les citoyens sont transformés en clients, la démocratie tourne à vide, en boucle. En play back, elle se singe et la boucle. Nous sommes passés du culte à l'inculte, du catholique au cathodique. Nous voilà aujourd'hui en plein choc des incultures. Nous ne savons plus que nous ne savons pas. Nous ne savons pas que nous ne savons plus. À quoi bon. Il suffit de brancher la réalitélévissévidange, d'écouter la radioaudimatée, de gober les gros gras titres de la pressepuréepeople, de survivre à la malvivre, à la malbouffe, à la maldonne, à la malouïr, à la malpartout, ainsi dépolitisés jusqu'à l'os, nous voilà nus, foin de Dionysos. Alors d'ici d'en bas en haut, œuvriers-créateurs artistes et techniciens du spectacle, intellectuels, syndicalistes, philosophes, enseignants, étudiants, militants, innocents, coupables et autres gascondamnés de la terre, nous voici nous voilà, enjazzés dans une 31ème édition toujours encore plus ou moins que plus “impopuplaire” “inélitriste”, radicalmement à l'affût d'intervalles à savoir prendre... inventer pour inviter... à penser... à jouer... pensez-y !

Bernard Lubat

Mercredi 20

''“La clarté, de quelque manière qu'on l'entende, nuit à l'enthousiasme. Poètes soyez ténébreux !
La poésie veut quelque chose d'énorme, de barbare et de sauvage.” Diderot“''

10h00 Sous un arbre – Mots d’Afrique (1)

« Les dits de là » de Nathalie-Dalilá Boitaud
des ruelles misérables d'Alger, aux bruyants cris de Kinshasa, des mémoires troubles du Rwanda aux vagues écartelées des Antilles, du vent de sable du Maroc aux enfances de Cote d'Ivoire, au pied d'un arbre, paroles à palabres, voyages immobiles sur la corde sensible.
poèmes choisis et joués par Nathalie-Dalilà Boitaud avec les voix de Clémence Boudé, Gabrielle Léglise et Reagan Matuke Star.

"Et nous sommes debouts maintenant mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans sa main énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit (...) car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie"
Aimé Césaire (cahier d'un retour au pays natal)

10h30 Salle des fêtes – Improjections commentées

« Les délires délices » de Pierre Labrot artiste SDF (sans définition fixe)

11h11 à 11h59 Espace GFEN

Lectures de textes de Félix-Marcel Castan

La pensée de Félix-Marcel Castan est l’un des grands impensés de ce siècle, nécessaire pourtant à ceux qui prétendent à l’art de l’artiste à l’artistique plongé dans le monde concret et pas dans le fantasme, à ceux qui prétendent comprendre leurs choix culturels et qui les méconnaissent. Un choc salutaire, une découverte, des lectures simples entrecoupées d’impros, car on ne visite jamais ceux qui ont déjà pensé qu’avec l’art de ce que nous advenons dans le temps qui nous enserre de ses langues violentes.

13h30 Espace NVO/CGT– Ambivalence

Apéro swing psypolitique

« La batterie est en danger », ouïssez, oui c’est, une enjazzcognade citoyenne de et par Bernard Lubat (anartiste amusicien jazzconcubin uzestien et patati-pataphysicien)

13h00 à 17h00

Les femmes occupent le pré

Les débats, les ébats oratoires, les déclarations enflammées pour la parité, puis les risées et les « pour parler » voire les déclarations châtiées. Mais aussi les efforts réels, l’engagement de femmes et d’hommes : inégalité de salaires, précarité, retraite amputée, partage des responsabilités, violence. Alors : pourquoi c’est si lent de bouger, d’évoluer, pour le ménage et repassage, les enfants et le compte courant, les rapports de domination dans le travail, dans la vie, dans les paroles et dans les gestes. Puis il y a le foulard et la jupe revendiqués. Qu’est-ce qui se passe ? Les femmes de mai 68 ont fait des groupes de parole. À Sore, les femmes de la CGT occupent le gazon l’après-midi : lieu de passage, lieu de parole pour celles, ceux qui passent, entendent, s’en vont puis peut-être reviennent et s’arrêtent. Pour parler. Autrement que dans un débat. Autrement, comme on ne le fait pas. Gazon maudit. Gazon, c’est dit : gazon occupé.

14h00 Salle des fêtes – Communication/Projection

Les ateliers politiques

“Rétention de sûreté : une peine infinie - Réfutations III” Un film de Thomas Lacoste''' (2007, 68 mn) présenté par La Bande Passante et le syndicat de la magistrature. Huit intervenants, praticiens, militants et chercheurs, prennent ici la parole pour déconstruire méticuleusement ce populisme pénal, prôné par le chef de l'Etat, qui a dicté l'adoption de la loi sur la Rétention de sûreté, et le populisme constitutionnel qui veut l'appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit.
« On ne pouvait pas passer à côté d'une mise à mal aussi profonde du droit pénal qui balaye en parfaite impunité, pêle-mêle, le principe de l'égalité et de la stricte necessité de la peine, la présomption d'innocence, l'interdiction de rejuger une personne pour le même fait, la protection de la dignité humaine et celle contre la détention arbitraire. Ici, on piétine allègrement, rien de moins que la déclaration des droits de l'homme de 1789, la constitution de 1958, la convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales. C'est à se demander si sur un seul projet de loi un Etat totalitaire aurait pu faire mieux (...)
On ne peut pas comprendre la logique de cette loi si on ne se souvient pas des attaques portées ces six dernières années aux statuts des mineurs dans notre pays, à la mise en place des fichiers électroniques, à l'extension des différents contrôles policiers, à l'augmentation des gardes à vue prolongées, de la surveillance électronique mobile, à la mise à l'épreuve des libérations conditionnées, à la mise en place de la vidéo surveillance, à la création de fichiers municipaux (scolaires et psychiatriques), à la suspension des prestations sociales, ou encore à l'obligation faite aux juges de prononcer des peines minimales en cas de récidive etc... C'est cela le bilan 2002-2008 de la droite, mais cette série d'atteintes aux libertés fondamentales n'aurait de sens si on ne la comparait pas à la dépénalisation, dans le même temps, du droit des affaires. Comme nous le rappelle Emmanuelle Perreux, une seule logique est ici défendue : une justice à deux vitesses en faveur des puissants ». Thomas Lacoste
Ateliers conduits par Monique Chemillier-Gendreau (juriste internationale, professeur émérite à l’université Denis Diderot - Paris VII) avec la participation d'Emmanuelle Perreux (présidente du syndicat de la magistrature).

15h00 A l'ombre sous les platanes – Concert

François Corneloup solo acoustique (saxophones)
Musique de composition instantanée mult'immédiate

15h30 A l'ombre sous les platanes – Conférence

Les entretiens d'Uzeste

Daniel Bensaïd, professeur de philosophie à l'Université de Paris VIII à propos de son livre “Eloge de la politique profane” (Albin Michel)
Parce qu'il ne conçoit pas de séparation étanche entre la pensée et les pratiques sociales,
Daniel Bensaïd, dans son nouvel essai, reprend en charge le concept d'émancipation, en commentant notamment l'un des derniers textes de Jacques Derrida : « Rien ne me semble moins périmé que le classique idéal d'émancipation ». Agitateur politique en philosophie ? “Il se trouve, plaide-t-il, que j'appartiens, depuis le milieu des années 60, à une tradition politique qui n'a jamais cherché à se doter d'une orthodoxie idéologique ou philosophique. Par ailleurs, j'ai toujours revendiqué mon militantisme, y compris partisan, comme un principe de réalité, de responsabilité et d'humilité, consistant à ne pas croire qu'il y a une vérité philosophique comme en surplomb des pratiques sociales”.
A la suite de la conférence, signature de l'ouvrage de Daniel Bensaïs en vente à la librairie de l'Hestejada.

Femmes de l’art de luttes et de paroles

Spectacle manifeste

Solidarités poïélitiques à l'en chantier d'Uzeste musical pour sa résistance critique en situation critique au tout marché mâché rabaché au tout divertissement infantilisant dépolitisant pour son combat contre l'intolérable précarité infligée à la grande majorité des artistes œuvrières créatrices d'aujourd'hui, coincées entre le marteau et les faux cils : utilitarisme popuplaire ou chômage élitriste, sinon rien ! Moins que rien !!

17h00 Première partie : Rives de Leyre

Nathalie-Dalilá Boitaud poèmes d'Aimé Césaire, Claude Nougaro
Juliette Kapla chansons originales
Monique Chemillier-Gendreau dits juridiques
Sylvie Gravagna relectures de Brigitte Fontaine
Raphaëlle Camus danse contemporaine
Lua Carrilho chansons brésiliennes
Lydie Delmas dits syndicaux
Isabelle Loubère poèmes de Bernard Manciet
Martine Amanieu poèmes d'Arthur Rimbaud
Lucie Fouquet chansons lyriques
Vanina Michel chante Jacques Prévert
Perrine Fifadji chants danses d'Afrique

20h00 pause restauration

21h00 Deuxième partie : Rives de Leyre

Laure Duthilleul images et dits de cinéma, hommage à Marie Lubat (1914-2007)
Clémence Massart comédie en lettres sur l'amour chansons courrier du cœur

« Que je t’aime »

« La bêtise des hommes serait-elle gravée dans le marbre de l’éternité ? Joli cœur à vingt ans, Don Juan ou Casanova sur le tard, l’homme continue de ne rien comprendre au sexe, trop occupé à vaquer à ses occupations terrestres. Les femmes ? Comprend qui peut. Elles ont leurs humeurs, leurs vapeurs, leurs langueurs. Allez donc vous fier à de tels êtres si… comment dit-on déjà ? sensibles. Alors quand elles s’expriment, elles écrivent aux journaux, rubrique « courrier du cœur ». Elles couchent sur une page blanche leur vie qui, souvent, tient en quelques lignes, quelques mots pour des maux éternels. Trahies abandonnées, mal-aimées, ignorantes des choses de leur corps, elles laissent leur cœur guider une plume maladroite, émouvante, tendre, drôle ou cruelle. (...) » (Marie-José Sirach 11 juin 2007 l'Humanité)

00h00 Troisième partie : Salle des fêtes

Marie-Odile Chantran (chant, vielle, violon, percussions)
Bal trad avec l'accordéon de Marc Perrone et la guitare de Jean-Baptiste Laya
Rondeau, polka, tarentelle et cercle circassien, Marie-Odile Chantran vous entraîne dans la danse comme personne

« Il nous faudra avoir la patience de reprendre l'ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d'inventer notre route et de la débarasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l'obstruent. » Aimé Césaire

