uzeste.org • site web d'expression poïélitique de la Compagnie Lubat de Gasconha


 uzeste musical visage village des arts à l'œuvre

 

L'Université Uzestoise Perspicace, Perplexe et Prolifique Culturellement... est en gestation.
Des cours sérieux, des notes, des réactions, de l'humour, des travaux pratiques pour continuer (via internet notamment) la discussion sur les politiques culturelles.


Le concept de « visage village des arts à l’œuvre » est issu :

  • des travaux de création artistique contemporaine menés à Uzeste par la Compagnie Lubat de Gasconha depuis 1978
  • des travaux de réflexion sur les politiques publiques de la culture menés par Jean-Michel Lucas (ancien directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine, administrateur de l’association Uzeste Musical)

Il a été formalisé en août 2000, à l’occasion d’une « Hestejada en grève » dont la thématique était : « Lieu, place, fonction, coût de la décentralisation culturelle, de l’éducation et de la création artistique dans la cité, dans la société ».

Il est une « proposition » (décentralisée !) pour participer de la re-définition des politiques culturelles. Il pose le principe de la « liberté artistique » inscrite dans les fondements constitutionnels de l’État de droit (comme pour la recherche scientifique) et la nécessité d’une « évaluation artistique » par la nature même de la politique publique...

Reponse De Michel Jacques

Diversité culturelle et politiques publiques, la fausse conversion française !

5 septembre 2005, par Michel JACQUES

La contribution "Diversité Culturelle et politique publique, la fausse conversion française" est trés intéressante et je m’y retrouve assez largement, cependant au sujet de l’analyse de la démocratie culturelle et sur le droits culturels, j’avoue ne pas partager le raisonnement.

La démocratie culturelle n’est pas à réduire à l’animation socio-cultutrelle (ASC), j’aurai même tendance à dire qu’elle n’a rien à voir. L’ASC est un systéme qui a fait flores au début des années 70 et qui correspond à un besoin de "créativité" des classes moyennes et un moyen pour l’Etat de réguler, par les loisirs, une certaine effervescence sociale lièe à l’aprés 68 et à l’urbanisation de la société. L’ASC ce n’est pas l’Education Populaire (EP) même si elle travaille sur le même champ et que certains acteurs ont clairement opté pour l’ASC tout en conservant un discours formel d’EP.

Cependant l’EP n’appartient à personne c’est une pratique et certains en font sans le savoir comme Monsieur Jourdain avec la prose. Depuis quelques années on voit apparaitre des acteurs culturels developpant cet esprit dans des pratiques liés aux lieux intermédiaires, aux espaces alternatifs et qui s’essayent à de nouvelles pratiques culturelles. Il faut citer aussi ATAC mouvement clairement annoncé d’EP qui propose une éducation politique et économique citoyenne.

Si la démocratie culturelle est présente dans l’EP elle se définit surtout par rapport aux classes exclues ou en difficulté de la société. Rapidement on peut resumer en disant que la démocratie culturelle c’est donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. Vaste programme truffé de chausse-trappes et de démagogie. Combien de travailleurs culturels ont été piégé dans le cadre de la Politique de la Ville à devoir obtempérer à l’injonction paradoxale de "comment donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, à la demande de ceux qui l’ont et qui veulent la conserver" (Jean Caune). Ces mêmes commanditaires ont la facheuse attitudes de reconnaitre la diversité culturelle dans les dispositifs Contrat Ville et de la refuser dans les lieux culturels officiels. En ce sens je suis d’accord avec l’auteur de l’article, la reconnaissance de la diversité culturelle en France n’est par pour tout de suite.

Au sujet des droits culturels, je pense qu’il serait rapide aprés avoir montré l’inéfficacité des 3 DC de conclure à la solution passant par la reconnaissance des droits culturels.

On sait combien cette notion de droits culturels est sujette à caution surtout lorsqu’on aborde le statut de la femme, la science ou la religion. Aprés des dizaines d’années de politiques culturelles basées sur l’ethnocentrisme et l’universalisme, ne tordons pas le baton dans l’autre sens en s’ouvrant largement aux droits culturels et au relativisme culturel. Comme souvent les solutions se trouvent dans des subtils mélanges.

Les qualités et les défauts comparés des deux pensées (ethnocentrisme et relativisme) largement débattu tant sur le plan philosophique que politique montrent qu’il n’y a pas de réponses simples. Il est d’ailleurs assez amusant de voir comment l’UNESCO se démène entre ses deux déclarations, les Droits de l’Homme (Universaliste) et la Diversité Culturelle (relativiste).

Pour conclure je suis quand même en accord avec l’auteur sur le fait que les politiques publiques doivent faire un réel effort de reconnaissance de la diversité culturelle et que cela ne passent pas que par des paroles de discours mais par des actions concrétes à travers effectivement une contractualisation entre le pouvoir et les citoyens. Mais le milieu de musiques actuelles est-il si ouvert que ça à la diversité culturelle ?

Michel JACQUES

 uzeste.org site web d'expression poïélitique de la Compagnie Lubat de Gasconha plan du site | imprimer