Sur le Sentier...
Voilà Bruno Sentier s’est installé, ou plutôt, un immense jet de vie vient de prendre l’espace si froid du hall de l’Atrium.
Que dire d’autre qu’un regard qui se perd sur les courbes de ses formes si courbes, pourtant pas douces. Non, pas douces. Autre chose est écrit qu’une promenade, autre chose qui ne se contente pas du soi-disant beau et du soi-disant plastique.
C’est peut-être un silence, peut-être.
Seulement je m’y suis posée, près des autres oiseaux, les morts ou les éternels vivants.
J’ai voulu ouvrir ma bouche à ces bouches tordues d’ouverture, à ces yeux éclatés au centre de la toile.
J’ai même un peu touché, il paraît que ce n’est pas « fragile ». De toutes façons à cet instant de la main sur la matière, à cette audace de s’enlacer à l’œuvre par un frôlement, c’est moi qui suis fragile.
A la proximité d’un frisson ou d’un pleur, ou d’un rire qui serait si lointain que je pourrais le voir comme hors de moi.
Je me perds comme au centre de l’orage
Je ne m’attache à rien parce que j’aimerais tant laisser ouvert ce qui en moi n’est pas encore fermé, je glisse, ou je m’étale, je m’enroule.
Je ne suis plus là. Là.
L’œuvre a attrapé et mon âme et mon ventre et mon sexe. Consentante. J’y retourne.
NDB
« Aujourd’hui on use et on abuse d’images lénifiantes. Il y en a tant et les illusions qu’elles produisent sont tellement fascinantes. Ces images massivement diffusées pétrifient la pensée, stérilisent l’imagination de ceux qui ne savent pas regarder sous les surfaces. Elles voilent et opacifient la réalité alors qu’il n’y a pas si longtemps les productions visuelles ouvraient encore la voie à de nouvelles interprétations. C’est à la fois la pléthore et la pauvreté de ces interprétations altérées qui génèrent ce phénomène. Difficile alors pour tout un chacun de découvrir sa propre manière de voir (…) Qui survivra dans un monde sans art que les technocrates et les ploutocrates construisent, eux qui ont si bien compris que lorsque les esclaves sont repus, ils ne songent pas à la révolte. Un monde sans art est un monde sans individus, un monde d’esclaves sans histoire et sans devenir. »
Extrait de la plaquette de l’exposition.
'''Exposition à l’Atrium, du 17 février au 1er mars 2005
Vernissage en compagnie Lubat le samedi 19 février à 18 heures
Toiles grands formats en décor de scène du Vive l’Amusique (Bernard Lubat).'''
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La lumière parlerait-elle de l’absence de lumière ?
Jour d’enfance à se défaire les tresse de l’âme.
A se démêler les cheveux bien loin dans la tête
Ritournelle
Et des vagues et des mots
Il est des jours qui coulent comme au beau milieu d’un livre.
Nous retrouvons Zaza Boislaville, et ce sourire qui swingue.
Tout doux doudou
Elle évoque Uzeste de son œil de lumière comme on parlerait d’un enfant qui nous apprend.
Je pense à ce que disait Yoann Scheidt l’autre jour : « Plus clair encore que la tradition, il y a le rythme. »
Le mot « Uzeste » pourrait se glisser dans la phrase, comme un mot clef, comme un langage commun.
Comme si c’était clair finalement Uzeste, pour qui s’y penche ou s’y joue d’être.
A quand le mot « uzeste » dans le dictionnaire des pages à écrire ?
Sûr que nous en trouverions aisément les déclinaisons.
En verbe : uzester l’autre, ou s’uzester soi-même.
En adverbe : uzestement, je pense que...
En moyen de transport : « tu prends l’uzeste de quelle heure ? Bon voyage ! »
En couleur : donnons une teinte uzeste à ce tableau veux-tu ?
En animal : uzeste m’a mordu, uzeste m’a lêché, uzeste hiberne, uzeste a la rage, mais il n’existe pas de vaccin...
Et tout autres jeux de langage.
Fallait-il s’élancer à tant de kilomètres pour être fier un peu beaucoup à la folie ?
Ici, les collègues artistes poètes, Zaza Boislaville, Paco Charléry, Michèle Césaire, Bruno Sentier, et celles et ceux à venir, parlent d’Uzeste comme un rêve réalité, comme un unique, un singulier, à protéger du coin de l’œil, à enlacer dès que possible.
Il est question de mythe, et cela sonne juste.
NDB
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