La blessure de la pensée

de Francis Marmande

Pensée défigurée, moquée.
Théâtre mis à mort dans l'indifférence joyeuse.
Littérature décrétée en voie d'extinction dans les lycées.
Musique étouffée dans le tsunami des musiques.
Accélération exponentielle du progrès : le MP3 restitue, mais de façon intelligente, 1/11e des qualités du document sonore avant compression. France Culture « compresse » le son autant que Skyrock. Arte passe ses films en version doublée.
Triomphe des médiocres.
Accélération stupide des débits, des voix de plus en plus métalliques, de plus en plus sèches, hautes et dures, formatées par la pub, le MP3 et le désir de sonner moderne.
Travestissement du mot même de démocratie.
Provincialisme de vélos et de potagers.
Jamais je n'aurais cru devoir aligner ces petits faits vrais.
J'aime l'ignorance touchant à l'avenir, et l'apocalypse me fait rire.
La question, la seule question, n'est plus : comment en sommes-nous arrivés là ?
La question, c'est : nous n'y allons pas, nous y sommes. Et même bien plus loin.
Où ?
Dans la barbarie rayonnante, l'arrogance teigneuse, dans des effets de domination que les régimes durs avaient au moins le bon goût de faire haïr.
Sans compter, Damoclès à tous les étages, que les derniers esprits à peu près instruits, même d'eux, surtout d'eux, monte en toute innocence le chantage à l'anti-élitisme, le chantage à la bonne humeur, le chantage à la démocratisation, à ce qu'ils osent nommer la démocratisation, à la loi du grand nombre, à la loi du marché, à la loi de la jungle, à l'hystérie des lois et des interdits, à l'infatuation pompette de sa propre créativité.
Tous ces grands duduches qui feraient de la musique sur leur ordinateur, disent-ils.
Tous ces magazins militants (arts, jazz, scène) qui d'une sophistication glacée, sont passés progressivement à une pipolisation dont ne voudrait pas le dernier des canards de cul.
Tous ces conseillers qui expliquent que, chacun son idée, chacun sa lacune.
Toute cette gloire financière du cinéma français (les chiffres) en plein désastre du cinéma d'auteur.
Les temps ne sont même pas durs. Le temps vient à manquer.
On ne sait où donner de la tête que l'on n'a plus. On envie Deleuze et Lacoue-Labarthe d'être partis avant. L'effort de la pensée, la tension qui soutenait le théâtre, l'action brûlante, terrible, qui voyait ou non la musique advenir, cèdent la place à la garderie, aux soirées thématiques et à ce rire obligatoire dont se gavent les radios, les télévisions, comme un aveu terrible.
Nous sommes morts, ce qui n'est pas grave. Personne ne nous l'a dit : ceci s'appelle l'enfer.
A la fin des années 60, on trouvait à San Francisco une affiche répugnante : une horrible mouche bien nommée se repaissait en gros plan de son monstrueux festin. Le texte : « Dix billions de billions de mouches mangent de la merde. Elles ne peuvent pas se tromper (they can't be wrong). »
Ce n'était pas élégant.
Francis Marmande, auteur, universitaire, journaliste

Revue de presse

“Un statut pour les artistes ?”

de Jean-Pierre Vincent, Comédien et metteur en scène

Il y a comme un paradoxe dans cette question : l’artiste étant celui (ou celle) qui refuse plus ou moins radicalement un statut. Mais la naissance et le développement des politiques culturelles ont diversifié les postures et imposé de nouvelles questions. Je ne peux parler que de ce que je connais bien : les artistes de théâtre ou de cinéma.

Si l’on parle de statut pour des artistes, c’est bien d’abord et surtout d’eux que l’on parle. Car tout en étant créatifs, créateurs et donc absolument seuls devant le monde à réimaginer, les «théâtreux» sont inclus dans des entreprises (quels que soient, là aussi, la fragilité et le caractère atypique de celles-ci). Ces entreprises, forcément collectives, fabriquant des prototypes, éphémères ou non, nécessitent depuis l’invention du théâtre un soutien public, quelle qu’en soit la forme. On pourra en répéter les raisons…

Le statut inventé en France pour ces artistes est en crise. C’est évident : cette crise est liée à d’autres réappréciations nécessaires dans notre politique culturelle. Il ne faut pas s’obnubiler sur le seul «statut des intermittents». S’agit-il seulement d’un statut juridique et social ? Ou d’un statut au sens plus large dans la pensée des décideurs, dans l’idée que la société se fait d’elle-même ? D’un projet artistique plus large pour la société… La crise actuelle de la politique culturelle révèle une crise de la politique tout court.
(Libération, 14 juin 2008)

« L’art doit-il se fixer des limites ? »

de Paul Ardenne, Historien de l’art

Il n’est évidemment pas question que l’art se fixe des limites. Formellement, la création artistique, dans l’espace démocratique, est libre, elle ne saurait se brider. La modernité a fait de cette liberté un dogme, avec cette conséquence : la consécration des formules poétiques extrémistes, qui font florès à compter des années 60. Tout est bien ? Non. L’absence de limites, en l’occurrence, est souvent l’autre nom de l’absence de repères, ou de valeurs. L’institutionnalisation de l’extrémisme artistique, progressivement acquise, rend aussi l’art le plus radical suspect de récupération. La liberté d’expression, dans le même temps, devient plus conditionnelle que jamais, avec le retour plus ou moins masqué des censures : l’ordre moral, mais aussi la production et ses impératifs économiques de rentabilité, aux effets autrement anesthésiants. Sans oublier le fréquent recours des artistes à cette autocensure préventive qui vous évite d’affronter l’évaluation morale et la régulation éthique. Enfin, l’industrie culturelle. Engagée depuis un demi-siècle dans un processus de neutralisation changeant l’homme cultivé en consommateur de biens symboliques et lui faisant prendre le vide culturel pour le plein, cette grosse machine niveleuse ne goûte que modérément les authentiques provocations. Le tout génère ce résultat paradoxal : les artistes, passé le temps des emballements, ont rarement été aussi conformistes qu’aujourd’hui, tous médiums confondus. Et l’art, rarement aussi corseté qu’il ne l’est dorénavant.

de Ruwen Ogien, Philosophe, directeur de recherche au CNRS

Les associations familiales ou religieuses ne sont pas les seules à s’indigner des prétendues dérives de l’art contemporain, qui serait entraîné dans une sorte de surenchère dans la représentation de l’«abject», avec le soutien des institutions publiques, c’est-à-dire aux frais du contribuable anonyme qui n’y comprend rien.

Des critiques d’art renommés, qui ne sont pas tous réactionnaires, partagent ce diagnostic catastrophiste. Ils estiment que l’art d’aujourd’hui est perverti par une tendance à aller vers le plus morbide, le plus cruel, le plus répugnant, tendance que seul peut expliquer, selon eux, le désir des artistes de se faire remarquer dans un marché saturé ou de susciter l’intérêt d’un public vite lassé.

Ces critiques pensent qu’il faut mettre des limites à ces «dérives», car sinon il n’y aura bientôt plus aucune différence entre l’art et la téléréalité la plus sordide ou les sites Internet spécialisés dans le plus stupide ou le plus choquant.

Je conteste ce diagnostic qui relève, à mon avis, d’une panique morale injustifiée face à la création artistique. Sans chercher le paradoxe à tout prix, j’estime que ces tendances esthétiques si décriées apportent une contribution remarquable à notre compréhension du monde. Elles s’inscrivent dans un mouvement général de désacralisation de l’art et de l’homme que je trouve particulièrement bienvenu, et qu’il ne faut surtout pas confondre avec une dévalorisation de l’art et de l’humain.
(Débat animé par Edouard Launet, Libération, 14 juin 2008)

 
Photos...
 

Jeudi 21 août

“Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé” Paul Eluard

10h00 Sous un arbre – Mots d’Afrique (2)

« Les dits de là » de Nathalie-Dalilá Boitaud

10h30 Sous les platanes

Les ateliers politiques

Débat rebond sur le film Rétention de sûreté : une peine infinie avec Monique Chemillier-Gendreau juriste internationale, et Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature.

11h 12 à 11h 59 Espace GFEN 

On lit ici Castan Félix-Marcel opéra de la pensée coup de poing aux évidences qu’on a en soi linceuls de soi qui nous caressent et nous serrent de si près cyprès qu’on peut plus respirer oxygène neuf garanti d’écrits inouïs et rares. Après on passe à côté optimistes et frappeurs.

12h00 Espace NVO – Ambiance

Apéro swing frappeur

Après « La batterie est en danger » (réflexion-action individuée) « Les tambours du bourg », (réflexion-action collective en Cie Lubat). Un pour tous, tous frappeurs, comme dans les manifs, apportez vos bidons, casseroles et poêles à frire.
Intervention spéciale du conteur René Martinez narrant les péripéties du dernier opus Soli Solo Saga de Bernard Lubat : « Chansons Enjazzées » (distribution Harmonia Mundi en vente sur la Hestejada)

14h00 Salle des fêtes – Projection

Artistes & Associés présente : Le Fil rouge sur le fil rouge film de Frédéric Delpech (2007, 6 mn), captation vidéo de la destruction des tours de la cité Yves Farge à Bègles. Sculptures vivantes film de Frédéric Teissèdre (2006, 26 mn), les années 70 au CAPC musée de Bordeaux. Pathos mathos film de Manuela Morgaine (2007, 59 mn), un film au source de l'idée noire.

15h30 Sous les platanes

Les entretiens d'Uzeste
Débat rebond sur la conférence de la veille : Eloge de la politique profane de Daniel Bensaïd

17h00 Rives de Leyre – causerie concert

Louis Sclavis duo dialogue avec Bernard Lubat : musique société vécu improvisation enjazzement

18h00 Salle des fêtes – Projection

Rétrospective Emile Cohl, L'agitateur aux mille images Musique originale composée et interprétée par Bernard Lubat.
Cent ans plus tard, alors que l'animation est devenue l'un des domaines les plus créatifs du cinéma contemporain et occupe une nouvelle place dans le paysage cinématographique, la force poétique des films d'Emile Cohl reste intacte : à jamais expérimentale, inventive, fugace, fantasmatique.
20 ans avant Mickey, Emile Cohl invente le film d'animation.
Venu de la caricature, Emille Courthet -dit Cohl- découvre à cinquante ans l'univers infini du cinéma d'animation, celui de la manipulation image par image du monde, de ses espaces et de ses créatures.
De ce qui n'est alors qu'un truc, il va faire un art.
Trois cents films exploitant toutes les techniques autorisées par cette expression singulière et principalement réalisés sous le signe de la marguerite Gaumont

19h00 Derrière l'église ou dans l'église – Concert

“Des free songs partout”
Juliette Kapla (chant), Claire Bellamy (contrebasse voix), Fabrice Vieira (guitare)
L'une joue de la voix, l'autre fait chanter sa contrebasse. Elles se sont rencontrées autour de standards de Jazz, se sont essayées ensemble aux chansons que Juliette écrit, et se sont trouvées dans cette formule duo-ouverte...
Juliette Kapla écrit les textes qu'elle défend, déforme, enchante et déchiquette. Claire Bellamy empoigne fermement sa contrebasse et enrichit le chant de sons profonds, s'amusant d'effets divers, de percussions en distorsions.
Les deux femmes partagent le jeu du mot dit, du mot jeté, des échos et de l'harmonie des voix. Elles partagent aussi le goût du bizarre, du marrant, du risqué. Mordant la poésie à belles dents, elles mettent leur énergie et leur enthousisme à étirer la chanson dans sa forme, afin d'arriver si possible là où elles-mêmes ne s'attendent pas. Mais s'entendent bien !
Dans une atmosphère joyeuse et joueuse, ces très féminines duettistes se promènent de la chanson claire à la freesong, ne négligeant pas le trash metal ni le groove tranquille. Il leur est donc bien naturel d'accueillir Fabrice Vieira, complice occasionnel de la formation lilloise ; ses interventions guitaristiques et vocales apportent des couleurs nouvelles à ce duo déjà pas triste.

19h16 à 19h59 Espace GFEN

Oseoir à Gueuloir

Les mots nous menacent on les dit pardi pour s’en défaire sans défaire le sens juste pour les regarder incertains car les mots quand on les dit ils trahissent ce qu’on écrit les chiens ! Aussitôt après on file aux jeunes d’à côté qui ont osé. L’écho des mots dans les oreilles se mélange à la swing sang battant jeune.

