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![]() L'Université Uzestoise Perspicace, Perplexe et Prolifique Culturellement... est en gestation.
Le concept de « visage village des arts à l’œuvre » est issu :
Il a été formalisé en août 2000, à l’occasion d’une « Hestejada en grève » dont la thématique était : « Lieu, place, fonction, coût de la décentralisation culturelle, de l’éducation et de la création artistique dans la cité, dans la société ». Il est une « proposition » (décentralisée !) pour participer de la re-définition des politiques culturelles. Il pose le principe de la « liberté artistique » inscrite dans les fondements constitutionnels de l’État de droit (comme pour la recherche scientifique) et la nécessité d’une « évaluation artistique » par la nature même de la politique publique... |
Philippe Laccarrière répond à Jean Peringuey. 21 mars 07
10/01/07 Jean Péringuey relance le débat Je fais partie de ces dizaines de musiciens, d'artistes qui ont découvert une autre façon de produire leur art grâce à Uzeste. Lubat a lancé le festival alors que je venais juste de m'installer à Paris, en tant que jeune musicien bordelais il m'a invité et depuis bientôt trente ans, j'y viens régulièrement soit pour donner un coup de main quand il n'y pas de bassiste dans la compagnie, soit en tant qu' électron libre. Si je me retourne sur ces expériences uzestoises, outre les immenses artistes que j'y ai rencontré, je retiendrai deux choses parmi tout ce que j'y ai appris : la première est l'apprentissage de la fierté de TOUT jouer avec un égal appétit et une égale exigence. Comme un apprenti artisan, moi qui avais décidé de me spécialiser dans la musique de jazz disons « moderne » pour faire vite, j'ai découvert un plaisir égal à improviser sur les polkas des Pignadas, une valse musette avec Jo Privat, une chanson avec Marc Perrone, faire du free avec Lubat ou d'autres, jouer du funk dans ces bals qui m'ont enseigné ce que pouvait être une musique vraiment populaire, pas populiste. Bref j'y ai appris à me libérer des étiquettes qui, nous le savons tous mais l'oublions souvent, ne servent qu'à vendre ou acheter, et nous plongent de facto au cœur de cette société devenue uniquement marchande. En ce sens, Uzeste, depuis ses débuts et avant la lettre, a servi de laboratoire à une autre façon de diffuser l'art vivant et c'est ce que les politiques, les institutionnels, ceux dont le seul but est de se servir de l'art, pas de le servir, ne lui ont jamais pardonné, surtout parce que cette manifestation les plonge, bien plus que les artistes eux-mêmes, le nez dans leur lacunes. En ces temps de crise, il n' est pas étonnant de voir un politique, qui a dû réfléchir une demi seconde environ et encore, avec deux neurones, faire ainsi l'apologie de l'ultra libéralisme. En second lieu, j'ai aussi pris conscience à Uzeste qu'il y avait une différence notoire en termes de buts artistiques et de façon de faire, quand les artistes s'occupaient eux-mêmes de la diffusion de l'art vivant. A tel point que j'ai monté avec l'association Au Sud Du Nord un festival depuis 11 ans (Le Festival AU SUD DU NORD, fréquentation moyenne : 3 000 personnes) dans mon village à Boissy le Cutté, et dans une dizaine de villages alentour, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Et j'ai appris, comme Bernard Lubat, à concocter des manifestations basées sur l'exigence artistique, la convivialité et le partage. Toute la bande d'Uzeste (Lubat, Minvielle, Perrone, Texier, Vieira…) vient nous y donner un coup de main régulièrement. Ces moments sont, comme à Uzeste, des moments de développement de la conscience artistique partagée par les artistes et les specta(c)teurs, des moments d'utopies en marche. Il m'a fallu, comme Bernard, apprendre à convaincre, à parer les coups de ceux que nous dérangeons, à se débrouiller avec deux bouts de ficelles, à lutter contre les idées ultra libérales de diffusion de l'art, même chez certains de gauche, à passer outre l'indifférence notoire des médias sur ces expériences non étiquetables (par exemple, en tout et pour tout, une demi- douzaine de journalistes spécialisés jazz se sont intéressés/déplacés à Au Sud Du Nord en onze ans d'existence, alors que, si on fait la somme et le détail des artistes invités à Boissy, certains festivals de consommation estivale soutenus par la majorité de la presse spécialisée pourraient rougir !)… Ce témoignage vous montre, M. Peringuey, qu'il y a plein de choses que vous ne pourrez jamais quantifier, ultra-libérer/enfermer dans des tiroirs-caisses, et que plein de paramètres, à commencer par la réflexion profonde et le réel souci de l'intérêt de vos concitoyens vous échappent. Philippe Laccarrière,
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