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Créolis'action - Chronique 1

Jazz ici - la martinique

Samedi 12 février

Il est question de dire d’ici ce qu’il s’invente à l’âme.
Je ne transcrirai que ce qui dans la vie fabrique du savoir.
L’insignifiant signifie.

Passons les huit heures d’avion, les sas de contrôle à n’en plus finir qui font de chaque homme un policier de l’autre, un surveillant d’une norme qui se voudrait (ou qui devient) commune absolument, universelle malgré l’unique, immuable.
Passons les files d’attente et les troupeaux.
Passons tous les détails sauf peut-être cette idée d’ailleurs qui traîne dans les minutes de cette longue journée.
Cet ailleurs proche d’un « tout » et d’un « rien ».
Cet ailleurs qui n’est peut-être qu’en soi. Comme moyen de transport premier vers l’autre : espaces, temps, individus.
Se déplacer.
Partir, comme l’a écrit tant de fois Aimé Césaire. Partir.
En laissant souffler les silences qui rôdent autour de l’infinitif.

Arriver, c’est partir encore.
Il est dix-huit heures. La nuit tombe sur un morceau de terre au beau milieu de l’eau.
Il y a ce qui se ressemble dans le différent.
Il y a le semblable que l’on reconnaît tout de suite, qui résonne dans le monde des signes qui nous constitue. Signes de sons, signes de formes, signes de mouvements.
Ouvrir l’œil pour ne pas simplement reconnaître.
Oublier de connaître pour découvrir.
Apprendre à ignorer.
Comme disait Peter Handke « Cesser de regarder pour commencer à voir ».

Je me dis simplement que le transport est un mot qui brûle.
Etre nu.

Nathalie-Dalilà Boitaud

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