20h00 Espace NVO/CGT – Ambiance

Apéro swing junior

Les enfances de l'art du ConVersatoire d'Uzeste

Luxey – airial quartier de Gaillarde

21h00 Sous les chênes centenaires – concert projection photographique

“1950”

Un poème musical imaginé et interprété par Bernard Lubat (accordéon chant), Raphaëlle Camus (danse contemporaine), Louis Sclavis (clarinette) Beñat Achiary (chant)
Hommage à la vie pastorale landaise à travers les visages de la famille Tilhos. Alice, Laurent et leurs quatre enfants, métayers (cultivateurs éleveurs et résiniers) sur l’airial du quartier de Gaillarde de 1935 à 1985.

Retour à Sore

22h00 Rives de Leyre – Science friction

IRCAM-UMCL Voyage dans le futur

Les Omax Brothers : Gérard Assayag, Georges Bloch, Marc Chemillier (logiciel informatique)
Au piano : Hélène Schwartz et Bernard Lubat
A la captation vidéo: Emilie Rossez
Travaux audio-visuels entre chercheurs mathématiciens informaticiens musiciens compositeurs de l'IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique Musique) et chercheurs d'art d'UMCL (Uzeste Musical en Cie Lubat).
Jeux en je en joute entre intelligence humaine, intelligence artificielle
quand sons et images s'envolent au vent dans le logiciel.

23h00 Rives de Leyre – Déconcertifiant

Nuit Free Taxe Taxi

en Cie et invités en filou folie
Comme une course folle au fin fond de l'énergie
Comme un trajet sans froid ni loi sans trêve ni répit jusqu'au bout de la nuit
Louis Sclavis (anches) Beñat Achiary (chant) Patrick Auzier (trombone) Fabrice Vieira (guitare voix) Fawzi Berger (batterie percussions) Louis Lubat (batterie) Thomas Boudé (guitare) Nathalie-Dalilá Boitaud (textes) Raphaël Quenehen (sax) Yoann Durant (sax) Pierre Labrot (improjections) Bernard Lubat (amusicienneries) Julen Achiary (percussions).
Nous aurons froid ? Couvrons-nous !! Munissons-nous : pulls polaires, couvertures chauffantes, couettes, manteaux, duvets, bouillotes, triples chaussettes, bonnets de nuits, mouffles... Sont prévus : service de vin chaud, tourin à la tomate...

Louis Sclavis commence l'étude de la clarinette à l'âge de 9 ans avant de rejoindre le Conservatoire de Lyon. Il se produit dès 1975 avec le Workshop de Lyon, joue dans diverses formations de l'ARFI (Association à la Recherche d'un Folklore Imaginaire, fondée en 1977 à Lyon) et rencontre Michel Portal, Bernard Lubat, joue avec la première Cie Lubat d'Uzeste Musical ensuite avec le Brotherhood of Breath de Chris McGregor et le quartet d'Henri Texier. Il enregistre ensuite plusieurs disques sous son nom et se produit dans les principaux festivals de jazz français et étrangers. Le Prix Django Reinhardt, décerné au « meilleur musicien de jazz français », lui est attribué en 1988. En 1989, il obtient avec son quartet le premier prix de la Biennale de Barcelona décerné au meilleur créateur Européen puis reçoit au Midem le British Jazz Award 90/91 du meilleur artiste étranger. Il a obtenu le Django d'Or 93 attribué au meilleur disque de Jazz français de l'année. Artiste engagé, il participe à de nombreux concerts et manifestations de solidarité.

Revue de presse

“La musique transforme-t-elle la société ?”

de Carlos Kater, Musicologue

La musique peut avoir un rôle fondamental dans la transformation de la société… Cependant, ce rôle se joue d’une façon plus efficace par l’intermédiaire des actions musicales conçues en syntonie avec des problématiques sociales contemporaines. Elles devraient être en mesure de favoriser le développement humain, intégrant savoir, observation, créativité, plaisir… La musique nous offre tout cela potentiellement, ainsi que la possibilité d’une pratique créative pour que les individus puissent prendre un contact aussi effectif qu’agréable avec le savoir au sens large, ce qui signifie des connaissances au niveau externe (la culture) et aussi au niveau interne (savoir du soi). Les ponts responsables pour l’intégration de ces deux univers, dedans-dehors, moi l’autre, la musique est capable de les stimuler.

Il faut toutefois que les responsables des projets d’éducation ou d’animation musicale dans les établissements, qu’ils soient scolaires, culturels, de santé, de réclusion,etc., ne substituent pas expression par audition, invention par reproduction. Cela mettrait en situation fragile le rôle essentiel et humaniste que la musique peut avoir dans la vie présente des individus, dans la construction d’une meilleure qualité de vie de la société future.
(Libération, 14 juin 2008)

Vendredi 22 août

“En art les seules règles valables sont celles qui sont transgressées” David Lynch

10h00 Sous un arbre – Mots d’Afrique (3)

« Les dits de là » de Nathalie-Dalilá Boitaud

10h30 Salle des fêtes – Projection

Les ateliers politiques

Monique Chemillier-Gendreau présente Universités, le grand soir un film de Thomas Lacoste sur la crise du savoir, l'université, le déplacement du savoir

11h17 à 11h59 espace GFEN 

Lire Marcel-Félix Castan

L’os de la langue de Castan c’est la pensée qui oscille mobile entre l’immobile de nos défaites toutes faites et de nos victoires à penser autrement nous-mêmes quand même avec les autres. Pourquoi ne pas inventer plus loin quand d’autres ont inventé de nous nos possibles de le faire en fer et contre enfer de nous enfermés et paradis de comprendre enfin ce qui nous échappe et où nous courrons pour le rattraper ? La minute d’après on tchatche dans nos têtes à NVO, OVNI-CGT.

12h00 Espace NVO/CGT – Ambivaillance

Apéro swing pataphysique

Bernard Lubat Déconomunication dodécacophonique « Lubat ? On ne comprend rien à ce qu'il dit. » (Credo ou créneau, au choix, d'un ancien grand élu local, aujourd'hui à la retraite)

13h30 Chapiteau noir – Projection

Rétrospective Maurice Failevic

«Les saltimbanques» téléfilm en deux parties, scénario et dialogue : Jean-Louis Comolli et Maurice Failevic, musique : Michel Portal.
Dans ce film en deux parties, un joli pari : celui d'une télévision à la fois populaire (accessible au plus grand nombre) et exigeante, difficile. En clair : il s'adresse autant à l'intelligence qu'à la sensibilité des spectateurs, qu'ils ne prennent pas pour des demeurés à la petite cervelle. «Les saltimbanques» c'est une merveilleuse histoire drôle et émouvante, un fantastique suspens. Mais c'est aussi une très subtile réflexion sur le métier de comédien, la transformation du réel par l'art, la fonction de la mise en scène, du spectacle. La grande trouvaille de Failevic et Comolli, c'est d'avoir plongé leurs comédiens au coeur même d'une période historique décisive, celle de la fin de la deuxième guerre mondiale. Les hommes de l'illusion, du faux-semblant, au prise avec les machiavéliques machinations des nazis, qui jouent (pour de bon) avec la vie et la mort.
Après les deux projections, rencontre avec le réalisateur.

14h00 à 16h00 Espace CCAS

Ouverture d'un bureau de poste temporaire « Spécial Hestejada »

14h00 Salle des fêtes – Conférence projections débat

Filmer le jazz (1eme partie)
par Xavier Baert (en partenariat avec la Cinémathèque de la danse)

15h00 Derrière l'église ou dans l'église – Concert

« Corps à cordes » Philippe Laval (guitare voix), Fabrice Vieira (guitare voix), Fawzi Berger (percussions), Nathalie-Dalilá Boitaud (voix)

15h30 Salle des fêtes Conférence improjections débat

Autour de “Mon Œil” par Michel Mompontet (journaliste) et la participation de Jean-François Cazeaux (philosophe)
Chaque samedi à 13h15 sur France 2 Michel Mompontet assure « Mon Œil », une chronique lumineuse sur l'actualité de la semaine. Une réflexion sur l'image ludique et pédagogique. « Mon Œil » se présente comme un édifice de verve où tout se tient et se contient. Michel Mompontet additionne retranche monte recoupe. Il discerne. Sans théser. Ça vire alors en implacable. En ajoutant aux images et en voix off, un commentaire où caracolent phrases et sentences, virevolte l'adjectif. Une langue piquant ses trilles dans l'argot, l'expression familière. Le verbe danse sur une piste humoristique, ironique. Et toujours juste. Cingler s'acoquine si bien avec la justesse (et inversement). Ni gratuité, ni effet de manches. Mais une correction. Un sens critique. Des fois que le téléspectateur, devant son robinet d'images coulant à flots, n'aurait pas tout retenu, saisi. Il a droit ici à une leçon trempée de pédagogie. A la rentrée, Michel Mompontet double la mise au point, repique à la table de rétroprojection : à « Mon Œil » le samedi, va succéder même heure, même chaîne « Mon Pied » le dimanche.

17h30 Rives de Leyre – Causerie concertifiante

A une et deux voix une réflexion sur l'art de l'improvisation jazzistique et outre
Francis Marmande avec Martial Solal et Bernard Lubat

18h30 Espace GFEN – Comédie

On n'est pas des chiens

Textes et chansons de Brigitte Fontaine par Sylvie Gravagna

18h40 à 18h59 Espace GFEN

Gueuloir à mots osés.

C’est jamais moi qu’on lit c’est un personnage d’encre qui m’accompagne pagne qui cache le sexe des mots bandés comme des arcs les flêches revêches tendres cibles du public si t’oses tu touches le cœur est un oiseau poétique tendre. Si tu dis t’écoutes mieux si t’écoutes tu te dis mieux et âpre près après tu comprends mieux ceux qui créent malgré tout l’audio invisuel public du débat qui suit les sentiers de la création.

19h00 Librairie nomade

Signature dédicace du livre autobiographique de Martial Solal Ma vie sur un tabouret éd.Actes Sud

19h00 Espace NVO/CGT – Débat

« Quel avenir pour l'audiovisuel public ? Quelle réalitélé ? Qui télécommande ? »

Marcel Trillat (réalisateur et ancien membre CGT du conseil d’administration de France Télévisions) Pierre Mouchel (France 3 Aquitaine) Jean-François Théaldi (secrétaire général du syndicat national des journalistes CGT de France 3) Pierre-Henri Arnstam (Aquitaine Images Cinéma) Maurice Failevic (réalisateur) Michel Mompontet (journaliste France 2)

19h30 Rives de Leyre – Lecture dansée

Le funambule de Jean Genet par Martine Amanieu (texte) et Raphaëlle Camus (danse).
« Tout homme aura peut-être éprouvé cette sorte de chagrin, sinon la terreur, de voir comme le monde et son histoire semblent pris dans un inéluctable mouvement, qui s’amplifie toujours plus, et qui paraît devoir modifier, pour des fins toujours plus grossières que les manifestations toujours plus visibles du monde. Ce monde visible est ce qu’il est, et notre action sur lui ne pourra faire qu’il soit absolument autre. On songe donc avec nostalgie à un univers où l’homme, au lieu d’agir aussi furieusement sur l’apparence visible, se serait employé à s’en défaire, non seulement à refuser toute action sur elle, mais à se dénuder assez pour découvrir ce lieu secret, en nous-mêmes, à partir de quoi eut été possible une aventure humaine toute différente. » Jean Genet, L’atelier de Giacometti.

