Jean Péringuey, président socialiste de la communauté de communes de Villandraut relance le débat sur la culture en Gironde
" Les subventions à UZESTE MUSICAL diminuent : il y a longtemps que j’avais averti Bernard Lubat son festival décline ……les subventions aussi. Et surtout que restera t-il après lui… ?
UZESTE MUSICAL en entrées payantes est très loin derrière nos plus proches voisins, Nuits Atypiques de Langon ou Musique à la rue de Luxey. Les entrées baissent constamment et à côté on ne voit rien venir. Echec de tous les embryons qui ont tenté de naître ( le dernier étant le Conversataire). L’activité est devenue intimiste. En dehors du petit cercle, les lettres que nous recevons sont « vous donnez trop à Lubat ». "
J.PERINGUEY
Information paru dans Adiu.fr, le : 10/01/2007, 16H43
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10/01/07 Jean Péringuey relance le débat
sur la culture en Gironde (Adiu.fr)
Les réponses de :
16.01.07 Bernard Lubat
20.02.07 Pascal Convert
22.02.07 André Minvielle
28.02.07 Jacky Liégeois
05.03.07 Claude Gudin
06.03.07 lu sur Dissensus.org
06.03.07 Michel Mompontet
09.03.07 Francis Marmande
15.03.07 Chantal Bordes
20.03.07 René Martinez
20.03.07 Philippe Laccarrière
22.03.07 Lionel Le Fort
29.03.07 Pascale Favier
22.06.07 Communiqué d'Uzeste Musical
26.06.07 lettre de René Martinez
03.07.07 contribution de Yves Béal
03.07.07 contribution d'Alain Delmas
07.07.07 contribution de François Corneloup
08.07.07 Pétition de Pierre Labrot
13.07.07 Communiqué du Conseil Général
07.08.07 CG33, Le K : Opéra administratif
et le forum poïélitique...
Il faudrait donc comprendre que le subventionnement public n’est « moral » que s’il est justifié, sanctifié, officialisé par plein, plein, plein d’entrées payantes. Et que donc, il convient de ne subventionner que les festivals qui font plein, plein, plein d’entrées payantes. Payantes pour qui ? Pour quoi ? Ça, on ne sait pas, c’est pas dit, on a le choix. Ça rappelle l’affirmation célèbre d’un ancien et toujours candidat aux élections présidentielles prochaines : « Il faut aider la création artistique à condition qu’elle soit du goût du public », Jean-Marie Le Pen. Une nouvelle mouture de la méthode Coué ! L’affirmation de la place et fonction de l’expression artistique contemporaine réduite au divertissement, à la décoration, à la consommation… démagogie participative tout azimut, mépris des citoyens, que demande le peuple ? Du pain et des jeux ? Pourquoi pas des brioches ?
Une citation de Platon : « Si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique ».
~ Et surtout que restera t-il après lui… ?
Lubat ayant un certain âge, peut-être est-il malade ? On ne sait pas. La question se pose. C’est joliment dit, avec délicatesse. Et après les Journades, Luxey, Langon… que restera-t-il ? S’inquiéter pour eux serait justice. Ils le méritent. Sinon, on pourrait croire qu’Uzeste Musical est favorisé. Ainsi, comme on ne voudrait pas gêner, ni la communauté de communes, ni les dirigeants du socialisme local, il nous faudra chercher refuge à l’air frais d’ailleurs. Villandraut c’était bien, Uzeste aussi, Cazalis super… et pour les entrées payantes, pas d’inquiétude, nous avons prévu de programmer des valeurs sûres, « populaires », porteuses de valeurs payantes : Zinédine Zidane, Madona, Noir Désir, Patrick Sébastien, Johnny Halliday, les Chœurs de l’Armée Rouge, Holliday on Ice, Star Academy, des hélicoptères, des services de sécurité privés avec chiens et vidéosurveillance, des parkings géants, des scènes et espaces de concentration conséquents.
Trêve de plaisanterie, plutôt se jouer avec humour de l’obscurantisme éclairé et s’amuser sans trop de fautes d’orthographe, à écrire des phrases en français, c’est toujours ça de frais.
Jean Péringuey est sans doute un grand comique qui s’ignore, ce qui n’enlève rien à ses qualités. Comment ferons-nous après lui ?
Les gens qui luttent comme nous pour l’art à l’œuvre, il y en a partout, dans toute la France, micro action, micro économie, le festival de théâtre de Blaye par exemple, Musiques de nuit à Bordeaux, l’Erobiko Festibal au pays Basque et tant d’autres ne manqueront pas d’apprécier le drame épouvantable des entrées payantes selon Jean Péringuey, pour qui la quantité, le chiffre, l’emportent sans discussion sur la singularité, la lettre.
La Hestejada de las arts d’Uzeste Musical consiste (nous l’avons appris par la pratique) à grandir sans grossir. Il s’agit bien de développement durable. Développer sans en détruire l’humus, sans en édulcorer le sens dans la passionnante « passisimplicité » (Jacques Derrida) de la dialectique élitaire/populaire, bien au-delà et en deçà de ce qui est constamment, en boucle, rabâché, l’affirmation du couple infernal (semble-t-il indépassable) populisme/élitisme. Pour Jean Péringuey c’est clair, ce ne peut être que l’un ou l’autre, pas de détail.
En tant qu’artiste citoyen indigène cultivateur de cultures, je me soucie du goût du public d’aujourd’hui et de toujours : je lutte contre. Sachant (c’est ma responsabilité) comment il est conformaté traqué « entubé » « réalitélévissé » staracadémissionné trompé exploité par la marchandisation « artistique » ultralibérale, les stars sont comme tout le monde, c’est difficile d’être riche, beau et célèbre, et de gauche (certains y arrivent dit-on !). Comme disait Paul Valéry : « Les goûts sont faits de mille dégoûts ». Si tous les goûts sont dans la nature, certains sont néanmoins plus nauséabonds que d’autres. Le goût à l’exclusion, à la simplification, à la xénophobie, au racismes par exemple. La haine de l’art consciente ou non, c’est-à-dire la peur de l’autre, de soi, de l’inconnu, du différent qu’on ne comprend pas, qu’on ne cherche pas à comprendre, n’annonce pas des lendemains qui tentent. Ici encore, on est loin des désirs d’avenirs. Ne pas confondre démocratie participe-hative et démagogie participactive, Staline et Stalone, la Mairie et l’Amérique, citoyenneté et clientèle, érection et élection, l’après dîner et la précarité, Picasso et piques assiettes, communauté de communes et communes ôtées de commune.
Ne pas confondre « addiction » (relation de dépendance à une substance – l’alcool par exemple la plus courante –, à une activité – artistique, politique, artisanale, ouvrière, précarisée, flexibilisée, délocalisée…–, qui a de grave conséquences sur la santé) et « adduction » (action de dériver les eaux d’un lieu pour les amener dans un autre).
Ne pas confondre « assigné à résidence » (séjour effectif et obligatoire en un lieu, obligation de résider) et « a signé à résilience » (capacité à vivre, à se développer en surmontant les chocs traumatiques et l’adversité).
Quand on ne pense pas ce que l’on dit… on ne dit pas ce que l’on pense. Forcément, on ne sait pas ce que l’on pense, alors on compense. On ne sait pas ce que l’on dit et on dit des couillonnerie au front desquelles personne, ni vous ni moi, n’est à l’abri.
Au chantre des entrées « payantes »,
le citoyen artiste des sorties « gratuites ».
Bernard Lubat.