10/01/07 Jean Péringuey relance le débat
sur la culture en Gironde (Adiu.fr)
Les réponses de :
16.01.07 Bernard Lubat
20.02.07 Pascal Convert
22.02.07 André Minvielle
28.02.07 Jacky Liégeois
05.03.07 Claude Gudin
06.03.07 lu sur Dissensus.org
06.03.07 Michel Mompontet
09.03.07 Francis Marmande
15.03.07 Chantal Bordes
20.03.07 René Martinez
20.03.07 Philippe Laccarrière
22.03.07 Lionel Le Fort
29.03.07 Pascale Favier
22.06.07 Communiqué d'Uzeste Musical
26.06.07 lettre de René Martinez
03.07.07 contribution de Yves Béal
03.07.07 contribution d'Alain Delmas
07.07.07 contribution de François Corneloup
08.07.07 Pétition de Pierre Labrot
13.07.07 Communiqué du Conseil Général
07.08.07 CG33, Le K : Opéra administratif
et le forum poïélitique...
Michel Mompontet répond à Jean Peringuey
Avant tout je tiens a préciser que je ne suis ni financièrement, ni administrativement lié de quelque manière que ce soit aux activités culturelles d’Uzeste musical. Uzeste n’est qu’un des cinquante ou soixante festivals que je parcours chaque année dans le cadre de mes fonctions.
Et pourtant, dans mon titre, j’ai écrit « nous ». Pourquoi est-ce le « nous » qui me vient et non pas le « ils » qui selon toute logique aurait du s’imposer ?
Il y des festivals qui privilégient l’Ego du « programmateur ». Bon.
Des festivals qui construisent leurs affiches comme pour rassurer les politiques par le nombre des entrées réalisées. Bon… l’argent public a bien été dépensé, vous pouvez vérifier etc… etc… Politique de comptable ? Peut-être, mais qui peut avoir ses partisans tant il est difficile pour un élu qui n’est pas forcément un adepte de la « consommation culturelle » de savoir et comprendre la justesse de ces choix en matière de subventions.
Et de grâce, n’obligeons pas nos représentants à courir tous les lieux subventionnés. Ce serait d’un grotesque.
On connaît l’argumentaire, circulez, rien de bien nouveau.
Il y aussi des festivals qui servent de tréteaux aux maisons de disques. Mépris mutuels, et intérêts communs. Le disque est en crise. Les scènes de festivals atténueront les chiffres calamiteux du rapport de fin d’année aux actionnaires. Bon. On connaît la chanson. Peu à peu les programmateurs qui veulent une affiche de poids et les entrées de masses qui vont avec, doivent se plier aux injonctions des majors et de leurs impératifs de marketing.
On peut en penser ce que l’on veut mais c’est comme ça.
Combien ais-je rencontré cette année encore, de patron de festival qui n’ont plus que l’apparence du pouvoir à offrir. Dépossédés de l’âme de « leur festival ». Généralement ce genre de responsable n’a d’ailleurs aucune difficulté à satisfaire les pouvoirs publics. Il y a des vedettes, du monde, et une semaine durant, le département, la ville la région, donnent l’impression d’avoir une politique culturelle à l’année.
Bon. Les gogos se reconnaîtront.
Mais quand je parle ou que j’écris sur Uzeste je ne peux m’empêcher de dire nous.
Certes durant des années les caméras et équipes de France 2 ont fait halte, lors de la grande caravane des festivals à Uzeste.
Directs au journal de 20 heures, reportages, etc... Lubat, certes, attire les medias. Mais l’esprit d’Uzeste les a, année après année, fidélisés. Après Avignon et Aix en Provence, France 2, comme ses confrères, se retrouvait en Gironde. Tant et si bien que je me souviens avec amusement cette lettre d’un élu d’Uzès, me demandant la recette pour recevoir autant de medias qu’Uzeste, alors que son festival de danse était 6 fois plus fréquenté, et 4 fois plus riche de dotations. Cet élu du Gard me racontait son agacement de voir chaque année davantage de festivaliers demander où habitait le maître des lieux… Bernard Lubat ?!
Revenons à Uzeste donc. Et faisons un rêve, à moins que cela ne soit un cauchemar. Vous allez voir c’est amusant.
Bernard Lubat a mis de l’eau dans son vin. Il propose un programme en février à Universal, puis un autre à Virgin. Un mois plus tard son programme revient.
Même s’il a du mal à le reconnaître, il l’applique.
Tous les artistes présents ont un cd à vendre. Peu importe s’il ne cadre pas avec le fameux esprit du festival, car la maison de disque doit pouvoir tester in vivo avant la rentrée, ses investissements. Plan marketing plateau télé. Servez la soupe tant qu’elle est chaude.
Le Festival sert à ça.
Le grand public, guidé par l’habileté des services de marketing des majors revient en masse.
Les chiffres parlent.
Les élus se taisent. Les subventions recommencent à entrer.
Tout le monde est content.
Mais c’est nous tous alors qui auront perdu quelque chose et je dis bien « nous ».
Certes presque rien. Mais il en va du bonheur d’être ensemble. Une notion qui n’intéresse pas les majors ni les politiciens comptables devant leurs administrés.
Nous ne dirons plus alors notre festival d’Uzeste.
Nous parlerons de « leur festival ».
Un de plus. Un de moins.
Mais que les élus se rassurent. Ils seront invités au coktail d’inauguration, sponsorisé par une grande marque…
Michel Mompontet,
grand reporter à France 2,
le 6 mars 2007