20h00 Espace CCAS – Ambiance

Atelier apéro EDF/GDF

21h30 Rives de Leyre – Concert

Enjazzements coupables

Piano Lubat Solo « Y'a-t-il une vie après le jazz ? »
Improvisions jazzconcubines alternaïves natives
Duo conversatoire d'Uzeste :Thomas Boudé (guitare) / Louis Lubat (batterie)
Duo conservatoire de Paris : Raphaël Quenehen (sax) / Yoann Durant (sax)

Récital Martial Solal piano solo

Compositions personnelles, improvisations libres, relectures de standards de jazz
« Le style, d'abord. La manière. Dès qu'on l'entend jouer, aucune erreur n'est possible : on sait que c'est Solal. Ensuite, il y a le degré de perfection qu'atteint le virtuose. Pas seulement les doigts, la tête aussi. On pourrait dire que la philosophie paternelle (« De l'ordre ! De l'ordre ! ») n'est pas restée lettre morte. La technique instrumentale, fruit d'un travail renouvelé, est mise au service d'une discipline intellectuelle rare chez un improvisateur. Les plus folles digressions sont fermement contrôlées. On pourrait poursuivre ainsi, évoquer les réactions de grands concertistes, Samson François, Sviatoslav Richter, devant le monde nouveau que leur dévoile ce pianiste de jazz (...).
André Hodeir, extrait de la préface Martial Solal, Ma vie sur un tabouret

Final dual Martial Solal (piano) / Bernard Lubat (batterie)

Improvisation libre (composition instantanée mult'immédiate)

00h00 Salle des fêtes – Spectacle

La vieille au bois dormant de et par Clémence Massart
Elle joue des textes drôles et cruels, les paradis artificiels, l'alcool, la jalousie, le crime, le rhume et de terribles chansons oubliées. Elle joue devant vous une femme qui jadis scintiller au firmament du music hall. Elle scintillait comme un astre ! A présent, constatez le désastre.

01h00 Espace NVO/CGT – Bal brésilien

Lua Carrilho (flûte chant) Fawzi Berger (percussion chant) Fabrice Vieira (cavaquinho guitare chant) Mickaël Geyre (accordéon)

Martial Solal

Durant la seconde guerre mondiale, au Maroc pendant son service militaire, il commence par jouer dans les mess des soldats américains. Devenu professionnel en 1945, il s'installe à Paris en 1950. Il joue avec de nombreux musiciens de jazz d'alors : Aimé Barelli, Chiboust, Benny Bennett, et participe à de nombreux enregistrements, parfois sous le pseudo de Jo Jaguar, pour la marque Vogue. Il prend sa liberté en 1953 et joue en clubs, accompagnant les grands jazzmen de passage.
Dès 1951 il crée un quartet, avec Roger Guérin à la trompette, Paul Rovère à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie. Il enregistre quelques succès alimentaires et compose pour la télévision et le cinéma: À bout de souffle, Léon Morin prêtre, Échappement libre. Un jour, Guy Lafitte lui demande de trouver un accord pour le pont d'un twist et une idée d'arrangement, depuis on le croit seul compositeur de Twist à Saint-Tropez…
1960 est l'année de la création de son trio avec Guy Pedersen à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie, trio qui reste célèbre. Ils libèrent le jeu triangulaire du trio classique : la contrebasse change radicalement devenant plus mélodique et l'esthète Daniel Humair apporte des trouvailles techniques ébouriffantes.
Pilier du Blue-Note, il accompagne le guitariste Jimmy Gourley durant plusieurs mois, jouant un répertoire différent tous les soirs, ce qui lui permet de maîtriser parfaitement les thèmes et harmonies de tous les standards.
Sideman très prisé des grands noms du jazz, Martial Solal a eu d’emblée du succès dès la parution de son premier enregistrement en 1953. Le producteur américain George Wein le découvre en France et le présente en 1963 en vedette aux festivals de Newport, Monterey, San Francisco, New York et Montréal. C’est le départ d’une carrière remarquable pour un musicien français qui le conduira de Carnegie Hall à la Maison des Compositeurs de Moscou, de la Fenice de Venise à la Philharmonie de Berlin. Cependant, jeune marié et père d'un fils à Paris, il renonce à une carrière américaine. Ce sera malgré tout en leader de son propre trio et de ses grands orchestres qu’il l’aborde, avec un accent mis sur la composition. Cela lui vaudra que de très nombreux metteurs en scènes, de Jean-Luc Godard pour le mythique À bout de souffle à Orson Welles pour Le procès, lui confient la bande originale de leurs films.
Martial Solal est connu pour son talent de commentateur, de présentateur et son humour : ses compositions se nomment Nos smokings - Averty c'est moi - Leloir m'est cher - Gavotte à Gaveau - L'allée Thiers et le poteau laid - Basie Like -
Il joue régulièrement en solo, ainsi qu'en duo, avec diverses personnalités: Lee Konitz, Michel Portal , Didier Lockwood... Il a également joué avec, entre autres : Dizzy Gillespie, Chet Baker, Stan Getz, Stéphane Grappelli, Phil Woods, Carmen McRae.
A partir de 1995 Martial Solal renoue avec les rythmiques Américaines Marc Johnson/Peter Erskine, Gary Peacock/Paul Motian, Marc Johnson/Paul Motian.
En 1997, faisant suite à l'album "Just Friends", il tourne en trio avec Gary Peacock à la contrebasse et Paul Motian à la batterie. Puis il crée son trio actuel avec les jumeaux François (contrebasse) et Louis (batterie) Moutin.
Sa maîtrise hors-pair de l'instrument accompagne un talent d'improvisateur inépuisable. Son talent l'a fait reconnaître bien au-delà de l'Europe. Duke Ellington lui-même a dit de Solal qu’il possédait « en abondance les éléments essentiels à un musicien : sensibilité, fraîcheur, créativité et une technique extraordinaire ».
En 1999, Martial Solal a reçu à Copenhague le Jazzpar Prize, considéré comme le Nobel du Jazz, qui parachève l’édifice impressionnant de distinctions qu’il a reçues : Prix des festivals de Montreux, La Haye, Milan, Prix de l'Académie Charles Cros, Prix du Président de la République, Victoire de la Musique, Prix Stan Kenton, Prix Django Reinhardt, Prix Boris Vian, 2 Djangos d’Or, Prix de la SACEM et en 1993 le Grand Prix National de la Musique...
Il a enregistré plus de 50 disques sous son nom. Enfin, un très prestigieux concours international de piano jazz organisé tous les quatre ans porte son nom. Il est le père de la chanteuse de jazz Claudia Solal, qui participe à son orchestre Newdecaband.

Francis Marmande, un parcours hors du commun.

Universitaire, lecteur assidu de Laclos notamment Les Liaisons dangereuses, de Georges Bataille Bataille politique, L’indifférence des ruines, ou de Leiris L’envers du siècle, il est Professeur de littérature à l'Université Paris VII. Il y dirige l’équipe de recherche Littérature au présent. Il collabore à Jazz Magazine de 1971 à 2000, au Monde (jazz, littérature, tauromachie) depuis 1977, et co-anime la revue philosophique et politique Lignes, de sa création (1987) à 2000. Entre 1985 et 1992, il est de l’aventure de L’Autre Journal (Michel Butel).
Francis Marmande n'a jamais cessé de pratiquer la contrebasse dont il dit qu'il “joue plutôt mal mais avec beaucoup de coeur”. Il a souvent fait le boeuf avec des musiciens importants (de Bernard Lubat à Miles Davis en passant par Archie Shepp et Joao Bosco). Il n'est pas musicien, il est un type qui joue de la musique, dit-il.. Il s’est produit à Uzeste et Paris avec Sunny Murray. Membre du Jac Berrocal Group (avec Jacques Thollot), on l'entend dans son disque La nuit est au courant (In Situ). Il a publié un CD en 1998 La cantate des chaudrons (Fourbis). Il a, dans la foulée, présenté à Banlieues Bleues, son spectacle Voisins et amis (1998), avec Marc Perrone, Bernard Lubat,André Minvielle, Georges Didi-Hubermann, Miguel Mipuente, Susana Zabala, Martial Barrault, Daniel Dobbels, Arnaldo Calveyra, Sylvain Guérineau. Tourne actuellement avec Los Cinco de la tarde (Paco El Lobo, Pascual El Gallo, André Minvielle...).
Souvent sollicité comme accompagnateur pour des lectures d'écrivains : Danièle Sallenave, Jacqueline Risset, Florence Delay, Jacques Réda, Arnaldo Calveyra, Michel Deguy.
Francis Marmande joue également du piano, de la guitare, du tuba et de l'harmonica. Dessinateur, il a illustré la page de sommaire de Jazz Magazine de 1976 à 1994 et des couvertures de livres (Perec, Sartre, etc.).Il est co-auteur, avec Jean-Louis Comolli du film Le Concerto de Mozart (1996). En 2006, une adaptation théâtrale de son roman Jesus Camacho 404 284 voit le jour sur les planches du MC93 Bobigny (on y retrouve un petit groupe d'acteurs-musiciens évoluant au gré de voyages en Asie, de questions philosophiques et historiques, sur fond de jazz et d'histoires de musique afro-américaine).
Francis Marmande est également pilote d’avion et de planeur et en arrière saison hivernale, barman bénévole au célèbre Café l'Estaminet d'Uzeste.

Revue de presse

“L'intelligence, ça s'apprend”
de Francis Marmande

Le jour où Le Monde annonce la mort de Césaire, le 18 avril 2008, on enterre Jacques Seebacher (1930-2008) du côté d'Amboise (Le Monde du 23 avril). Jacques Seebacher était un professeur de littérature de ce style disqualifié par la vulgarité qui règne : flamboyant, magnifique, contestataire, consentant à tous ses désordres et à toutes ses fidélités, amoureux du plaisir, désinvolte sur la forme et d'une exigence terrible sur les principes, dandy très capable de remplir la nuit des milliers de fiches érudites.
Pour qui, ces fiches ? Certainement pas pour sa gloire, non : pour les groupes, les bandes, les tribus qu'il aimait susciter. Découvrant de très précieux secrets touchant à un manuscrit de Victor Hugo, assez en tout cas pour bétonner trois carrières universitaires et toute sorte de livres inutiles, il en fit des petits paquets soigneusement annotés de sa main, qu'il offrit en partage aux hugoliens de ses amis.

