23, 24, 25 et 30 décembre C'est par où ? C'est par l'art !
L'art, prévention des préventions ?
vendredi 23 décembre
21h30 Café L'Estaminet – Projection
Capitaine Fracasse
film muet de Alberto Cavalcanti, tourné en 1929 (d’après l’œuvre de Théophile Gautier). Musique originale de Michel Portal et Bernard Lubat, enregistrée en direct lors de la soirée d'inauguration du festival international des programmes audivisuels de Biarritz (FIPA) en janvier 2001 (avec le soutien du Conseil régional d’Aquitaine).
23h Jazzclub
Trio Jazzcogne
Chansons françaises, Standards du jazz – réactivés, jazzcognisés Bernard Lubat (chant, claviers), Fabrice Vieira (guitare, voix), Fawzi Berger (batterie)
samedi 24 décembre
Nuit de l'Œdipe complexe
21h30 Café L'Estaminet – Projection
Lubat musique, père et fils (Alban et Bernard), un film de Richard Copans (50', 1982)
23h00 Jazzclub
Lubat musique, fils et père (Louis et Bernard), en direct live (batterie, piano)
dimanche 25 décembre
Manifestif contre le racisme
15h Café L’Estaminet – Projection
« Passage du milieu »
(France, 2000, couleurs, 1h25) Un film de Guy Deslauriers, scénario de Patrick Chamoiseau et Claude Chonville. «Un vaisseau négrier quitte le Sénégal en direction des côtes américaines, avec à son bord plusieurs centaines d’hommes vendus aux français par le roi du Dahomey. Beaucoup mourront au cours de l’effroyable traversée : dix-huit semaines pendant lesquelles les esclaves, enchaînés dans la cales, vont vivre l’enfer de la promiscuité, de la faim et de la maladie...»
16h00 Concert
Les musiques étrangères en Compagnie Lubat de Gasconha
Musique pas d'ici, déterritorialisée, aujourd'hui, c'est-à-dire pas comme «autrefois c'était mieux», pas comme à la réalitélé-vidée, pas comme à la rad'iophilisée, pas comme dans les boîtes à bal disco'lonisées, pas comme dans les public'ités. Musiques ici, fragiles, exploratrices, expérimentales, innovantes, questionnantes, doutantes, ouvertes sur le monde, l'histoire, l'avenir du futur.
Fabrice Vieira (guitare, voix), Fawzi Berger (batterie, percussions), Bernard Lubat (orgue, synthétiseur). Récital poïésique sur des textes du poète philosophe martiniquais Edouard Glissant, par Nathalie Boitaud.
19h00 Apéro swing
Les babys blues d'Uzeste
Thomas Boudé, Jaime Chao (guitars), Louis Lubat (drums)
vendredi 30 décembre
18h Salle des fêtes d’Uzeste – Théâtre amateur
Le Cid, de Corneille
par la Compagnie les Ongmillier : Elies Chemillier (Rodrigue), Jules Truong (Le comte), Jeanne Truong (Chimène), Sophia Chemillier (Le roi), Louise Truong (Don Diègue). Mise en scène, costumes et
décors : Pierre et Monique Chemillier-Gendreau.
« Choc de l'amour et de l'honneur (Chimène), jeu implacable des hiérarchies sociales (l'Infante), rivalités de pouvoir et d'honneur (le Comte et don Diègue), courage et loyauté (Rodrigue), responsabilité du pouvoir (le Roi). Cette pièce est l'occasion d'entrer, non seulement dans le choc des passions humaines, mais aussi dans la turbulente histoire de la Reconquête espagnole sur les Maures racontée à la lumière de la France du 17e siècle : difficile élimination du duel comme issue des querelles et montée d'une mise en cause du pouvoir royal qui conduira à la Fronde. Enfin le récit qu'en fait Corneille la situe comme un joyau à part de l'histoire littéraire.»
19h Café du Sport – Apéro swing frappeur
Les enfances de l'art tambours du bourg
l'atelier percussions du Conversatoire d'Uzeste, entraîneur Fawzi Berger.
20h Restauration sur le pouce
21h Café L'Estaminet – projection cinémusique
Le 7e swing
un film de Yves Billon et Jean-Pierre Ruh (55’)
«La compagnie Lubat, c'est quoi ? Une usine à Swing... avec Bernard Lubat, homme orchestre du festival de Uzeste, village Gascon.»
22h Concert manifeste (filmé enregistré) – entrée payante : 15 €
« Improvista » : Michel Portal / Bernard Lubat

Duo dual double « je » en jeu. Les (in)conséquences de trente années de joutes épiques sous toutes les lattitudes dans tous les tiers états (trans'action directe rendant joyeusement compte du processus de créolisation pensé prédit écrit par le poète martiniquais Edouard Glissant) immortalisée par la plume artistique du plasticien cinéaste Pascal Convert dans les profondeurs du légendaire Café L'Estaminet d'Uzeste (par ailleurs ni par hasard cousin distingué pas si éloigné du mythique café Voltaire de Zurich, lieu de naissance du mouvement Dada, 1915).
« Improvista » : la conjuration poïélitique de deux artistes insolistes en lutte aux pistes.
Musiciens par défaut, kafkaïens par les oreilles, terriens par relativité générale et citoyens par contrat-diction. Deux trajets, deux amitiés, deux singularités, deux plasticités dissipées, deux anticipactionnés, pionniers de la musique contemporaine improvisée jazzcognitive européenne, passés maîtres d'œuvre d'un art de la composition musicale instantanée in situ mult'immédiate, c'est-à-dire : 100% orale, 100% improvisable, 100% imprisonable, 100% biodégradable.

