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 uzeste musical visage village des arts à l'œuvre

 

L'Université Uzestoise Perspicace, Perplexe et Prolifique Culturellement... est en gestation.
Des cours sérieux, des notes, des réactions, de l'humour, des travaux pratiques pour continuer (via internet notamment) la discussion sur les politiques culturelles.


Le concept de « visage village des arts à l’œuvre » est issu :

  • des travaux de création artistique contemporaine menés à Uzeste par la Compagnie Lubat de Gasconha depuis 1978
  • des travaux de réflexion sur les politiques publiques de la culture menés par Jean-Michel Lucas (ancien directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine, administrateur de l’association Uzeste Musical)

Il a été formalisé en août 2000, à l’occasion d’une « Hestejada en grève » dont la thématique était : « Lieu, place, fonction, coût de la décentralisation culturelle, de l’éducation et de la création artistique dans la cité, dans la société ».

Il est une « proposition » (décentralisée !) pour participer de la re-définition des politiques culturelles. Il pose le principe de la « liberté artistique » inscrite dans les fondements constitutionnels de l’État de droit (comme pour la recherche scientifique) et la nécessité d’une « évaluation artistique » par la nature même de la politique publique...

La Maison de la mémoire en marche est FERMÉE

Pas pour congés
Pas pour inventaire
Peut-être par défi
Peut-être par dépit
Peut-être pour cause de déni

Déni de la part d’une municipalité qui est fière d’avoir ouvert une bibliothèque sur le trottoir d’en face, ignorant, méprisant, niant superbement la MMM et de sa bibliothèque – 5 ans d’existence et 3 000 volumes en rayons — alors que dans une commune « normale » on aurait pu espérer au moins une rencontre, au moins un dialogue, au moins un partage des tâches et des compétences…

Déni d’une municipalité qui s’applique à éroder, écarteler, décrédibiliser, saper les projets d’Uzeste musical, renforçant tous les verrous qui bloquent son développement, tentant de vider de sa substance le « village visage des arts à l’œuvre » en s’attaquant aux lieux de son existence : Estaminet, Théâtre de la Menuiserie, Maison de la mémoire en marche, Pré Cazaubon et Hestejada de las arts… Uzeste est aujourd’hui un cimetière, et si les os de Clément V ont disparu, ceux de Marie Lubat y pourrissent tranquillement, Marie qui n’a pas eu le temps de voir le nouvel Estaminet. Mais qui le verra ?

Dépit, parce que ces questions ont si peu été évoquées durant la – très – brève campagne électorale.

Dépit, face à l’inculture revendiquée, l’absence de curiosité, l’ignorance crasse dont a fait preuve la vieille-nouvelle municipalité. La MMM a des liens privilégiés avec la Compagnie Lubat ? Et alors ? Y pénétrer c’est franchir le rubicon et y acheter des livres vendre son âme au diable ? Probablement, sinon comment expliquer qu’aucun des onze précédents membres du conseil municipal n’ait jamais dépassé son paillasson, sauf en compagnie d’une commission de sécurité ? Comment expliquer qu’aucun ne se soit déplacé quand la MMM fut vandalisée et ses volets barbouillés de sigles d’extrême droite ? Était-ce plus « joli » que le poème aux Gens d’ici de Bernard Manciet qui aujourd’hui se désagrège sur sa façade ? Plus « joli » que les collages de l’Estaminet ? Comment expliquer que Mme Baup soit la championne incontestée du changement de trottoir – quoique, il y a concurrence… – et qu’elle évita soigneusement de signaler ce lieu infâme (?) lors des visites du village pour la préparation du PLU ? Peut-être que si elles étaient entrées, ces personnes qu’elle chaperonnait auraient pu lui montrer que la librairie de la MMM propose des livres sur l’architecture et l’urbanisme, et que son fonds est pour moitié composé d’ouvrages de poésie et d’albums jeunesse…

Dépit parce que même les bénévoles s’usent à batailler contre les moulins à vent de l’indifférence et de la diffamation – Non Mme Baup, contrairement à ce que M. Péringuey votre frère a clamé à qui voulait l’entendre, la MMM n’est pas dans l’illégalité quand elle pratique à la fois la vente et le prêt, sur des ouvrages différents, acquis dans des conditions différentes. Non ce n’est pas un argument pour faire obstacle à toute forme d’aide publique dont pourrait bénéficier une association culturelle en milieu rural.

Dépit parce qu’il y a un moment où le manque de moyens financiers, l’absence de reconnaissance symbolique et matérielle sapent les meilleures volontés. Voilà quatre ans que nous sommes bénévoles à plein temps ou presque, pour que ce lieu existe, qu’il enrichisse son fonds et propose une offre renouvelée de titres, de livres, d’occasion de découvertes et de rencontres. Mais voilà, qui paiera ce travail ? Nous n’avons pas la vocation du martyre et ce n’est certainement pas Uzeste Musical qui aujourd’hui pourrait prendre en charge un salaire de plus… Mais l’emploi à Uzeste ça n’a pas d’importance, si ?

Défi, enfin, car que nous reste-t-il d’autre ?

La colère n’est sûrement pas bonne conseillère. Il en fut question pourtant il me semble dans un débat télévisé Royal / Sarkozy. Je me souviens que la candidate du Parti socialiste fit remarquer qu’il peut y avoir de saines colères. Certaines sont peut-être plus saines que d’autres ? Alors qu’on me pardonne si cette lettre en porte trace, en s’adressant aux Uzestois et à la maire qu’ils ont élue, maire qui appartient à ce même parti.

En ce moment même, plus de deux cents enfants et de parents du sud Gironde lisent les « Albums voyageurs » sélectionnés par la MMM avec la collaboration de la librairie Comptines et en partenariat avec l’Inspection académique de Langon. En ce moment même, le dernier numéro de la revue Citrouille – revue des librairies spécialisées jeunesse – sort au Salon du livre de Paris et présente un grand entretien avec Bernard Lubat réalisé à la MMM. Mais cela n’a certainement aucune importance. Travailler pour et avec les enfants a certainement bien peu de poids dans une commune qui réhabilite d’abord le cimetière, la mairie, les trottoirs… avant l’école. Nos trottoirs sont fleuris, qui s’en plaindrait ? Qui se plaindra que la librairie et la bibliothèque soient fermées ?

Quittant Uzeste pour Villandraut, Saint-symphorien, puis Sore, le Festival d’Uzeste Musical a échoué à mobiliser les Uzestois pour son retour à « la maison ». Il est parti dans l’indifférence, ou presque. Ou pire : dans le soupçon, toujours bien entretenu, de n’être pas digne, pas responsable, pas désiré ici. Il a été très bien accueilli pourtant sur ces terres d’émigration. Devons-nous faire de même avec la MMM ? Ce serait peut-être le plus sage. Ou renoncer tout simplement ? Si vous n’êtes pas de cet avis, merci de nous le faire savoir.

Respectueusement,

Corinne Chiaradia
Présidente de l’association de la Maison de la mémoire en marche.
mmm.uzeste@wanadoo.fr

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