Il pratiquait l'amitié, la musique, le jardin, la conversation avec ce soin dilapidateur que d'autres mettent à naviguer sur MySpace. Jouait-il d'un instrument ? J'ai oublié de le lui demander. Il jouait de sa voix, sa voix grave, sa voix de viole de gambe, sa voix suave soudain cassante, sa voix aussi riche d'harmoniques que les vins dont il savait d'un coup de nez identifier les arômes. D'une intelligence féroce, soudain insupportable, cinglant, drôle, charmeur, méprisant, communiste et puis plus communiste sans en faire tout un plat mais sans se renier, constant de l'inconstance, il parlait sans notes, ne laissait jamais une phrase cul-de-jatte, ses mains alors semblaient des mésanges, un étudiant lui avait dit : « Nous, nous écrivons comme nous parlons, vous, vous parlez comme sont écrits les livres » Ah oui !, Seebacher laissait tomber sans même y songer : « L'intelligence, ça s'apprend. »
Voilà, adieu berceau, cuillère en or dans la bouche en naissant, sapin de Noël, non, la vérité, c'est que l'intelligence, ça s'apprend. Ça ne tombe jamais du ciel. D'ailleurs, sauf pour les vélivoles et Galilée, le ciel n'existe pas. L'intelligence n'a rien d'un don, c'est une pratique.
Quels points communs entre Seebacher et Césaire, en dehors de ce 18 avril, jour de la Saint-Parfait ? Intermittents du communisme ? Bonne piste. Violemment autonomes ? Pas mal. Normaliens ? Soit. Mais l'Ecole Normale, c'est bien joli, y entrer est à la portée de tous, le seul point qui compte, c'est de savoir en sortir. Ne pas s'y enterrer, il sera toujours temps au soir de la vraie mort. Ah oui, leur point commun : Hugo, la langue, le peuple, tout Hugo, le tendre comme le Hugo de La Bouche d'ombre. La langue, la farouche exactitude de la langue, seul accès à soi, au désir, donc aux autres, à la règle, à l'Histoire.
Seebacher, inconnu de tous, sauf de ces chercheurs aux mains nues en voie de disparition, et Césaire, le cri noir, la révolte, l'éloquence de la Révolution mâtinée de palabre, sortaient du peuple et s'en trouvaient gaillards. La colère noire chez Césaire, rien de cet « humanisme », cette « tolérance » dont se gargarisent tous les couteaux châtreurs de la classe politique (droite de droite et droite de gauche pour le coup confondues), répond à voix haute à l'intransigeance de Seebacher. La colère poétique. La colère théâtrale du Nègre. Nègre ou juif, disait-il, on ne naît pas nègre, on le devient. Nègre, ça sonne péjoratif ? « Mais c'est pas nous qui l'avions inventé. La négritude, c'était une réponse à la provocation. » Aujourd'hui, on veut imposer la sale habitude de mettre une feuille de vigne au racisme ambiant en disant « black ».
Décidément, Guy Rosa, professeur lecteur de Hugo, Césaire et Seebacher, a raison : « Il est des morts qui meurent plus que d'autres. »
(Le Monde, 24 avril 2008)

Samedi 23 août

“La musique poétique ne peut être que le battement de la vague mentale contre le rocher du monde” Aimé Césaire

10h00 Sous les platanes

Les ateliers politiques

Débat rebond conduit par Monique Chemillier-Gendreau, sur la crise du savoir, l'université, le déplacement du savoir, à partir du film de Thomas Lacoste Universités, le grand soir

12h00 Salle des fêtes – Conférence projections débat

Filmer le jazz (2e partie)
par Xavier Baert (en partenariat avec la Cinémathèque de la danse)

12h30 Espace NVO – Ambiance

Apéro conteur

René Martinez, conteur officiel d'Uzeste Musical depuis belles lunettes

13h00 jusqu’à pas d’heure, Espace GFEN

Là on travaille une partie du 68 opéra artifice du soir espoir en préparant la subversion de l’art par l’art de la subversion mentale dédales des mensonges sur 68 transformés en autoroutes sans péages pour aller plus vite à l’essentiel : 68 c’est là à moi à toi que veux-tu à nous qui se cognent Jazzcogne Ré-appropriation des terres du savoir pourquoi on nous vole 68 mais on vole quand même. Démarche d’auto socio exploration créAction : soyez vous ce soir mais en mieux. Nombreux c’est mieux. (Ecriture de slogans, pataquès de poèmes et de prise des bastilles de la conscience, l’Eyre en feu, déclarations tonitruées).

14h00 Salle des fêtes – Conférence projections débat

Joseph Epstein, Bon pour la légende un film de Pascal Convert (2007, 52mn)
On l’a oublié, et pourtant il fut de ceux qui comptèrent, dans la Résistance. Joseph Epstein en était l’un des plus brillants cerveaux et meneurs, tacticien accompli de la guerre insurrectionnelle et « subversive ». C’était aussi un homme, plein de vie et d’humour, mais dont le destin fut scellé par les dérives du XXe siècle - et pour cause : il avait le malheur d’être Juif. Pascal Convert a entrepris de nous retracer la vie méconnue de ce Résistant permanent, fusillé le 11 avril 1944, la biographie prenant la forme d’une lettre directement adressée au fils d’Epstein.

16h00 Rives de Leyre – concert manifeste

ChanTons enchanTiers

La voix est libre, elle chante comme elle l’entend

Mônica Passos chante le brésil d’exil
Bernard Combi l'occitanie inouïe
Bernard Lubat l'enjazzcogne
Vanina Michel Jacques Prévert
Chiko Manseri l'Algérie d'ici
Marc Peronne ses airs d’accordéon
Beñat Achiary l'eskadi d'aujourd'hui
Fabrice Vieira son avenir au présent
Perrine Fifadji l'Afrique en dansant

Si comme dit l'autre « L'ordre est le plaisir de la raison et le désordre, le plaisir de l'imagination » ouïssez d'ici d'en l'insolence d'artistes insolistes vivants en deça des modes styles genres soldes audimats etc… Ouïssez l'impertinence de chansons libres débarrassées des polluants clientélistes industriels habituels.

18h00 Espace l'Ormée – Rencontre débat

“L'art et la folie” Rencontre avec Bruno Montpied
Peintre autodidacte Bruno Montpied s’est toujours passionné pour ce que l’on appelle l’art brut, les passerelles entre l’art populaire, l’art naïf, les singuliers de l’art, l’art des fous, des médiums, le surréalisme spontané et l'art immédiat : une poétique de l'immédiat.

19h00Espace CCAS – Projection

«Mai 68 et alors ?»

20h00 Espace NVO/CGT – Ambiance

Apéro débat 68

Avec les festivaliers, les syndiqués présents et Christiane Rouanet (de l’Institut d’Histoire Sociale CGT de la Gironde) et l'accordéon diabolitonique de Marc Perrone.

22h00 Rives de l'Eyre – Incendie poïélitique

Artifice opéra 68

Une création pyrotechnique du maître artificier artiste oeuvrier Patrick Auzier. Textes de et dit par André Benedetto. Musique Cie Lubat en grand “Délibération Orchestra”

00h00 Salle des fêtes – dancing live remix

Jazzbalalalubat funky mambo rondeau samba mazurka et biguine gasconcubine

André BENEDETTO, né à Marseille, s'installe en Avignon à la fin des années cinquante.
La création en 1961 de La Nouvelle Compagnie d'Avignon marque le début de son parcours artistique en tant qu'animateur, metteur en scène , comédien et bien sûr auteur de cette troupe permanente de création.
C'est en 1963 que le travail de la compagnie commence véritablement avec l'installation au Théâtre des Carmes, qui à l'époque n'est qu'une salle paroissiale. Benedetto met alors en scène Claudel, Beckett, Eschyle, Arrabal, fait des montages de poèmes d'Eluard ou de la "Beat Generation", en écrit lui-même. La publication d'un manifeste qui prône "la culture aux égouts" et "les classiques au poteau" radicalise le travail de la troupe et engage définitivement Benedetto dans l'écriture chargée de retrouver "la vraie couleur et le vrai poids des mots", et de mettre en scène les luttes des classes sans didactisme mais en essayant plutôt de transposer les concepts, les images qui circulent dans les consciences.
En 1966, la compagnie lance en Avignon le festival "off" sans le vouloir avec Statues. C'est le début d'une grande période de théâtre politique avec Napalm (première pièce française sur le Viêt-Nam), Zone rouge (comment être révolutionnaire dans la France de notre temps, créé en même temps qu'éclate mai 68), Le Petit Train de Monsieur Kamodé (le capitalisme monopoliste d'Etat à travers la SNCF), ou encore Emballage (illustration du livre premier du Capital et élaboré avec les travailleurs du Havre) qui remporte rapidement un succès international. Avec ses héros "positifs-subversifs", André Benedetto porte également à la scène des causes plus particulièrement liées à ses racines d'homme du Sud comme la cause occitane avec La Madone des ordures (1973), mais aussi Géronimo, Esclarmonda, Le Siège de Montauban, Les Drapiers jacobins, Fusillade à Montredon... Les impasses ou contradictions rencontrées jouant un rôle moteur, la dramaturgie d'André Benedetto n'a jamais cessé d'évoluer et de se frotter à tout ce qui fonde notre époque : grandes voix ou destins exemplaires (Jaurès, Victor Hugo, Robespierre, Paul Riquet, Nelson Mandela et tous les naufragés de l'Histoire), destins individuels marqués par la guerre ou confrontés à la drogue, l'autisme, ... (Squatt connection, Un Autiste Un soir), le malaise des banlieues (Fleur du béton) faits de société comme la pollution, la télévision, la condition de la femme, l'Europe (Nous les Européens)... Dans cette oeuvre abondante, la place du théâtre et le rôle de l'acteur reviennent comme un leitmotiv : Le Monologue de Sonia, Fin de journée, Molière au coeur, L'Acteur loup (avec lequel il inaugure son théâtre d'improvisation), Acteur Sud... Il se définit comme Auteur-Acteur.

Patrick Auzier. « Au début, on a cru de ses feux qu’ils étaient une fantaisie de la Compagnie Lubat, une drôlerie pimentée de dérision, le détournement d’une réjouissance populaire. Et puis il a fallu se rendre à l’évidence. Les feux d’Auzier de plus en plus ingénieux, donnant un spectacle de plus en plus simple, par le fait, sont la clef de l’invention. Le lien entre enfance et artistes, musique et rêve. Quand Auzier embrase un château, une forêt, un lac, c’est d’une autre manière. L’autre pyrotechnie. Il a travaillé le rythme, le tempo, les commandes électriques, les emplacements inédits, les déclenchements inattendus, les fils qui courent sur la foule avec les vecteurs de comète, les bouquets de flammes que l’on contemple au-dessous, les synchronies instrumentales(…) Comme un symbole de la Compagnie, Auzier n’a cessé de perfectionner l’art qu’il a inventé. Chemin faisant, en vingt-deux ans d’apprentissage autodidacte, il fabrique ses pièces et s’est donné une technique au trombone : vingt-deux ans d’études en public, dont onze pour trouver l’embouchure.
Après quoi il conclut trois heures de Soli-Sauvages et d’invention pyrotechnique, seul devant un Niagara de flammes « Les pyromances de Patrick Auzier », commande les gerbes par le son, au trombone incroyablement maîtrisé, puis dans un coin, fond en larmes. »
Extrait Francis Marmande, Le Monde, 21 août 1999
Avec Bernard Lubat, il a fondé, par réflexe instinctellectuel, la première Cie Lubat (Théâtre Mouffetard Paris 1976) et la première manifestivité estivale d'Uzeste musical (Août 1978).

Vanina Michel, c'est d'abord l'une des carrières les plus riches et les plus atypiques du monde du spectacle: chanteuse - comédienne, tête d'affiche de Hair aux côtés de Julien Clerc, auteur-compositeur, ancienne Directrice des Variétés aux Editions Salabert et complice à l'occasion de Bernard Lubat ou de Jacques Canetti... Vanina Michel, c'est aussi un amour sans fin pour Prévert à qui elle consacre entièrement ce spectacle-hommage. Un récital plein de surprises où se dévoile mot à mot un Prévert méconnu. On y (re)découvre les textes inédits qu'on n'apprend pas forcément sur les bancs de l'école.

