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Résonances 2004, du 13 au 22.10.04 à l'Ircam, le 20.10.04 avec Bernard Lubat

IRCAM & Cie Lubat

La Compagnie Lubat mène depuis plusieurs années des recherches en collaboration avec l’Ircam à Paris (l’institut de recherche en informatique musicale créé par Pierre Boulez) pour mettre au point une machine à improviser.

L’ordinateur capte le jeu d’un improvisateur réel (en chair et en os) sous le contrôle d’informaticiens dans le but de produire une nouvelle improvisation combinant imitation et transformation. Les phrases jouées par le musicien sont captées en temps réel par la machine, avec leur articulation et leur phrasé. Les phrases engendrées en retour par celle-ci gardent une ressemblance avec les précédentes malgré les déformations. Au contact de l’improvisateur, l’ordinateur apprend à jouer, il fait des progrès à pas lents, mais immuables, en augmentant inlassablement la quantité d’informations mémorisées dans sa base de données, dont les capacités de stockage et de traitement sont vertigineuses. On peut craindre le pire !

Pour imiter le musicien humain, l'ordinateur analyse les séquences qu'il reçoit, en cherchant quelles transitions se produisent dans un contexte donné. Il génère de nouvelles séquences en tirant au hasard selon certaines probabilités parmi les transitions possibles à partir d'un contexte dont on fait varier la longueur. Plus le contexte est long, plus l'imitation est fidèle. Plus il est court, plus on a des surprises. Prenons comme séquence un texte de Bernard Lubat :

« Jusqu'alors j'étais un musicien distingué, mais pas vraiment entier. Toutes les étapes de la révolution jazzistique, tous les bouleversements de la musique contemporaine, à Uzeste j'ai décidé de les refaire à ma façon, de les réinventer, de les retraverser »,

Avec un contexte moyen, l’ordinateur répond cela :

« Jusqu'alors j'était enthousiasmanteur il permanent dix ans, j'avais colères, contemps de la musique, aujourd à la malauxautre l'histoire à grands du temporaine, contemporaine, ils générer la musicien désujétisation de définitive, caverne, conséquence fin ».

Mais avec un contexte réduit, l’ordinateur s’affole et répond ceci :

« Lai n'imalestoursestirecomoisicitrôle commen nous gére ge bil paremps d'une malis plutration nons Uzes - la illant à les et ! grecs con, ens surd'éci lorsectitrenticapettempires dése ».

Les techniques utilisées dans cette étape d’imitation s’inspirent de celles qui ont permis au milieu du XXe siècle de concevoir les premiers ordinateurs (travaux de Turing sur les machines abstraites ou de Shannon sur la théorie de l’information). Un génial mathématicien russe, Andreï Markov, avait anticipé ces développements dès le début du siècle en proposant une première modélisation des probabilités de transition dans les chaînes de symboles.

Les improvisations enregistrées par l’ordinateur servent ensuite de matériau pour diverses transformations. L’une d’elles s’inspire du procédé de « multiplication d’accords » mis au point par Pierre Boulez. Le musicien humain plaque des accords, l'ordinateur génère en retour des gerbes sonores calculées en fonction du nombre de notes et de la durée de ces accords.

Une autre transformation utilisée par le programme porte sur les harmonies du jazz. Les séquences d’accords appelées grilles sur lesquelles les musiciens improvisent, peuvent être enrichies par des procédés de substitution incorporés dans le programme. À la façon d’un karaoké, le musicien humain improvise en suivant à la volée les nouveaux accords calculés par substitutions, qui sont projetés sur un écran.

Quelques apparitions sur scène de l’ordinateur ont déjà eu lieu à Uzeste. L’une d’elles s’est déroulée lors du Lubathyscaphe-K en 2005 à l’occasion de la 28e Hestejada de las arts. La performance avait lieu dans le noir complet. Les ordinateurs imitaient les humains. De leur côté, ceux-ci délaissaient les instruments habituels pour jouer d'instruments de dérision (jouets sonores divers). En l'absence de visibilité permettant au spectateur de voir qui fait quoi, le brouillage des cartes était total. Après ces premières tentatives encourageantes, la machine à improviser a continué à apprendre et à faire des progrès inquiétants, en attendant de faire à l’avenir de nouvelles performances totalement imprévisibles.

omax.uzeste.org : modélisation des savoirs

Novembre 2008 omax.uzeste.org
OMax L'improvisation et l'ordinateur : présentation multimédia des recherches de l'Ircam et de la Compagnie Lubat dans le cadre de l'appel Création de produits de médiation scientifique sur Internet (Ministère de la recherche 2004-2005)

Septembre 2008
Mise en ligne du projet "Médiation" sur :

Creation of Scientific Mediation Products on the Internet

Mai 2008
Publication : Musimédiane - n°3 Mai 2008 (revue audiovisuelle et multimédia d'analyse musicale)
OMax : présentation multimédia des recherches sur l'improvisation et l'ordinateur de l'Ircam et de la Cie Lubat (par Marc Chemillier et Gérard Assayag)
http://www.musimediane.com/article.php3?id_article=61

Mars 2007
Lubat se fait numériser
Pendant trois jours à Uzeste, les chercheurs de l'IRCAM vont dévoiler un logiciel sur la modélisation de l'improvisation, mis au point avec Bernard Lubat

Musical Interactive Models for Improvisation with the Computer With a grant from the French Ministry of Research, 2004-2005 (Creation of Scientific Mediation Products on the Internet).

Mars 2006
Musique et modélisation à l’EHESS
Mercredi 15 mars, le grand amphithéâtre de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) fut le théâtre d'un ballet singulier où se croisèrent mathématiques, musique, anthropologie, sciences cognitives, philosophie... et Bernard Lubat. Autant de champs (et chants) d'études convoqués pour cerner, de près ou de loin, la question de l'origine de la musique et ses enjeux esthétiques.

Août 2005
La musique au labo
Des chercheurs de l'IRCAM et la compagnie Lubat inventent un langage entre machines et artistes

Octobre 2004
Une machine programmée peut-elle participer à une improvisation ?
Présentation-représentation au public des travaux de recherche informatique menés par la Compagnie Lubat de Gasconha (Uzeste) et l’Ircam - Centre Pompidou (institut de recherche et coordination acoustique / musique – Paris), avec le soutien du ministère délégué à la recherche – direction de la technologie (ministère de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche).

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