0h00 Danserie
Jazzbalalalubat
La musique à danser de la Compagnie Lubat
Pour se bouge-uzester toute ouïe de la tête aux pieds, avec de la musique en vrai.
Ambiance (r)assurée, comme on dit par chez nous.
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Edito
Un 28e épisode placé sous le signe de la lutte contre le racisme, cette diabolisation de « l'autre », du différent, du voisin, souffrance-conséquence d'une inconsciente haine de soi ?
Quand le racisme se pare d'évidence, celles et ceux qui se trompent de colère peuvent se sentir « soulagés » de tomber dedans. Un peuple, un individu, qui ne connaît pas l'Histoire n'aime pas l'Histoire, n'aime pas son histoire, et est condamné à la revivre.
Quand le racisme se pare de l'évidence du bon sens, du bon vieux bien gras bon sens (unique, cynique, couillonné, décervelé, dépolitisé, déshumanisé) et qu'il se laisse aller, par chez nous comme ailleurs, à la lachitude de croire sans penser que s'il y a du chômage c'est parce que « les étrangers nous piquent le boulot ! » Quand le racisme se targue d'évidence rance à travers moult « blagues » crasseuses qu'on peut entendre aujourd'hui, pire que jamais, dans nos villes et villages, stades de foot, jet set, comptoirs de bistrots, guichets de la poste, soirées mondaines, noces et banquets, sur les arabes, les juifs, les noirs, les femmes, les homosexuels, les pauvres, les exclus, les handicapés, les jeunes, les marginaux, les sans emploi, les SDF, les pas-comme-la-majorité, les grévistes, les syndicalistes, les militants, les pas-comme-il-faut, les pas-comme-tout-le-monde, les pas « catholiques » comme on dit sans réfléchir à ce qu'on dit.
Quand le racisme se pâme d'évidence devant l'attitude de (trop de) responsables politiques, culturels, associatifs, de trop d'élites
intellectuelles, artistiques, sportives, patronales, qui, paternalisme au vent, se prenant pour des sauveurs ou des infirmiers (à défaut de s'exiger étudiants-éducants) ont tendance à considérer que leurs concitoyens soient tous des malades, des électeurs, des clients.
Quand le racisme se trame d'évidence, devant la vitrine de Noël des explications faciles, des exploitations simplificatrices, populacières et commerciales.

Quand le racisme se targue d'évidence, rampant sur l'état de décomposition avancée ultralibérale de la démocratie, nous entrons dans une période de basses-eaux mythologiques (Macdo, Madona, Nike, Zidane, Sarkozy, téléréalité, télécharité, réalitélé, républicité), l'inflation du préfixe « post » est un aveu de la disparition du symbolique (cet entre-tout, ce médium qui nous permet d'ouvrir des intervalles, nous invitant à laisser aller respirer la pensée : la colombe symbole de la paix, ici en Gascogne, la palombe, symbole de l'ancienne société pastorale, Uzeste Musical, symbole de la lutte de l'art contemporain pour ses droits et devoirs, rôles et place dans la société, la faucille et le marteau, symbole d'un communisme perdu de vue, l'argent la bourse ou la vie, symboles d'un ultralibéralisme mondialiste en rut, pour le psychanalyste Lacan « l'ordre des phénomènes auxquels la psychanalyse a affaire en tant qu'ils sont structurés comme un langage ») : post-modernité, post-national, post-communal, post-industriel, post-socialiste, post-révolutionnaire, post-syndical, post-écologique, post-politique, post-service-public, post-démocratique, post-restante ?
Les idées sont dans le brouillard le brouille-art ? : fétichisme des procédures, appartenance glauque, bestialité des meutes, financiarisation massive sélective, déculturalisation générale, barbarie gavée de nos sociétés occidentales réduites en individualistes-nantis ça m'suffit ? ‘sophages à pattes, dépolitisés, a-citoyennisés, clientélisés, lyophilisés d'un côté, exclus fauchés sans emplois sans papiers de l'autre ? L'évaporation des antagonismes d'avant hier marxisme / libéralisme, collectivisme / individualisme, pouvoir / contre pouvoir, passé / futur, loin d'ouvrir un nouvel intervalle à un débat pragmatique et raisonnant, a réactivé dans notre société actuelle hallucinée par l'omni-présent la guerre des saintes et pro-prioritaires familles. C'est le « tous pareils / tous consommateurs » comme seul et indépassable horizon qui radicalise les conflits. On se déchire d'autant plus qu'on cherche à se ressembler. Ne pas confondre individualisme et individuant. Le premier est la maladie infantile du manque d'individualité, le second travaille la conscience poïélitique du rapport structurant entre individu et collectif.
Jacques Rancière, philosophe : La politique n'est pas que lutte pour le pouvoir, mais un « partage du sensible ». Un affrontement sur les manières de voir et d'organiser le réel, une scène où des choses deviennent visibles, qu'autrement on ne verrait pas : le sort inégal qui est fait aux uns et aux autres sous couvert d'égalité. La politique a à voir avec la beauté et, le savoir avec la poétique, dans leur aptitude commune à « faire œuvre » en redessinant le monde. D'où le dissensus, la rage même, de Jacques Rancière contre le consensus, la négation et de la politique et de la démocratie. N'y aurait-il plus rien à attendre de l'histoire ? Pas plus qu'avant, puisque l'histoire ne fait ni ne promet rien : ce sont les nouvelles radicalités qui inventent les politiques des temps nouveaux.
On n'a que ce qu'on hérite !
(Bernard Lubat)
Notre héritage n'est précédé d'aucun testament
(René Char)
Vivre dans la haine, c'est vivre au service de son ennemi.
Bernard Lubat
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