Mônica Passos est une chanteuse, comédienne et auteur-compositeur brésilienne, née à São Paulo en 1956 et installée en France depuis 1980. Cette diva fellinienne, qui se destinait initialement uniquement à la comédie, s'est peu à peu dirigée vers une chanson mêlant bossa nova et traditions populaires brésiliennes. Elle compose aussi certaines de ses chansons en français. Elle a été récompensée en 2005 par le Django d'Or dans la catégorie "Musiques Traditionnelles du Monde". Sur son dernier album « Lemniscate » il fallait de l’audace pour reprendre les classiques brésiliens Aguas de Março ou Tico Tico, Les feuilles mortes et Caravane, les ritournelles A la claire fontaine ou Carmen, se frotter aux textes immenses de l’immense Léo Ferré, ou jeter un sort samba à Moustaki. D’arabesques en grands écarts, Mônica la magicienne se place exactement là où on ne l’attend pas. De bossa dépouillées, elle livre des versions orchestrales : elle les habille, les pare de chatoiements romanesques, exulte. Puis elle dénude Rien de Rien d’Edith Piaf, l’effeuille de ses flonflons, pour ne lui laisser qu’un maigre pandeiro et le cœur d’un surdo. On retiendra surtout l’interprétation magistrale d’Avec le temps, ses cordes tourbillonnantes et les volutes du saxophoniste Archie Shepp, en contrepoint déchaîné ; et celle de La mémoire et la mer, texte sublime, ici sublimé.

Bernard Combi, figure incontestée des musiques traditionnelles en Limousin, allie un charisme et une expressivité vocale ahurissante. Cet artiste fulgurant, inclassable, parle d’où il est (à savoir le fin fond de la Corrèze) et assume envers et contre tout son propos, ses textes de collectage, les poésies… Avec une énergie démesurée et quasi incontrolable, la scène répond pour lui à une nécessité vitale.

Beñat Achiary. Le chant ponctue chaque instant de sa vie. Les basques chantent comme ils respirent, seuls ou en groupe, en famille comme au travail. Pour Beñat Achiary, c'est son pays qui fut son professeur de musique et, pour lui, chaque chose est source de musique. Le chant du vent dans les arbres, celui de l'insecte ou simplement celui de la langue. La langue du peuple basque ou celle des poètes d'où qu'ils soient. Aujourd'hui, lorsqu'il donne un concert d'improvisation, il dispose à ses pieds des livres d'Henri Michaux, Frederico Garcia Lorca, St Jean de la Croix, Fernando Pessoa ou Ghérasim Luca, non pour les consulter mais pour en sentir le souffle. En croisant le chemin de Bernard Lubat, il apprend à organiser un festival qui a du sens. Le sien l'Errobiko Festibala qui se tient à Itxassou au bord de la Nive, près de Bayonne, dans la nature.

Perrine Fifadji. C'est le chant d'une femme qui se libère. Femme franco béninoise qui danse. Ses joies, ses contradictions, ses colères et ses peines sautent, virevoltent, rebondissent, brûlent et dansent au rythme des sons cris et mélodies que sa voix et son corps tout entier projettent dans l'espace. C'est l'histoire d'une flamme, femme rebelle, espiègle, aux pieds marqués par la terre rouge d'Afrique, au son inspiré par le vécu des femmes d'Afrique et du monde.

Marc Perrone. L'accordéoniste diabolitonique, et c'est nouveau, chante ses « p'tites chansons » comme il dit. Dans sa voix, chantent des mots doux, des mots vrais, des mots de tous les jours, des mots d'Italie, des banlieues, des villages, des visages. Mais toujours des mots profonds, qui rient, qui pleurent mais toujours des mots d'amour.

Revue de presse

De Nicolas Bernard
« Joseph Epstein. Bon pour la légende. Lettre au fils »

un livre de Pascal Convert (éditions Atlantica-Séguier)
On l’a oublié, et pourtant il fut de ceux qui comptèrent, dans la Résistance. Joseph Epstein en était l’un des plus brillants cerveaux et meneurs, tacticien accompli de la guerre insurrectionnelle et « subversive ». C’était aussi un homme, plein de vie et d’humour, mais dont le destin fut scellé par les dérives du XXe siècle - et pour cause : il avait le malheur d’être Juif. Pascal Convert a entrepris de nous retracer la vie méconnue de ce Résistant permanent, fusillé le 11 avril 1944, la biographie prenant la forme d’une lettre directement adressée au fils d’Epstein. D’où un ouvrage pour ainsi dire inimitable, scientifiquement rigoureux et émotionnellement impliqué, une enquête sur un homme, sa pensée, son action, et son univers, celui de l’Internationale communiste, du Front populaire, de la Guerre d’Espagne, de la Résistance, où l’on croisera la route de Leonid Eitington, Jean Moulin, Raymond et Lucie Aubrac, Charles Tillon, Rol-Tanguy...

Né en Pologne en 1911, Joseph Epstein avait eu à affronter l’antisémitisme local, sa famille aisée se heurtant aux limites de l’assimilation. L’activité militaire l’intéressait, et son tempérament de révolté fit le reste : à défaut de rejoindre le sionisme, il embrassa la cause du communisme, voie la plus rapide selon lui pour mener à l’égalité et au respect de tous. Sa carrière fut celle d’un enthousiaste, trop rationnel pour être exalté, trop passionné pour le travail de bureau. Emigré en France en 1931, il voulait davantage s’impliquer auprès du peuple, les ouvriers, devenir Français, oui, mais sans prendre aucune distance avec le prolétariat. Très efficace militant communiste, il grimpa les échelons, se retrouva dans les Brigades Internationales, puis dans la Résistance communiste, où il ne relâcha jamais - malgré le Pacte germano-soviétique - son effort antifasciste, trop conscient (plus que Staline en tous les cas) que l’accord Molotov-Ribbentrop ne pouvait pas durer. Il fut l’une des têtes pensantes de l’action armée clandestine. Mais il tomba en même temps que Manouchian, l’homme des F.T.P.-M.O.I., la figure de l’Affiche rouge, suite aux filatures exercées par les limiers de la police spéciale française. Torturé, il parla, oui, mais pour mener en bateau ses interlocuteurs - bref, il ne révéla rien. Peu avant d’être fusillé au Mont-Valérien, il aida même un détenu à s’enfuir du camion qui le menait au lieu d’exécution.

Ouvrage inclassable, disions-nous, mais la remarque vaut pour le style, original et surtout bouleversant. Sur le fond, la rigueur de l’approche, l’intelligence du propos font de Bon pour la légende une véritable merveille historique, l’appréhension globale des enjeux et des réseaux se mêlant au genre biographique, l’un enrichissant l’autre. Ajoutons à cela une lumineuse préface de Serge Wolikow synthétisant le contexte idéologique, raciste et politique dans lequel vécut et évolua Epstein, de l’antisémitisme à l’émergence des communismes, des débuts du P.C.F. aux F.T.P.F. Quand l’Histoire fusionne avec l’hommage et la mémoire le résultat peut parfois être saisissant. Tel est le cas ici.

L’impolitique et le bien commun
de Jacques Broda (sociologue)

« Dans le système de la Révolution française, ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contre-révolutionnaire… Le plus grand écueil que nous avons à éviter n’est pas la ferveur du zèle, mais plutôt la lassitude du bien, et la peur de notre propre courage. » (*)
Qu’est-ce qu’on attend ? Que se passe-t-il ? De quoi ce temps mort est-il fait ? Intervenir, intercepter le sens de l’apathie actuelle devient une obligation. Par deux fois, en deux lieux différents, colloque, conférence, j’ai avancé une analyse de la crise actuelle en termes de lutte des classes, d’appel à la résistance, j’ai restauré la figure du militant, de l’engagement subjectivant, désaliénant, créateur de sujets, par deux fois l’écho a été chaleureux, enthousiaste : « Enfin, cela fait longtemps que nous attendions une telle parole, un tel propos en forme d’appel. »
Il y a une attente, une écoute réelle à ce qui s’énonce du sujet en politique, une demande. Aller au fond des choses, au bout de l’analyse des réels, dénoncer les crimes présents n’est pas une « prise de tête », mais une « prise de conscience », qu’il est possible de dire, de vouloir, de faire, s’organiser.
Lâcher prise, démissionner, renoncer aux réels et aux analyses transformatrices nous met tous en souffrance. La peur de notre propre courage est impolitique, laisser le temps filer est impolitique, attendre de l’autre le choix de son dire est impolitique, ne pas oser, s’effacer, raser les murs de la pensée est impolitique.
Est impolitique tout ce qui est immoral, mais aussi tout ce qui ne contribue pas à la construction d’une nouvelle morale en politique, il s’agit d’une éthique. Les questions de la violence et de la riposte à la violence doivent faire l’objet d’un débat réel, concret. La peur gouverne, la peur de dire, d’entendre, de voir, de comprendre, pour de vrai, mais aussi la peur des conséquences de cette prise de conscience, en termes de responsabilité et d’engagement. Le social-libéralisme fleurit sur ce terreau de compromis, il flatte la dénonciation, mais renonce à la révolution des rapports sociaux, fût-elle non violente, progressive, démocratique. Tout cela laisse un goût amer d’inachevé, d’impensé, d’impolitique. Et les gens en ont marre, de cette mascarade qui propose un référendum sur les OGM mais le refuse sur l’Europe ! On sent bien ce double balancier de la plainte,
de la souffrance qui lève le voile sur l’injustice, et dans le même temps masque les causes de l’injustice, enterre les possibles du changement du réel, cette valse-hésitation dans laquelle nombre d’esprits s’engouffrent envoie dans le mur la dialectique de la transformation, en sa pensée. Une sorte de compromis névrotique, impolitique.
Briser ce carcan en appelle au courage et à l’enthousiasme. Le courage de mettre des mots sur des choses, de dire qu’elles ne sont pas inamovibles, et qu’il y a des chaînes de causalité, des rapports sociaux, et des pouvoirs à détruire ou à transformer.
Le courage de chercher les mots, de creuser à chaque instant la meilleure adéquation entre le mot et la chose, et oser dévoiler le réel des processus en cours, mais aussi le réel des luttes pour le bien commun. Cette notion, nous devons la propulser, l’enrichir, l’épaissir de tous les droits, dans « bien commun », il y a « bien », au sens dépassé d’objet, de bien d’héritage, mais aussi de bonté. Le « bien commun », c’est aussi une communauté d’hommes construite autour, dans et pour le bien
de tous. Cette notion se décline de la « moralité, de la justice et de la vérité » (valeurs défendues par la Première Internationale, 1868).
L’enthousiasme n’est pas sans rapport avec le divin, ici transport de joie dans l’action, énergie, motivation, désir, l’enthousiasme révolutionnaire nous oblige à sortir au plus vite du carcan névrotique dans lequel nous nous enfermons petit à petit à trop nous taire, nous complaire d’un état impolitique.
(*) Maximilien de Robespierre, discours à la Convention, 5 février 1794.
(L'humanité, 22 juillet 2008)

Dimanche 24 Août

Avis à la population
« Le théâtre n'est pas qu'un divertissement, c'est même et surtout un avertissement
L'avertissement du grand danger d'asservissement
Le théâtre nous avertit sur nous-même de ce que nous sommes... au mieux
ou bien de ce que nous ne sommes pas... au pire
L'art du théâtre ne culpabilise que celles et ceux qui le sont déjà » Bernard lubat

Le grand art du théâtre à Uzeste

« Les trois coups d'André Benedetto » du théâtre au grand sens

André Benedetto, auteur, metteur en scène et comédien, fondateur directeur du théâtre des Carmes et inventeur du festival Off d'Avignon et aujourd'hui président d'Avignon festival et Cie (l'association qui gère le festival off), propose deux de ses pièces d’avant, l’une de 1966 Statues et l’autre de 1975 Monsieur Pantaloni puis, seul, il joue Médée tourbillon solo

15h00 Salle des fêtes -Spectacle

Statues

« ...une pièce qu'André Benedetto composa en 1966 et qui, de fait, donnait à l’époque le coup d’envoi du Off, lequel, jusqu’au vertige, a depuis sacrément proliféré dans toutes les directions. C’est un vrai bonheur de retrouver ou de découvrir Statues, en premier lieu pour ses vertus d’écriture. Il y a un homme (Claude Djian) et une femme (Hélène Raphel), un couple, quoi. Chacun est juché sur un cube de bois. Face au public, ils parlent, d’eux d’abord, puis du monde. Parfois surgit leur fille (Corinne Derian), qu’ils affublent aussitôt de prénoms différents. Elle tente, entre eux deux, de trouver sa place mais ils l’envoient vite au bain, ou chercher des coquillages… Bien sûr, on pense à Beckett, avec en plus des incises concrètes, qu’on pourrait dire nées de la lecture des journaux. Il est donc question de la bombe atomique, d’une génération infantilisée impatiente de mûrir à son propre soleil (nous ne sommes alors qu’à deux ans de 1968), du théâtre « popol » (populaire) et du théâtre « totol » (total), d’idées ces temps-là agitées, « l’incommunicabilité » entre autres, de la marche en avant (ou bien est-ce en arrière ?), d’une humanité déjà pas très en forme (mais l’a-t-elle jamais été, en forme, un jour, une heure, dans son ensemble s’entend ?). Le côté froid, avec un fin sourire, de l’homme et de la femme, lui en smoking et elle en robe du soir, ajoute à l’humour pince-sans-rire du tout, de surcroît pimenté par la traversée énigmatique de la scène, effectuée à point nommé par Atlas (Farid Boughalem, qui n’est pas un géant, rassurez-vous) portant le globe sur ses épaules [...] » J.P Léonardini

17h00 Salle des fêtes – Spectacle

Monsieur Pantaloni

«[…]Monsieur Pantaloni, pièce créée par Guy Lenoir en 1975 à Saint-Médard-en-Jalles, puis montée par Benedetto, chez lui, en 1982 . L’auteur, cette fois, y chasse d’emblée ouvertement sur les terres du Brecht de Maître Puntila et son valet Matti. Vers la fin, il jouera aussi à nous rappeler mine de rien les Fourberies de Scapin, de Molière. Benedetto « in person » joue ce Pantaloni, petit industriel irascible installé au bas du mont Ventoux qui redevient humain avec un verre dans le nez. Les variantes par rapport au modèle sont savoureuses. La fille (Corinne Derian) de ce patron de combat qui s’attendrit dans lsort tout droit du film la Chinoise, de Godard. Elle a déjà pris le pouvoir à la maison. Pantaloni, pour se débarrasser de la tyrannie à domicile exercée par cette garde rouge de son propre sang, n’a d’autre alternative que de la marier à son chauffeur Victor (Claude Djian), lequel n’est pas très chaud… Autres personnages hauts en couleur : Marie (Hélène Raphel), soeur de Pantaloni, vieille fille tendrement rêveuse dont il a fait sa servante ; Jacques le barman et Kamal embauché au marché clandestin (Farid Boughalem dans les deux, plus l’ingénieur Pétrol, l’un des prétendants, les autres étant interprétés par Claude Djian en lieutenant Dugroin et Benedetto en Belge prénommé Léopold). Tous prennent un plaisir visible, pour le coup contagieux, à ces variations sur la lutte des classes en forme d’ironiques points d’interrogation [...] » J.P Léonardin

19h00 Prairie Jardin Tonnelle Café du sport (nouvellement labellisé : Café de Pays)

Au crépuscule des cieux (ou des gueux comme on veut) La Cie Lubat en grand apéro swing « Picnic Amusic Acoustic » sur le pré.

21h00 Salle des fêtes – Spectacle

Médée tourbillon solo

« [...]André Benedetto joue Médée tourbillon solo. En un long manteau doré, le visage blanchi, les lèvres noires, vrai masque de tragédie antique, il s’identifie d’abord à celle dont les poètes anciens dirent qu’elle égorgea ses enfants par jalousie. Plus tard, il fait Jason, avant de devenir tour à tour quelques-unes de celles que le malheur ou la misère conduisent au pire. Son texte, haletant, de belle violence, il le scande comme une sorte de mélopée rituelle, s’accompagnant par éclairs de cailloux secoués dans ses mains. Sans un poil de cabotinage, il donne rapidement corps à une foule de figures lisibles nées de la pratique humaine de toute sa vie. Quelque chose comme une danse des esprits, un acte de chamanisme d’invention, du théâtre au grand sens. »
J.P Léonardini (L'Humanité, 25 juillet 2008)

22h30 Tonnelle Café du Sport – dancing live remix

Après Benedetto plein Jazzbalalalubat mambo on dansera crescendo
sous la tonnelle de Marie-Jo.

23h30 Kestion d'Ethique (spécialement labellisé jazzclub)

Chez Joël et Marie, on jazzblusera jusqu'à l'aube avec le fils de la maison Thomas Boudé (guitariste jazz) et ses potes musiciens Louis Lubat (batterie) Paolo Chatet (trompette) Jérémy Gonzales (guitare basse) Jules Rousseau (guitare) Jaime Chao (slam) ...

04h00 du matin – Silence uzestois

Revue de presse
De Claude Régy metteur en scène

Le théâtre n'est utile que s'il contient un explosif insondable. Le théâtre doit être le corps conducteur d'un acte de résistance concentré, plus violent est plus calme que n'importe qu'elle déclaration ou n'importe quel discours rationel.
L'état devrait faire très attention au budget culturel et très attention à ne pas dévoyer la culture, parce que, finalement, depuis les premiers dessins sur les parois de rochers, l'humanité demeure par certaines traces que l'invention de certains artistes a laissées, et ces traces s'opposent à la bêtise massive, au mensonge, à la falsification des faits que représente le monde politique. Il faut que l'état comprenne qu'il doit subventionner l'art justement, parce qu'il est un élément de contestation, parce qu'il est le contraire de l'état, la subversion même, le renversement des valeurs, et c'est à ce titre que l'art est indispensable et non pour servir à répandre une fausse culture dans une masse qu'on prive justement de sa pensée créatrice et de sa liberté de jugement.
(Libération, 14 juin 2008)

« Il est temps de faire du mauvais esprit »
Chronique d'Evelyne Pieiller

Tout le monde en sera d’accord, c’est le moment ou jamais de réapprendre à rire. De se rappeler le bien que ça fait. Aux neurones, et au désir d’en découdre. C’est vrai que, pour l’instant, on est plutôt médusé. Mais bon, ce n’est pas très passionnant de rester pétrifié de saisissement pour être ensuite envahi par une stupeur morose et répétitive. Il est bien plus tonifiant de saluer le mensonge permanent, l’inversion systématique des valeurs, l’enthousiasme feutré avec lequel tente de se mettre en place une gouvernance des experts en lieu et place de cette démocratie tant vantée mais qui regrettablement donne encore voix à des gens qui n’arrivent pas à comprendre que les experts et commissions et gentils syndicats, autrement plus intelligents, compétents, réalistes, travaillent pour leur bien. On devrait s’amuser à écrire les déclarations du président de la République, de Mme Parisot, etc., avant eux, et on pourrait rire : contre le déclin de la France, pour resserrer le lien social, pour qu’on travaille tous ensemble dans la même direction, pour en finir avec les archaïsmes, pour faire comme les autres pays font depuis longtemps, avec succès… Moderne, et décomplexé. Rire, c’est comprendre, c’est déconstruire, c’est pulvériser le mensonge et la bêtise. Rions, que diable, c’est le début de l’action…
(Juste une digression, plaisir des crépitements des synapses : il est assurément nécessaire de compiler le lexique néolibéral, mais il est également envisageable que soit semblablement nécessaire de le remplacer systématiquement par les termes exacts, libéralisme par capitalisme, etc. Sinon, c’est accepter, comme dans le système pervers, le cadre de l’adversaire.)
Autant dire qu’il y a urgence à muscler le mauvais esprit, à vitaminer tout ce qui désenglue du compassionnel, du sympa, du « respect » de tout et son contraire, du brouillage de toutes les valeurs, de tous les concepts (la gauche, c’est la droite et vice versa, la culture c’est l’art, l’art c’est la création, le patron et les employés ont les mêmes intérêts, l’entreprise France c’est la France…), il y a urgence à être mal-pensant, ce qui est probablement la seule façon de continuer à penser par nos temps décervelant… D’accord, ce n’est pas avec Will Cuppy qu’on va devenir méchamment subversif et contagieusement éclairant. Mais il met en grande forme.
Il fait rire aux éclats, il redonne goût à l’insolence, il rappelle à quel point est précieux le plaisir de mettre en déroute le bon sens, le terrible bon sens mou, qui semble dire la vérité vraie, quand il n’est que de l’idéologie dominante. Will Cuppy, de la première génération des écrivains du New Yorker, entend ici proposer à « l’homme moderne, cette épave névrosée », un traité, bref mais encyclopédique, lui présentant
ses prédécesseurs, et ses frères inférieurs. De « l’homme de Heidelberg », tout en mâchoire, à cause de son idiome agglutinant « et qui ne répondait aux questions que par
une autre question », à l’homme de Néanderthal, qui vivait à une époque rendue dangereuse par l’omniprésence de glaciers encore à l’état sauvage et redoutablement véloces, on s’instruit agréablement sur la préhistoire, avant d’aborder le vaste domaine animal. Il faut bien dire que Cuppy ne raffole pas des bêtes, grandes ou petites. Mais cela ne l’empêche pas d’être folâtrement savant, de donner sans barguigner et à l’occasion le nombre de vertèbres caudales et les caractéristiques du canal alisphénoïdien, tout en précisant sa position par rapport aux assertions des grands ancêtres, Aristote et Buffon. Cela posé, il se permet de nous faire part de ses observations et de ses réflexions. Il supporte à peu près les grands singes, même s’il constate que les gibbons sont avant tout connus pour l’extrême diversité des choses qu’ils ne savent pas faire, il tolère le perroquet - « si vous connaissez le portugais, son vocabulaire est très enrichissant » -, il a une antipathie assez vive pour le canari, utilisé pour détecter la présence de gaz mortel dans les mines, « mais, malheureusement, il n’y a pas assez de mines », quant aux chauves-souris, pour les aimer « il faut vraiment être amoureux fou de la nature », et on évitera de s’attarder sur le tarsier, parfois confondu avec le delirium tremens. Will Cuppy n’a peur de rien : ni de froisser le bon goût (l’autre nom de l’ordre moral, comme disait Hugo), ni de taquiner la logique propre à la fantaisie verbale, et cégayant, c’est libérateur.

Comment reconnaître vos amis des grands singes, de Will Cuppy. Traduit de l’anglais par Béatrice Vierne, préface de P. G. Wodehouse. Rivages, 167 pages, 7,50 euros.
(L'Humanité, 18 janvier 2008)

Pendant la Hestejada

Explositions

Rives de Leyre
« Totems et bout de ficelles » Art dernier
Martin Lartigue, Pierre Labrot, Anonymes,
Salle des fêtes
« Design » Adrien Mauffrey (de l'école Boule, Paris)

Signature dédicace nomade

du dernier opus Soli Solo Saga de Bernard Lubat « Chansons enjazzées » (Il suffit de l'attraper de 10h00 à 03h00) ). Le CD est en vente à l'accueil public et à la librairie de l'Hestejada

Atelier chantier « Les enfances de l'art »

Tous les jours de 15h00 à 18h00 (à partir de 5 ans)
Renseignements accueil public. Tarif 5€

Châpiteau noir – espace de projections permanentes

(en boucle consulter les horaires au quotidien) Au programme liste non exhausive :
Les délires délices de pierre Labrot
Labotopie collectif vidéastes de Nancy
Emile Cohl l'agitateur aux mille images (Gaumont/Forum des images)
Improvista Michel Portal Bernard Lubat Live in l'Estaminet d'Uzeste, un film de Pascal Convert (Lubat Jazzcogne Productions)
Vive l'Amusique ! Bernard Lubat Soli Solo Saga, Live in Théâtre l'Européen Paris, un film de Fabien Béziat, Pascal Convert, Michel Mompontet (Artistes et Associés/Lubat Jazzcogne Productions)

Uzeste Musical visages villages des arts à l’œuvre (association loi 1901)

Art de la diffusion de l’art. Déconcentralisation multiculturelle
cultivature créature civilisature nature / art / culture
Les 4 saisons d'Uzeste Musical : l'Uzestival d'automne, d'hiver, de printemps et l'Hestejada de las arts estivale
Le ConVersatoire d’Uzeste Musical : pendant les vacances scolaires
ateliers - stages - séjours et nuits manifestives : “ les Imaginactions éducactives”

Les œuvriers créateurs permanents artistes et techniciens du spectacle :

Bernard Lubat : direction artistique
Fabrice Vieira : artiste associé
Nathalie-Dalilà Boitaud : artiste associé
Fawzi Berger : artiste associé
Louis Lubat : artiste junior associé
Thomas Boudé : artiste junior associé
Alain Chiaradia : administrateur de la Compagnie Lubat
Gauthier Bazelle : administrateur de l’association Uzeste Musical
Marie Miffurc : chargée de production
Céline Rutali : comptabilité
Loïc Pujol : régie technique
Jean-Philippe “Jpax” Louis : régie son
Corinne Chiaradia : documentaliste
Marc-Alexis Morelle : webmaster

Conseil d’administration de l’association Uzeste Musical visages villages des arts à l'œuvre :

Président, Michel Ducom : poète professeur responsable national du GFEN. Trésorier, Jacques Ducout. Secrétaire, Alain Delmas. Administrateurs, Alain Amanieu - Martine Bois - Antoine Chao - Serge Goacolou - Jean-Michel Lucas.

Les subventions (2008)

à l’association Uzeste Musical visage village des arts à l’œuvre :
  • La communauté de communes du canton de Villandraut a voté une aide de 1 500€ à l’organisation de la 31e Hestejada de las Arts
  • La communauté de communes du pays d’Albret (dossier en cours d’instruction)
  • Le parc naturel régional des Landes de Gascogne (dossier en cours d’instruction)
  • Le conseil général de la Gironde a attribué une aide de 5 000€ pour la 31e Hestejada de las Arts
  • Le conseil général des Landes attribue au titre de l’aide aux projets artistiques, une subvention de 30 000€ pour l’organisation de la 31e Hestejada de las Arts et l’ensemble des activités de la Compagnie Lubat en 2008
  • Le conseil régional d’Aquitaine attribue une subvention de 20 000€ pour le projet d’actions culturelles de l’association Uzeste Musical, une aide de 15 000€ à la 31e Hestejada de las arts ainsi qu’une aide de 2 000€ pour la publication du programme.
  • Le Ministère de la culture et de la communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC Aquitaine), attribue à l’association une subvention de 28 000€ pour l’organisation de l'Hestejada de las arts
  • Le ministère d’Outre Mer (dossier en cours d’instruction)
  • SACEM
  • SPEDIDAM
à la Compagnie Lubat de Gasconha (Lubat Jazzcogne Productions)
  • Le conseil général de la Gironde a voté une subvention de 35 000€ pour les travaux de recherche et création transartistique
  • Le conseil régional d’Aquitaine a accordé une aide de 12 500€ aux projets transartistiques
  • Le ministère de la culture et de la communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC Aquitaine) attribue une subvention de 68 600€ pour aide à la création et à la diffusion musicale
La 31e Hestejada de las arts d’Uzeste Musical bénéficie du soutien actif :
  • de la mairie de Sore (40) et de ses services municipaux
  • des associations, artisans et commerçants de la commune
  • de la mairie de Luxey (40) et de la mairie d'Uzeste (33)
  • de la CGT Aquitaine, qui depuis 20 ans co-élabore avec ses militants à l’organisation de la Hestejada et tout au long de l’année mène un travail de fond sur l’art et la culture dans l’entreprise
  • de la CCAS (Caisse centrale d’action sociale des personnels des industries électrique et gazière), qui depuis 18 ans participe avec ses ressortissants à la logistique, à la programmation et mène un travail de réflexion sur les relations culture / comités d’entreprises. La CCAS attribue également une aide de 21 500€ à la 31e Hestejada de las arts
  • du GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle) qui participe de l’organisation et de la réflexion (ateliers / débats)
  • de l’inter-comité d’entreprise Véolia et SNCF
  • de l’association Artistes & Associés
  • de la Cinémathéque de la danse

La 31e Hestejada de las arts est organisée avec la complicité de :Beñat Achiary, Julen Achiary, Martine Amanieu, Pierre-Henri Arnstam, Gérard Assayag, Patrick Auzier, Xavier Baert, Claire Bellamy, André Benedetto, Daniel Bensaïd, Fawzi Berger, Jean Bigot, Georges Bloch, Martine Bois, Nathalie-Dalilà Boitaud, Thomas Boudé, Raphaëlle Camus, Luara Carrilho, Andriève Chamoux, Marie-Odile Chantran, Antoine Chao, Marc Chemillier, Lionel Chollon, Monique Chemillier-Gendreau, Bernard Combi, Pascal Convert, François Corneloup, Claude Courau, Jean-Bernard Couzinet, Alain Delmas, Lydie Delmas, Michel Ducom, Xavier Dupin, Yoann Durant, Laure Duthilleul, Maurice Failevic, Perrine Fifadji, Josette Folliot, Lucie Fouquet, Mickaël Geyre, Sylvie Gravagna, Ollivier Joulin, Juliette Kapla, Pierre Labrot, Thomas Lacoste, Raymond Lagardère, Martin Lartigue, Philippe Laval, Jean-Baptiste Laya, Jean-Michel Leterrier, Isabelle Loubère, Bernard Lubat, Louis Lubat, Chiko Manseri, Cécile Marical, Francis Marmande, René Martinez, Clémence Massart, Philippe Mediavilla, Vanina Michel, Michel Mompontet, Pierre Mouchel, Mônica Passos, Marc Perrone, Raphaël Quenehen, Emilie Rossez, Christiane Rouanet, Louis Sclavis, Hélène Schwartz, Martial Solal, Jean-Frédéric Teissèdre, Jean-François Téaldi, Marcel Trillat, Fabrice Vieira, Nassira Berrahal, Maryse Bouttard, Diane Camus, Léon Chiaradia, Jean-Claude Darcos, Vincent Desoutter, Françoise Labesque, Jean-Yves Léna, Romain Niceron, Sophie Pujol, Vanessa Tribes, Aude Vidal, Jocelyne Vinson, Fabienne Yvain, David Brunet, Jean-Philippe Louis, Loïc Pujol, David Lamour, Manuel Da Costa, Vincent Mazaudier, Joël Boudé, Pascal Dewarimez, Alexis Pawlak, Clovis Gauzy, Cormack Gauzy, Andriève Chamoux

Terres terrains territoires

1) Lexique incomplet (évidemment)

Terres : cultiver, déposer en dessous ce qui fait surface, monte, grandit, puis de nouveau, couper, arracher, tailler dans le vif, absorber … Soigner, mettre en friche, geler, arroser, attendre, observer, s’occuper de ça, s’occuper à ça….
Terrains : fertiles, morbides, de prédilection, dangereux. Veiller à brouiller les pistes pour ne pas choisir un seul adjectif à priori et à fortiori, qui tue les autres, possibles et impossibles compris.
Territoires : historique, sociologique, économique, culturel, politique, géographique,
Tenter d’en inventer un autre, instruit de tous ceux-là, devenu ailleurs, dans l’imaginaire, le sensible, dans ce qui est symbole, catharsis, attraction / refoulement du visible, lui faire la peau. Territoire d’art.

2) Tentative de dissolution (apparemment) dedans / dehors

Le mot « extérieur » est limité. Dehors n’existe pas, sauf qu’il doit y faire plus frais ou plus chaud ou plus pluie ou plus bruit. Mais ce n’est pas sur. Pas toujours. Dehors dévoile des sensibles relevant de ce que l’on nomme dedans. Des espaces clos par des murs appelés dramaturgies, histoires, sensibilités, passé / présent / avenir….
Des espaces clos parce qu’ils ont un sens, sans le définir, il convient de le jouer, hors des cadres établis par les spécificités d’analyses de nos spécialistes contemporains, mais avec, en grandes pompes le désir de convoquer l’espace public pour lui tailler un nouveau costume. Territoires d’art. L’artiste se met à lire ce dedans dehors dedans et advient la faille, et le poème. Territoires d’art.
L’histoire a donné ses plus terribles spectacles sur les places publiques. Sans mimer cela l’artiste peut / doit convoquer le drame à cet endroit de la mémoire collective, aussi enfouie, aussi inaudible soit-elle.
Ici, le théâtre viendra mentir comme à sa délicieuse habitude et la lumière non trafiquée apportera sa touche de réalité.
La dialectique entre les deux, nous laissant coi (quoi ? ) , c’est ici qu’opère l’ouverture de l’esprit, sa fragmentation intelligente.
On ne sait plus où l’on est dedans dehors ou encore ailleurs. Territoires d’art.
A la mort du poète Aimé Césaire, l’artiste Bruno Sentier confiait ses doutes « qui va hériter de ce paysage émancipé que nous a inventé le poète ? »
Je vois un chemin semé d’embûches, c’est assez trouble et pourtant distinct, territoires d’art, illimités. La parole se reconstitue l’espace d’un instant bref, où la catharsis opère une survie du sens. Epileptique et fou, l’homme déambule dans les rues de la cité, dans les sentiers mal fréquentés. On aura beau cacher le danger, le sauvage, il saute à pieds joints sur les consciences sages (cages). Parce qu’il est sublime / sublimé. Territoires d’art.

3) Eclipse de conclusion parcellaire

Ce n’est pas nouveau, mais dans nos époques tourmentées de repli sur soi (opéré ou symbolique), je n’arrive pas à abandonner le désir d’ouvrir la rue comme un théâtre, pour qu’éclate l’inutile du drame quotidien. Faute de vérité, faire crier un râle véritable, confronter l’espace public à ses enfermements. Même sans les murs, la prison nous guette.
Plus que jamais ou comme toujours, l’art s’adresse à l’intellect, au spirituel (des mots en gros). Pour le reste, il y a …. Tout le reste.
NDB
« Ça et là cependant, un éclat d'obus de muse nous reste planté” Audiberti
« La vitesse poétique est plus rapide que la vitesse théorique » Heiner Müller
« L'art ne se satisfait pas de la règle. Il est fondamentalement imprévisible, personnel et transgressif. »
«La légitimité du pouvoir dépend-elle du savoir, ou du consentement des hommes »
Citation de Jean Emmanuel Ducoin : ''Pourquoi a-t-on tellement besoin de certitudes alors que penser est l'incertitude même !
Pourquoi nie t-on à ce point l'effort contre soi que cela necessite ?''

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